C'est dans le cadre de sa recherche doctorale que Wouter De Rycke, historien du droit, a étudié l'avocat Louis Bara (né à Lille en 1821, mort à Mons en 1857), l'un des premiers à "tracer la voie d'un droit qui interdit la guerre, comme le prévoit aujourd'hui la charte des Nations unies.
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C'est dans le cadre de sa recherche doctorale que Wouter De Rycke, historien du droit, a étudié l'avocat Louis Bara (né à Lille en 1821, mort à Mons en 1857), l'un des premiers à "tracer la voie d'un droit qui interdit la guerre, comme le prévoit aujourd'hui la charte des Nations unies. Lors du Congrès de la paix de Paris en 1849, où Victor Hugo proclame, sous de vifs applaudissements, le rêve des "Etats-Unis d'Europe", que l'on connaît encore aujourd'hui", le mémoire de Bara, La Science de la paix (218 p.), publié par Charles Potvin en 1872, est couronné. Dans sa Biographie nationale, publiée en 1983, l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique le qualifie d' "étude magistrale des conditions futures de la paix", d'"essai de science politique supranationale" et de "plaidoyer en faveur d'une organisation fédérale mondiale où tous les peuples sont égaux et jouissent d'une liberté identique". Cette fédération mondiale "peut prévenir et détruire les causes de conflits entre les peuples", surtout si est instaurée "une loi écrite régissant les rapports des nations entre elles et définissant les droits et obligations de chaque peuple". Une Constitution de justice internationale, donc. "Partant de l'idée qu'il a été possible d'élaborer une Charte des droits de l'homme, Bara désire mettre sur pied une Charte des droits des peuples". Ce qui "révèle un esprit clairvoyant, lucide, extraordinairement en avance sur son temps." Mais "dans les années qui suivent, le mémoire tombe complètement dans l'oubli". Pour autant, salue Wouter De Rycke, "nombre de ses idées sont devenues réalités au cours du siècle qui a suivi." Le Montois était bien visionnaire.