En matière d'égalité entre les femmes et les hommes, le dernier gouvernement fédéral a brillé par sa mauvaise volonté (au pire) ou son dilettantisme (au mieux), refusant d'avoir un ministère aux droits des femmes et laissant le poste de ministre de l'Egalité des chances par deux fois à la NVA. Une législature a donc suffi pour faire reculer la Belgique dans le classement réalisé par l'Institut Européen de l'Egalité (EIGE) de la sixième à la huitième place.

Nous sommes aussi le seul pays à avoir voté un quota pour le genre le moins représenté au sein des conseils d'administration des sociétés cotées, qui ... ne le respecte pas ! Nous devrions avoir au minimum 33% d'administratrices depuis le 31 décembre 2017 mais nous arrivons péniblement à 31%. Et les 20% des sociétés qui ne sont pas en règle (chiffre de Guberna) ne se voient ni réprimandées ni infligées les sanctions prévues par la loi de 2011 : invalidation des décisions du CA et non rétribution de ses membres. Rien d'étonnant à cela quand on se rappelle que la NVA a toujours été farouchement contre les quotas de femmes. Comme tous les partis souverainistes en Europe, ce parti préfère ne pas appliquer ou rendre inapplicables les lois qui vont à l'encontre de ses valeurs, plutôt que de prendre le risque de les changer et d'ainsi montrer son vrai visage.

Nous sommes également dans le bas du classement européen en ce qui concerne la mixité des métiers : 40% des femmes travaillent dans le secteur des soins ou de l'éducation contre 11% des hommes, et 6% seulement de femmes sont dans les STEM (sciences, technologies, ingéniérie, mathématiques) contre 34% des hommes. TOUS les métiers à dominante masculine ou inversement à dominante féminine, sont des métiers en pénurie ! Si on veut que la société soit réellement plus égalitaire, il faut faire respecter les lois existantes, instaurer de nouveaux objectifs et indicateurs, classer les entreprises selon ceux-ci, être exemplaires au niveau de la fonction publique (1 seul SPF est dirigé par une femme), imposer aux grandes sociétés des plans d'égalité et de formation à l'inclusion de TOUS les talents comme en France, inciter les mères à revenir sur le marché du travail pour réduire leur risque de pauvreté et celui de leurs enfants, et bien d'autres choses encore comme par exemple obliger tous les membres du nouveau gouvernement à suivre une formation aux stéréotypes, aux privilèges et biais inconscients.

Rappelez-vous que l'égalité c'est comme une voiture sur une montée. Si vous n'avez pas constamment le pied sur l'accélérateur, vous reculez tout de suite."