La nomination de Charles Michel a surpris de nombreux observateurs. Selon vous, qu'est-ce qui a été décisif ?

Louis Michel: Je pense que Charles a établi de bons contacts avec les autres chefs de gouvernement pendant son mandat de Premier ministre. Il est aussi toujours modéré et bien préparé. Charles n'est pas quelqu'un qui parle pour ne rien dire.

Herman Van Rompuy, le tout premier président du Conseil européen, aurait été le candidat d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Charles Michel serait le candidat d'Emmanuel Macron. Est-ce vrai ?

Je n'y étais pas, mais on dit que ses interventions étaient simplement meilleures et qu'il était verbalement plus fort que les autres candidats. Charles paraît également équilibré et connaît bien les dossiers européens. De plus, il est toujours respectueux, à l'écoute et possède une certaine habileté à négocier et à concilier différentes positions.

Charles Michel devient président au moment où l'Union européenne fait face à de grandes difficultés et a perdu beaucoup de crédibilité.

C'est vrai, la liste de défis est longue : le Brexit, la montée des partis nationalistes et populistes, l'entrée en fonction de dirigeants euro-critiques, la question de la migration, les relations difficiles avec d'autres blocs de pouvoir tels que les États-Unis, la Russie, la Chine et l'Afrique. Il y a du pain sur la planche.

Le Parlement européen a critiqué la répartition des postes clés européens. Le président français, Macron, qui a beaucoup à dire, aurait anéanti le système des spitzenkandidaten, les candidats proposés par les groupes politiques européens.

On a toujours négocié la répartition des postes importants, c'est ainsi. Et il y a toujours beaucoup de discussions, mais au bout du compte, c'est une solution équilibrée qui l'emporte. J'ai été député européen pendant dix ans. Le problème pour le Parlement européen, et je le regrette, c'est qu'il n'a pas assez de pouvoir politique. On peut se montrer dur dans ses discours et le pouvoir du Parlement sur les autres institutions européennes s'est également accru, mais j'ai toujours ressenti beaucoup de frustration face au manque d'influence réelle.

Je n'étais d'ailleurs pas contre ce système de spitzenkandidaten, mais il serait encore mieux que les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen soient élus directement par les citoyens.

La plateforme journalistique Politico écrit que l'attitude ouvertement pro-européenne de votre fils pourrait être un désavantage lorsqu'il s'agit de rapprocher les États membres de l'UE.

Comment ça, un désavantage ? Je pense que c'est un avantage. L'avenir de l'UE dépendra de sa capacité à redynamiser le projet européen. Aujourd'hui, l'Europe manque d'ambition. Cependant, ceux qui ont élu Charles à l'unanimité à la présidence sont conscients de son engagement européen.

La nomination de Charles Michel a surpris de nombreux observateurs. Selon vous, qu'est-ce qui a été décisif ?Louis Michel: Je pense que Charles a établi de bons contacts avec les autres chefs de gouvernement pendant son mandat de Premier ministre. Il est aussi toujours modéré et bien préparé. Charles n'est pas quelqu'un qui parle pour ne rien dire.Herman Van Rompuy, le tout premier président du Conseil européen, aurait été le candidat d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Charles Michel serait le candidat d'Emmanuel Macron. Est-ce vrai ?Je n'y étais pas, mais on dit que ses interventions étaient simplement meilleures et qu'il était verbalement plus fort que les autres candidats. Charles paraît également équilibré et connaît bien les dossiers européens. De plus, il est toujours respectueux, à l'écoute et possède une certaine habileté à négocier et à concilier différentes positions.Charles Michel devient président au moment où l'Union européenne fait face à de grandes difficultés et a perdu beaucoup de crédibilité.C'est vrai, la liste de défis est longue : le Brexit, la montée des partis nationalistes et populistes, l'entrée en fonction de dirigeants euro-critiques, la question de la migration, les relations difficiles avec d'autres blocs de pouvoir tels que les États-Unis, la Russie, la Chine et l'Afrique. Il y a du pain sur la planche.Le Parlement européen a critiqué la répartition des postes clés européens. Le président français, Macron, qui a beaucoup à dire, aurait anéanti le système des spitzenkandidaten, les candidats proposés par les groupes politiques européens.On a toujours négocié la répartition des postes importants, c'est ainsi. Et il y a toujours beaucoup de discussions, mais au bout du compte, c'est une solution équilibrée qui l'emporte. J'ai été député européen pendant dix ans. Le problème pour le Parlement européen, et je le regrette, c'est qu'il n'a pas assez de pouvoir politique. On peut se montrer dur dans ses discours et le pouvoir du Parlement sur les autres institutions européennes s'est également accru, mais j'ai toujours ressenti beaucoup de frustration face au manque d'influence réelle.Je n'étais d'ailleurs pas contre ce système de spitzenkandidaten, mais il serait encore mieux que les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen soient élus directement par les citoyens.La plateforme journalistique Politico écrit que l'attitude ouvertement pro-européenne de votre fils pourrait être un désavantage lorsqu'il s'agit de rapprocher les États membres de l'UE.Comment ça, un désavantage ? Je pense que c'est un avantage. L'avenir de l'UE dépendra de sa capacité à redynamiser le projet européen. Aujourd'hui, l'Europe manque d'ambition. Cependant, ceux qui ont élu Charles à l'unanimité à la présidence sont conscients de son engagement européen.