Depuis ce vendredi, nos universités et hautes écoles sont passées en code rouge. Nous l'avons appris par les réseaux sociaux, par la presse, par des rumeurs... Nos vies étaient sur le point de basculer à nouveau et loin d'avoir une communication claire de votre part, nous avons dû nous contenter d'informations chaotiques. Nos établissements aussi d'ailleurs, exactement comme avec le code orange lundi dernier. Le code rouge, c'est joli dans les médias, ça sonne un peu film d'espion "on déclenche le code rouge...". Pour nous, c'est très concret. Nous n'avons quasiment plus de cours en présentiel, nous passons de nouveau la majeure partie de nos journées enfermés devant un écran, les bars sont fermés, nos cercles ont dû arrêter leurs activités, les kotteurs sont rentrés chez leurs parents, une ville étudiante comme Louvain-La-Neuve ressemble désormais à une ville fantôme... Autrement dit, pour la grande majorité d'entre nous, ce nouveau confinement, celui que tout le monde craint, il est déjà d'actualité. Vous le savez. Les cours en ligne et le quadrimestre précédent ont été durs à vivre pour beaucoup d'entre nous. Nous avons encore en nous le souvenir difficile de l'isolement. Celui où nous nous retrouvons seuls face à nos études, derrière un clavier d'ordinateur, où nous n'arrivons parfois même plus à travailler, rongés par le stress. Cette situation a entraîné de la détresse psychologique chez beaucoup d'entre nous. Une récente étude de l'ULiège montre qu'un jeune sur deux est anxieux voire dépressif[1]. Et cela risque de s'aggraver. Alors ma première question pour vous madame Glatigny sera la suivante. Sachant que les services de soutien psychologique sont déjà débordés en temps normal dans de nombreuses universités, qu'allez-vous faire face à la détresse et à l'isolement des étudiants ? Vient ensuite la question des cours, madame la ministre. Nos universités et hautes écoles ne semblent en effet pas prêtes à ce retour en ligne. On voit de plus en plus d'exemples d'établissements où les mesures prises montrent que le manque de préparation est total. Dans certains établissements, l'organisation des cours en ligne est toujours bancale.

Aviez-vous seulement préparé cette situation ? Des consignes ont-elles été données aux établissements pour faire face au code rouge ? Ou alors est-ce que là aussi, c'est le chacun pour soi ?

De plus, nous sommes nombreux à ressentir la charge de travail peser plus lourd sur nos épaules. La recherche permanente d'informations sur comment vont se passer nos cours, sur quelle plateforme, le décryptage solitaire des podcasts, des syllabus entraînent une surcharge de travail qui témoigne aussi d'une impréparation et du caractère encore très chaotique des cours en ligne.

Naturellement ma deuxième question sera celle-ci, madame la ministre : Qu'allez-vous faire pour que les cours en ligne ne deviennent pas encore une fois une galère pour les étudiants - et pour les établissements ? Quels moyens mettez-vous à disposition ?

Madame la ministre, j'aimerais terminer avec la situation des plus fragiles d'entre nous. Comme vous le savez, un quart des étudiants doivent jobber pour pouvoir étudier. Sans une rentrée d'argent ils ne sont tout simplement plus capable de continuer leurs études. La récente fermeture de l'Horeca et de manière plus générale la situation économique instable a fait disparaître de très nombreux jobs étudiants. Même en envoyant une centaine de CV rien ne nous garantit plus d'en trouver un.

Le premier confinement a mis à nu les inégalités dans notre enseignement. Pour rappel, un étudiant sur quatre n'a pas de lieu adéquat à domicile pour étudier. 2000 étudiants n'avaient même que leur smartphone pour suivre leur cours. Cela n'a pas changé depuis le dernier quadrimestre. Cela a même certainement empiré avec les pertes de revenus et kots en conséquence. Votre réponse ne peut pas être, comme vous l'aviez dit dans la Libre Belgique il y a quelques mois, de "chercher de l'aide", d'"envoyer un mail aux professeurs" ou de "garder le rythme". Il s'agit là d'une une charge supplémentaire sur des établissements déjà sous-financés, des professeurs pour certains déjà débordés, et au final avec un résultat qui sera certainement très inégal en fonction des établissements et des enseignants. Envoyer un mail en cas de problème, c'est déjà ce qu'on nous dit de faire en temps normal. Mais cela fait des mois que les temps ne sont plus normaux, madame la ministre.

