Les dernières actualités confirment malheureusement sa tendance, insidieuse, à augmenter le pouvoir du secteur pharmaceutique et à mettre des bâtons dans les roues des voix contraires ou indépendantes de ces lobbies :

  • Dès l'année prochaine, terminée l'indépendance des experts vis-à-vis des firmes pharmaceutiques dans l'information des médecins ! Vous le savez très certainement, les délégués des firmes pharmaceutiques se rendent dans les cabinets médicaux afin de faire la promotion de leurs médicaments. Dans le même temps, un seul organe indépendant (l'asbl FARMAKA) était capable d'analyser les médicaments mis sur le marché et d'ainsi offrir de plus amples informations aux médecins, notamment en termes d'utilisation rationnelle des médicaments. Eh bien les budgets de FARMAKA sont coupés pour 2018. Exit donc l'information indépendante à destination des médecins généralistes et du personnel soignant, toute la place est laissée aux puissants lobbies du pharma...
  • L'opacité devient la règle dans les négociations avec les firmes pharmaceutiques concernant le remboursement des médicaments. En effet, Le remboursement de certains médicaments est fixé par des conventions conclues entre l'Inami et les entreprises pharmaceutiques. Si ces conventions sont publiques, leurs annexes sont confidentielles. Or, ce sont ces dernières qui précisent les conditions, les données chiffrées et les paramètres relatifs à ces médicaments qui bénéficieront d'un remboursement temporairement (convention 'article 81'). Résultat : la part 'médicaments' du budget santé explose alors qu'elle devrait être limitée à 0,5 %. Les grands perdants : les citoyens, qui contribuent tous au financement des soins de santé, et qui n'ont aucun contrôle ni aucune information sur le coût des médicaments qui lui sont prescrits. Pendant ce temps, la Ministre de la santé impose des économies qui pèsent sur les professionnels de la santé et sur les patients pour compenser les marges qu'elle laisse aux firmes pharmaceutiques...
  • Le centre fédéral d'expertise en soins de santé (KCE) sera-t-il encore indépendant demain ? Rien n'est moins sûr, son directeur l'a encore rappelé récemment. En effet, la volonté affichée de la Ministre de la Santé et du Gouvernement est de fusionner les différents organes d'avis et de recherche en matière de santé humaine et animale. S'il peut être intéressant de rassembler les forces de recherche pour leur donner plus de moyens et ainsi renforcer la recherche publique face aux lobbies pharmaceutiques et de l'agro-alimentaire, force est de constater que ce n'est pas cet objectif qui est avancé par la Ministre. Fusionner et rationaliser signifie faire des économies en premier lieu.

Le gouvernement a déjà fusionné l'Institut scientifique de santé publique et son équivalent en santé animale sous le nom de Sciensano. A cette fusion de services publics sous tutelle des Ministres de la santé et de l'agriculture, le gouvernement veut ajouter le KCE.

Si comme le dénonce le directeur du KCE, le CA de Sciensano ne rassemble plus des représentants pluriels issus des milieux de la santé, des patients, des centres de recherches universitaires, les risques sont réels que l'influence du Gouvernement sur les avis et orientations à prendre soit de plus en plus grande.

On a déjà constaté à plusieurs reprises que le KCE était empêché de publier certains avis vu les oppositions politiques ou de certains lobbys puissants. Qu'en sera-t-il si c'est le Gouvernement qui oriente les études à effectuer et les méthodes de référence via ses représentants directs et via des agences et services qui dépendent directement du gouvernement ? Exit l'indépendance, une nouvelle fois.

Au delà de ces craintes, je ne peux m'empêcher de faire le lien entre cette rationalisation et, d'une part, la main mise du Gouvernement sur les organes d'avis dont les avis sont de moins en moins contraignants (soit-disant pour accélérer les processus de décision) et, d'autre part la sur-valorisation du centre d' "evidence based" dont on attend le futur plan et qui orientera toutes les pratiques médicales et de soins. Les études des organes de recherche et d'avis seront dès lors tenues de s'inscrire dans cette même démarche sans pouvoir interroger le modèle.

Ce risque de pensée unique, de pratique unique au nom de la "vraie" science fait froid dans le dos, alors que les besoins en soins de santé de qualité restent des enjeux cruciaux. Tous les citoyens ont droit à un système de santé performant, juste et sain. Force est de constater que ce n'est pas la direction prise par ce Gouvernement.

Les dernières actualités confirment malheureusement sa tendance, insidieuse, à augmenter le pouvoir du secteur pharmaceutique et à mettre des bâtons dans les roues des voix contraires ou indépendantes de ces lobbies :Le gouvernement a déjà fusionné l'Institut scientifique de santé publique et son équivalent en santé animale sous le nom de Sciensano. A cette fusion de services publics sous tutelle des Ministres de la santé et de l'agriculture, le gouvernement veut ajouter le KCE.Si comme le dénonce le directeur du KCE, le CA de Sciensano ne rassemble plus des représentants pluriels issus des milieux de la santé, des patients, des centres de recherches universitaires, les risques sont réels que l'influence du Gouvernement sur les avis et orientations à prendre soit de plus en plus grande. On a déjà constaté à plusieurs reprises que le KCE était empêché de publier certains avis vu les oppositions politiques ou de certains lobbys puissants. Qu'en sera-t-il si c'est le Gouvernement qui oriente les études à effectuer et les méthodes de référence via ses représentants directs et via des agences et services qui dépendent directement du gouvernement ? Exit l'indépendance, une nouvelle fois. Au delà de ces craintes, je ne peux m'empêcher de faire le lien entre cette rationalisation et, d'une part, la main mise du Gouvernement sur les organes d'avis dont les avis sont de moins en moins contraignants (soit-disant pour accélérer les processus de décision) et, d'autre part la sur-valorisation du centre d' "evidence based" dont on attend le futur plan et qui orientera toutes les pratiques médicales et de soins. Les études des organes de recherche et d'avis seront dès lors tenues de s'inscrire dans cette même démarche sans pouvoir interroger le modèle.Ce risque de pensée unique, de pratique unique au nom de la "vraie" science fait froid dans le dos, alors que les besoins en soins de santé de qualité restent des enjeux cruciaux. Tous les citoyens ont droit à un système de santé performant, juste et sain. Force est de constater que ce n'est pas la direction prise par ce Gouvernement.