En 2016, FedEx rachetait TNT. Près de 5 ans plus tard, FedEx annonce un important plan de restructuration de son activité au niveau européen et particulièrement à Liège. Cette annonce qui a surpris tout le monde ne peut pas laisser le monde politique sans réaction. Nous voulons d'abord assurer l'ensemble des travailleurs que nous partageons pleinement leur indignation, leur tristesse et même leur colère, mais surtout qu'on ne les laissera pas seuls dans l'adversité.

L'engagement total du Gouvernement wallon tout d'abord, Ministres de l'Economie, de l'Emploi et des Aéroports en tête, pour soutenir les travailleurs et les entreprises possiblement impactés a été donné dès l'annonce du plan de FedEx. Le Ministre fédéral de l'Emploi a aussi annoncé immédiatement que ses services étudieraient les possibilités de soutien.

La loi (Renault) ensuite impose de multiples et nécessaires étapes de dialogue et de négociations avec les représentants des travailleurs. Elle est souvent l'occasion d'un dialogue où les forces en présence finissent par se rejoindre pour faire les choix les moins douloureux mais aussi les plus porteurs d'avenir.

Ecrire un nouveau chapitre

Si Liège Airport a longtemps été dépendant de son principal partenaire, et qu'il reste une pièce essentielle de son développement, la situation est bien différente aujourd'hui qu'il y a vingt ans, quand TNT annonçait son arrivée dans un aéroport vide. En 2021, c'est tout un écosystème d'entreprises, souvent partenaires mais agissant aussi dans une saine concurrence, dont certaines sans aucun lien avec FedEx, qui fait vivre l'aéroport, qui crée de l'emploi et qui se développe.

Ainsi, la diversification d'entreprises doit être saluée car elle porte ses fruits. De nombreuses entreprises déjà présentes veulent s'étendre tandis que d'autres manifestent leur volonté de s'installer rapidement sur le site. L'ampleur de ces entreprises croît et décroît en fonction des marchés, avec une indispensable agilité pour assurer leur pérennité.

C'était bien un des objectifs de Liège Airport à sa création : créer de l'emploi peu qualifié à l'engagement pour permettre la reconversion d'un bassin industriel en crise. N'en déplaise à certains, il y a bien un vivier d'emploi présent et à venir, dans la logistique mais pas uniquement. Sans prendre en compte les chiffres de FedEx, 97% des travailleurs à Liège Airport sont en CDI et 93% d'entre eux travaillent à temps plein.

C'est une success story, comme en témoignent la désignation de Liège en tant que meilleur aéroport cargo du monde en 2020 et le choix comme hub médical européen de l'OMS. Plus que les distinctions internationales, ce sont les perspectives d'emploi pour de nombreuses personnes de la région liégeoise, et même au-delà, qui démontrent sa pertinence.

Au moment où l'actualité se focalise sur les pertes d'emploi annoncées, il est essentiel d'envoyer aussi un message d'espoir et positif aux 9.000 travailleurs et familles qui dépendent directement de l'aéroport : c'est l'occasion d'écrire un nouveau chapitre pour Liège Airport

La restructuration annoncée par FedEx est un coup dur, reconnaissons-le.

Mais FedEx ne quitte pas totalement Liège Airport. Et sa décision n'affecte pas fondamentalement la trajectoire à long terme vers plus d'entreprises, plus d'emplois, dont certains plus qualifiés et plus digitalisés, et ainsi plus de création de valeur.

Une partie des travailleurs concernés devrait d'ailleurs pouvoir retrouver de l'emploi sur le site même de l'aéroport, auprès d'entreprises qui peinent parfois à recruter actuellement. La demande est forte.

Un développement durable

Depuis plus de trente ans, tous les gouvernements successifs et les forces vives liégeoises ont unanimement soutenu et soutiennent encore l'activité et l'emploi à Liège Airport.

Il serait hypocrite de laisser croire qu'on pourrait faire marche arrière, ou de plaider, comme on l'entend parfois, pour un désinvestissement progressif des pouvoirs publics dans l'aéroport. C'est le pire des messages à envoyer aux partenaires belges et étrangers tout en invitant les sites concurrents à venir se servir. Pour les travailleurs que tous entendent soutenir, un tel message serait un signal incohérent.

Le développement de l'aéroport, et sa diversification dans de nouveaux secteurs d'activité, est une chance pour toute notre région. C'est une formidable opportunité pour nos entreprises d'exporter leurs produits vers le reste du monde en bénéficiant de prix très concurrentiels sur le transport, ou d'en redistribuer d'autres en Europe

On ne peut évidemment pas nier l'aspect environnemental : l'aéroport est une source de nuisances aussi, et la nouvelle étude d'incidences devra bien sûr prendre en compte les nouveaux impacts au niveau du bruit et y répondre de manière adéquate, comme cela a déjà été fait par le passé, notamment en adaptant les plans de vol.

