Le "Loi climat" a été adoptée au parlement européen, ce jeudi. Zakia Khattabi (Ecolo), ministre fédérale du Climat, souligne qu'il s'agit d'une "étape importante". Mais une eurodéputée de son parti explique... pourquoi elle a voté contre. Selon que l'on soit à la manoeuvre au gouvernement ou en opposition au parlement, la marge de manoeuvre n'est évidemment pas la même.
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Le "Loi climat" a été adoptée au parlement européen, ce jeudi. Zakia Khattabi (Ecolo), ministre fédérale du Climat, souligne qu'il s'agit d'une "étape importante". Mais une eurodéputée de son parti explique... pourquoi elle a voté contre. Selon que l'on soit à la manoeuvre au gouvernement ou en opposition au parlement, la marge de manoeuvre n'est évidemment pas la même. "Il s'agit d'une étape importante en vue de la concrétisation de la transition verte, estime la ministre fédérale dans un communiqué, au nom de la majorité Vivaldi dont elle fait partie. Nous pouvons à présent nous atteler pleinement à la réalisation de l'objectif de réduction de 55% pour 2030 et de l'objectif de neutralité climatique pour 2050. Tout le monde a droit à des emplois porteurs d'avenir et à un cadre de vie sain". Au sein de son cabinet, on pécise bien qu'il s'agit d'un "cadre", d'un point de départ pour mener des politiques ambitieuses.Zakia Khattabi se réjouit par ailleurs de la création d'un conseil climato-scientifique européen indépendant et de la promesse d'un budget européen post 2030 pour les gaz à effet de serre. Et de conclure: "Le rôle de la science s'en trouve par conséquent renforcé et la future politique climatique ainsi que les objectifs de l'Union européenne en matière de climat pourront être étayés par des données scientifiques."Au même moment, la députée européenne Saskia Bricmont (Ecolo) explique... l'inverse sur Twitter: "Ce midi, j'ai voté contre la Loi Climat européenne. Vu le peu d'ambition de ce texte, il était impossible de faire autrement." Forcément, sur les bancs du parlement, l'attitude n'est pas la même: il s'agit de pousser, pour aller plus loin encore, a fortiori quand son groupe mène un politique d'opposition, certes constructive.Saskia Bricmont explique encore: "Il est impossible pour moi et mon groupe de se contenter d'un objectif affiché de -55% d'émissions de GES en 2030, alors que les scientifiques recommandent -65 à -70%. Pire, ce faible objectif se base sur des astuces comptables: l'objectif réel est de... -52,5%."Cela me met en colère!, prolonge-t-elle. Il est incompréhensible de ne pas prendre les mesures nécessaires malgré les alertes du Giec, poursuit-elle. Il n'est pas trop tard. Mais les changements à opérer sont drastiques dans l'agriculture, la gestion des sols et des forêts, le commerce mondial, les déchets, l'énergie, la mobilité... La Loi climat n'apporte pas ces changements, et ne permettra pas de respecter l'Accord de Paris."