La N-VA présente aujourd'hui son modèle de confédéralisme à deux non comme une étape aussi courte que possible vers l'explosion du pays mais comme une manière durable de mieux faire fonctionner l'entité Belgique, dans l'intérêt de chacune de ses composantes. Ce modèle doit être pris au sérieux, pas suspecté d'insincérité et récusé a priori, sans lui accorder l'attention que mérite le seul effort qu'ait produit un parti politique pour concocter une proposition de solution structurelle aux blocages récurrents dont souffre notre état fédéral.

Mais ce n'est bien sûr pas la seule proposition possible. Il y a le confédéralisme à trois ou à quatre, le modèle bruxellois de majorités jumelles, la circonscription fédérale, un sénat sans sénateurs, un gouvernement constitué à la proportionnelle comme en Suisse et en Irlande du Nord, et bien d'autres encore.

Tout cela peut faire partie de la conversation institutionnelle à mettre en place, sans que la formation du gouvernement ne soit suspendue à son aboutissement. Une conversation, pas d'emblée une négociation entre partis politiques corsetés par des considérations tactiques. Une conversation large associant la société civile, portée par la presse de qualité, et conçue de manière à enjamber résolument la frontière linguistique, à favoriser l'écoute mutuelle, à stimuler l'imagination, à permettre une réflexion commune et, en fin de parcours, à forger une réforme qui ait quelque chance de recueillir la super-majorité qu'elle requiert.

Oui, même si ce n'est pas joué d'avance, même s'il y faudra beaucoup de tact et d'habileté, il doit être possible de sortir de cette crise par le haut."