Par ailleurs, le Gouvernement wallon veut faire (enfin) atterrir le projet Carex : un ambitieux projet de transport de marchandises par trains à grande vitesse, reliant les principaux aéroports européens de fret, en ce compris l'aéroport de Liège. Cela permettra non seulement une diminution des nuisances occasionnées par le survol aérien et le transit de poids lourds dans les communes autour de l'aéroport, mais aussi une plus-value environnementale non-négligeable.

Un des atouts de l'aéroport est sa position géographique, au centre de l'Europe industrielle, à moins de trois heures de route des principales régions économiques du nord de l'Europe.

Il est donc primordial d'assurer l'optimisation du transport des marchandises depuis et vers la Wallonie afin d'accroître son activité ainsi que son attractivité économique. Dès lors, la multimodalité se révèle être essentielle. Cette particularité est unique à Liège, avec Bierset, Renory ou encore le Trilogiport comme fers de lance.

Liège Airport ne doit donc pas être résumé qu'à des avions qui décollent et atterrissent.

C'est aussi un écosystème de tri, de niches sectorielles (frais, animaux vivants, bio-logistique ...) et de prestataires de services. Au-delà du transport de marchandises, nous défendons une vision de la logistique où il y a de la valeur ajoutée autour et alentour de l'aéroport, avec des emplois locaux, de qualité et non délocalisables.

Des engagements respectés

Malgré les turbulences actuelles, le développement de l'aéroport respecte son plan de vol. Quand un avion est en phase de décollage, on ne coupe pas les moteurs parce que l'un d'eux a des faiblesses. On met toute la puissance sur les autres pour maintenir la trajectoire. Nous soutiendrons toutes les mesures visant à garantir un développement pérenne et durable.

Nous invitons tous ceux qui croient que l'avenir se construit ensemble et non en s'opposant, à se fédérer. La dernière chose dont les travailleurs, auxquels nous réaffirmons ici notre soutien total, ont besoin actuellement, c'est d'incertitudes quant à nos engagements et à leur avenir.

Christine Mauel et Diana Nikolic, Députées wallonnes.

