A l'attention de l'Association belge des Syndicats médicaux

Schaerbeek, dimanche 15 mai 2016

Honorées Consoeurs, honorés Confrères,

Par la présente, j'accuse bonne réception de votre courrier du 3 mai dernier, signé par le Dr Yvan de Meeus, votre trésorier. Celui-ci m'y invitait à vous payer ma cotisation. Etant promu en 2015, le montant en était nul. Mais le débat n'est pas là.

Une fois passée la stupeur, celle-ci a fait place à l'indignation.

Commençons par la stupeur. Comment se fait-il que vous possédiez mon adresse privée alors que je ne vous l'ai jamais donnée? Je vois trois solutions: soit l'ULB, soit l'Ordre des Médecins, soit l'INAMI vous l'a communiquée. Parmi ces trois institutions, l'Ordre des Médecins est la plus suspecte. En effet, c'est l'Ordre qui vous avait déjà accordé une tribune à la fin du mois de juin dernier lors d'une séance d'information qu'il nous a donnée quelques jours après notre proclamation, oubliant soigneusement d'inviter vos concurrents du GBO et du MoDeS.

Passons à l'indignation. Je me permets de vous rappeler que, il n'y a pas beaucoup plus d'un an, moi et mes condisciples nous trouvions dans une situation pour le moins inconfortable: nous étions en dernière année de médecine et nous étions surnuméraires: parmi nous, seul un étudiant sur deux devait recevoir une attestation INAMI et, donc, pouvoir entrer en formation spécialisée. Face à l'émoi légitime que cela a suscité et à l'écho médiatique qu'il a eu, vous avez communiqué "comprendre notre détresse" mais ne cependant pas pouvoir cautionner que l'on délivre une attestation à chacun d'entre nous. En effet, selon vous, étaient seuls responsables les pouvoirs publics et les Doyens francophones, eux qui avaient permis un lissage des numéros INAMI des cohortes précédentes. Et aujourd'hui, vous avez l'outrecuidance de me proposer de devenir l'un de vos membres. Le moins que l'on puisse dire est que vous ne manquez pas de culot.

C'est vous qui, depuis son instauration en 1997, défendez le système du contingentement de l'offre médicale. C'est même vous qui avez poussé à son instauration. Ce système pousse à la pénurie médicale, mais ce qui est rare est cher et un patient qui se voit proposer des délais d'attente déraisonnables pour pouvoir consulter un spécialiste sera plus facilement enclin à accepter de payer un tarif déconventionné pour être vu plus rapidement.

Je suis au regret de vous annoncer que je suis déjà affilié à un, vrai, syndicat: la Centrale nationale des Employés (Confédération des Syndicats chrétiens). Cette organisation ne m'offre pas ma première année de cotisations, mais elle défend la sécurité sociale, les services publics et une société solidaire quand vous ne défendez que les intérêts et les privilèges d'une caste professionnelle.

Ma vision de la médecine est celle d'un service public gratuit et de qualité, financé par un Etat fort et accessible à tous et, en particulier, aux patients les plus précarisés. Comme vous le lisez, vous et moi ne parlons pas la même langue. Dans votre courrier, vous me dites que "notre force dépend de vous et de votre affiliation". Je vous réponds donc que ma priorité n'est pas de renforcer votre potentiel de nuisance.

Guillaume Lefebvre

Médecin généraliste en formation

A l'attention de l'Association belge des Syndicats médicauxSchaerbeek, dimanche 15 mai 2016Honorées Consoeurs, honorés Confrères,Par la présente, j'accuse bonne réception de votre courrier du 3 mai dernier, signé par le Dr Yvan de Meeus, votre trésorier. Celui-ci m'y invitait à vous payer ma cotisation. Etant promu en 2015, le montant en était nul. Mais le débat n'est pas là.Une fois passée la stupeur, celle-ci a fait place à l'indignation.Commençons par la stupeur. Comment se fait-il que vous possédiez mon adresse privée alors que je ne vous l'ai jamais donnée? Je vois trois solutions: soit l'ULB, soit l'Ordre des Médecins, soit l'INAMI vous l'a communiquée. Parmi ces trois institutions, l'Ordre des Médecins est la plus suspecte. En effet, c'est l'Ordre qui vous avait déjà accordé une tribune à la fin du mois de juin dernier lors d'une séance d'information qu'il nous a donnée quelques jours après notre proclamation, oubliant soigneusement d'inviter vos concurrents du GBO et du MoDeS.Passons à l'indignation. Je me permets de vous rappeler que, il n'y a pas beaucoup plus d'un an, moi et mes condisciples nous trouvions dans une situation pour le moins inconfortable: nous étions en dernière année de médecine et nous étions surnuméraires: parmi nous, seul un étudiant sur deux devait recevoir une attestation INAMI et, donc, pouvoir entrer en formation spécialisée. Face à l'émoi légitime que cela a suscité et à l'écho médiatique qu'il a eu, vous avez communiqué "comprendre notre détresse" mais ne cependant pas pouvoir cautionner que l'on délivre une attestation à chacun d'entre nous. En effet, selon vous, étaient seuls responsables les pouvoirs publics et les Doyens francophones, eux qui avaient permis un lissage des numéros INAMI des cohortes précédentes. Et aujourd'hui, vous avez l'outrecuidance de me proposer de devenir l'un de vos membres. Le moins que l'on puisse dire est que vous ne manquez pas de culot.C'est vous qui, depuis son instauration en 1997, défendez le système du contingentement de l'offre médicale. C'est même vous qui avez poussé à son instauration. Ce système pousse à la pénurie médicale, mais ce qui est rare est cher et un patient qui se voit proposer des délais d'attente déraisonnables pour pouvoir consulter un spécialiste sera plus facilement enclin à accepter de payer un tarif déconventionné pour être vu plus rapidement.Je suis au regret de vous annoncer que je suis déjà affilié à un, vrai, syndicat: la Centrale nationale des Employés (Confédération des Syndicats chrétiens). Cette organisation ne m'offre pas ma première année de cotisations, mais elle défend la sécurité sociale, les services publics et une société solidaire quand vous ne défendez que les intérêts et les privilèges d'une caste professionnelle.Ma vision de la médecine est celle d'un service public gratuit et de qualité, financé par un Etat fort et accessible à tous et, en particulier, aux patients les plus précarisés. Comme vous le lisez, vous et moi ne parlons pas la même langue. Dans votre courrier, vous me dites que "notre force dépend de vous et de votre affiliation". Je vous réponds donc que ma priorité n'est pas de renforcer votre potentiel de nuisance.Guillaume LefebvreMédecin généraliste en formation