. En plaidant pour le confédéralisme, Bart De Wever ne fait que donner suite aux fameuses résolutions que le Parlement flamand a adoptées en 1999 et qui étaient calquées sur le projet confédéraliste proposé dès le début des années 90 par le ministre-président flamand CVP, Luc Van den Brande. Wouter Beke, l'actuel président du CD&V, a d'ailleurs déclaré en 2007 : "Nous voulons une véritable confédération où chacun pour agir comme il l'entend."

Rappelons ici que le CVP (l'Etat-CVP, disait-on alors) fut à l'origine de toutes les mesures qui ont contribué à forger l'identité nationale flamande : fixation de la frontière linguistique en 1962 avec Théo Lefèvre ; autonomie culturelle en 1972 avec Gaston Eyskens ; expulsion des Wallons de l'Université de Louvain en 1968 sous l'impulsion de Jan Verroken (avec, comme conséquence immédiate, la scission du parti catholique) ; torpillage du Pacte d'Egmont par Léo Tindemans en 1978; loi de financement ficelée en 1988 par les "Toshiba Boys" de Jean-Luc Dehaene dans le but d'asphyxier la Communauté française ; mise sur pied du cartel CD&V/N-VA en 2004 par Yves Leterme.

Wouter Beke, encore lui, a précisé qu'une nouvelle réforme de l'Etat devrait avoir lieu en 2024 et son coreligionnaire Koen Geens, négociateur CD&V, a annoncé qu'il était hors de question que son parti s'engage au fédéral sans la N-VA.

Tout cela confirme les propos tenus naguère par l'ancien ministre CVP Stefaan De Clerck : "La relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l'ADN flamand."

Le démantèlement de l'Etat est donc un processus inéluctable. Lors de la crise de 2010-2011, un rapport de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française avait conclu que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins probable. Les résultats des élections de mai 2019 n'ont fait que renforcer ce constat.

En 1981, François Perin avait déclaré : "Cela fait des années que je pressens ce qui va arriver. Après d'éventuelles élections qui n'auront qu'exacerbé le malaise dû à une crise financière et économique insoluble, le malheureux chef de l'Etat se mettra à courir après un gouvernement introuvable : la Belgique peut disparaître par implosion."

Nous y sommes ! Il faut avoir le courage de le reconnaître et de renoncer aux vains combats d'arrière-garde."