Ma troisième question est alors la suivante. Que comptez-vous faire pour lutter contre la précarité étudiante qui explose et pour garantir à tous les étudiants, peu importe leur origine sociale, de pouvoir continuer leurs études ? Dans l'attente de vous lire prochainement ou, encore mieux, de vous voir prendre de réelles mesures sur ces différents thèmes. Daube Octave, étudiant à l'ULB et responsable à Comac

[1]https://plus.lesoir.be/302216/article/2020-05-21/les-jeunes-plus-impactes-psychologiquement-par-le-confinement

Depuis ce vendredi, nos universités et hautes écoles sont passées en code rouge. Nous l'avons appris par les réseaux sociaux, par la presse, par des rumeurs... Nos vies étaient sur le point de basculer à nouveau et loin d'avoir une communication claire de votre part, nous avons dû nous contenter d'informations chaotiques. Nos établissements aussi d'ailleurs, exactement comme avec le code orange lundi dernier. Le code rouge, c'est joli dans les médias, ça sonne un peu film d'espion "on déclenche le code rouge...". Pour nous, c'est très concret. Nous n'avons quasiment plus de cours en présentiel, nous passons de nouveau la majeure partie de nos journées enfermés devant un écran, les bars sont fermés, nos cercles ont dû arrêter leurs activités, les kotteurs sont rentrés chez leurs parents, une ville étudiante comme Louvain-La-Neuve ressemble désormais à une ville fantôme... Autrement dit, pour la grande majorité d'entre nous, ce nouveau confinement, celui que tout le monde craint, il est déjà d'actualité. Vous le savez. Les cours en ligne et le quadrimestre précédent ont été durs à vivre pour beaucoup d'entre nous. Nous avons encore en nous le souvenir difficile de l'isolement. Celui où nous nous retrouvons seuls face à nos études, derrière un clavier d'ordinateur, où nous n'arrivons parfois même plus à travailler, rongés par le stress. Cette situation a entraîné de la détresse psychologique chez beaucoup d'entre nous. Une récente étude de l'ULiège montre qu'un jeune sur deux est anxieux voire dépressif[1]. Et cela risque de s'aggraver. Alors ma première question pour vous madame Glatigny sera la suivante. Sachant que les services de soutien psychologique sont déjà débordés en temps normal dans de nombreuses universités, qu'allez-vous faire face à la détresse et à l'isolement des étudiants ? Vient ensuite la question des cours, madame la ministre. Nos universités et hautes écoles ne semblent en effet pas prêtes à ce retour en ligne. On voit de plus en plus d'exemples d'établissements où les mesures prises montrent que le manque de préparation est total. Dans certains établissements, l'organisation des cours en ligne est toujours bancale.Aviez-vous seulement préparé cette situation ? Des consignes ont-elles été données aux établissements pour faire face au code rouge ? Ou alors est-ce que là aussi, c'est le chacun pour soi ?De plus, nous sommes nombreux à ressentir la charge de travail peser plus lourd sur nos épaules. La recherche permanente d'informations sur comment vont se passer nos cours, sur quelle plateforme, le décryptage solitaire des podcasts, des syllabus entraînent une surcharge de travail qui témoigne aussi d'une impréparation et du caractère encore très chaotique des cours en ligne. Naturellement ma deuxième question sera celle-ci, madame la ministre : Qu'allez-vous faire pour que les cours en ligne ne deviennent pas encore une fois une galère pour les étudiants - et pour les établissements ? Quels moyens mettez-vous à disposition ? Madame la ministre, j'aimerais terminer avec la situation des plus fragiles d'entre nous. Comme vous le savez, un quart des étudiants doivent jobber pour pouvoir étudier. Sans une rentrée d'argent ils ne sont tout simplement plus capable de continuer leurs études. La récente fermeture de l'Horeca et de manière plus générale la situation économique instable a fait disparaître de très nombreux jobs étudiants. Même en envoyant une centaine de CV rien ne nous garantit plus d'en trouver un.Le premier confinement a mis à nu les inégalités dans notre enseignement. Pour rappel, un étudiant sur quatre n'a pas de lieu adéquat à domicile pour étudier. 2000 étudiants n'avaient même que leur smartphone pour suivre leur cours. Cela n'a pas changé depuis le dernier quadrimestre. Cela a même certainement empiré avec les pertes de revenus et kots en conséquence. Votre réponse ne peut pas être, comme vous l'aviez dit dans la Libre Belgique il y a quelques mois, de "chercher de l'aide", d'"envoyer un mail aux professeurs" ou de "garder le rythme". Il s'agit là d'une une charge supplémentaire sur des établissements déjà sous-financés, des professeurs pour certains déjà débordés, et au final avec un résultat qui sera certainement très inégal en fonction des établissements et des enseignants. Envoyer un mail en cas de problème, c'est déjà ce qu'on nous dit de faire en temps normal. Mais cela fait des mois que les temps ne sont plus normaux, madame la ministre. Ma troisième question est alors la suivante. Que comptez-vous faire pour lutter contre la précarité étudiante qui explose et pour garantir à tous les étudiants, peu importe leur origine sociale, de pouvoir continuer leurs études ? Dans l'attente de vous lire prochainement ou, encore mieux, de vous voir prendre de réelles mesures sur ces différents thèmes. Daube Octave, étudiant à l'ULB et responsable à Comac[1]https://plus.lesoir.be/302216/article/2020-05-21/les-jeunes-plus-impactes-psychologiquement-par-le-confinement