En 2016, FedEx rachetait TNT. Près de 5 ans plus tard, FedEx annonce un important plan de restructuration de son activité au niveau européen et particulièrement à Liège. Cette annonce qui a surpris tout le monde ne peut pas laisser le monde politique sans réaction. Nous voulons d'abord assurer l'ensemble des travailleurs que nous partageons pleinement leur indignation, leur tristesse et même leur colère, mais surtout qu'on ne les laissera pas seuls dans l'adversité. L'engagement total du Gouvernement wallon tout d'abord, Ministres de l'Economie, de l'Emploi et des Aéroports en tête, pour soutenir les travailleurs et les entreprises possiblement impactés a été donné dès l'annonce du plan de FedEx. Le Ministre fédéral de l'Emploi a aussi annoncé immédiatement que ses services étudieraient les possibilités de soutien. La loi (Renault) ensuite impose de multiples et nécessaires étapes de dialogue et de négociations avec les représentants des travailleurs. Elle est souvent l'occasion d'un dialogue où les forces en présence finissent par se rejoindre pour faire les choix les moins douloureux mais aussi les plus porteurs d'avenir.Ecrire un nouveau chapitreSi Liège Airport a longtemps été dépendant de son principal partenaire, et qu'il reste une pièce essentielle de son développement, la situation est bien différente aujourd'hui qu'il y a vingt ans, quand TNT annonçait son arrivée dans un aéroport vide. En 2021, c'est tout un écosystème d'entreprises, souvent partenaires mais agissant aussi dans une saine concurrence, dont certaines sans aucun lien avec FedEx, qui fait vivre l'aéroport, qui crée de l'emploi et qui se développe. Ainsi, la diversification d'entreprises doit être saluée car elle porte ses fruits. De nombreuses entreprises déjà présentes veulent s'étendre tandis que d'autres manifestent leur volonté de s'installer rapidement sur le site. L'ampleur de ces entreprises croît et décroît en fonction des marchés, avec une indispensable agilité pour assurer leur pérennité. C'était bien un des objectifs de Liège Airport à sa création : créer de l'emploi peu qualifié à l'engagement pour permettre la reconversion d'un bassin industriel en crise. N'en déplaise à certains, il y a bien un vivier d'emploi présent et à venir, dans la logistique mais pas uniquement. Sans prendre en compte les chiffres de FedEx, 97% des travailleurs à Liège Airport sont en CDI et 93% d'entre eux travaillent à temps plein.C'est une success story, comme en témoignent la désignation de Liège en tant que meilleur aéroport cargo du monde en 2020 et le choix comme hub médical européen de l'OMS. Plus que les distinctions internationales, ce sont les perspectives d'emploi pour de nombreuses personnes de la région liégeoise, et même au-delà, qui démontrent sa pertinence. Au moment où l'actualité se focalise sur les pertes d'emploi annoncées, il est essentiel d'envoyer aussi un message d'espoir et positif aux 9.000 travailleurs et familles qui dépendent directement de l'aéroport : c'est l'occasion d'écrire un nouveau chapitre pour Liège AirportLa restructuration annoncée par FedEx est un coup dur, reconnaissons-le. Mais FedEx ne quitte pas totalement Liège Airport. Et sa décision n'affecte pas fondamentalement la trajectoire à long terme vers plus d'entreprises, plus d'emplois, dont certains plus qualifiés et plus digitalisés, et ainsi plus de création de valeur.Une partie des travailleurs concernés devrait d'ailleurs pouvoir retrouver de l'emploi sur le site même de l'aéroport, auprès d'entreprises qui peinent parfois à recruter actuellement. La demande est forte.Un développement durableDepuis plus de trente ans, tous les gouvernements successifs et les forces vives liégeoises ont unanimement soutenu et soutiennent encore l'activité et l'emploi à Liège Airport. Il serait hypocrite de laisser croire qu'on pourrait faire marche arrière, ou de plaider, comme on l'entend parfois, pour un désinvestissement progressif des pouvoirs publics dans l'aéroport. C'est le pire des messages à envoyer aux partenaires belges et étrangers tout en invitant les sites concurrents à venir se servir. Pour les travailleurs que tous entendent soutenir, un tel message serait un signal incohérent.Le développement de l'aéroport, et sa diversification dans de nouveaux secteurs d'activité, est une chance pour toute notre région. C'est une formidable opportunité pour nos entreprises d'exporter leurs produits vers le reste du monde en bénéficiant de prix très concurrentiels sur le transport, ou d'en redistribuer d'autres en EuropeOn ne peut évidemment pas nier l'aspect environnemental : l'aéroport est une source de nuisances aussi, et la nouvelle étude d'incidences devra bien sûr prendre en compte les nouveaux impacts au niveau du bruit et y répondre de manière adéquate, comme cela a déjà été fait par le passé, notamment en adaptant les plans de vol.Par ailleurs, le Gouvernement wallon veut faire (enfin) atterrir le projet Carex : un ambitieux projet de transport de marchandises par trains à grande vitesse, reliant les principaux aéroports européens de fret, en ce compris l'aéroport de Liège. Cela permettra non seulement une diminution des nuisances occasionnées par le survol aérien et le transit de poids lourds dans les communes autour de l'aéroport, mais aussi une plus-value environnementale non-négligeable.Un des atouts de l'aéroport est sa position géographique, au centre de l'Europe industrielle, à moins de trois heures de route des principales régions économiques du nord de l'Europe. Il est donc primordial d'assurer l'optimisation du transport des marchandises depuis et vers la Wallonie afin d'accroître son activité ainsi que son attractivité économique. Dès lors, la multimodalité se révèle être essentielle. Cette particularité est unique à Liège, avec Bierset, Renory ou encore le Trilogiport comme fers de lance.Liège Airport ne doit donc pas être résumé qu'à des avions qui décollent et atterrissent. C'est aussi un écosystème de tri, de niches sectorielles (frais, animaux vivants, bio-logistique ...) et de prestataires de services. Au-delà du transport de marchandises, nous défendons une vision de la logistique où il y a de la valeur ajoutée autour et alentour de l'aéroport, avec des emplois locaux, de qualité et non délocalisables.Des engagements respectésMalgré les turbulences actuelles, le développement de l'aéroport respecte son plan de vol. Quand un avion est en phase de décollage, on ne coupe pas les moteurs parce que l'un d'eux a des faiblesses. On met toute la puissance sur les autres pour maintenir la trajectoire. Nous soutiendrons toutes les mesures visant à garantir un développement pérenne et durable.Nous invitons tous ceux qui croient que l'avenir se construit ensemble et non en s'opposant, à se fédérer. La dernière chose dont les travailleurs, auxquels nous réaffirmons ici notre soutien total, ont besoin actuellement, c'est d'incertitudes quant à nos engagements et à leur avenir. Christine Mauel et Diana Nikolic, Députées wallonnes.