Mon rôle n'est certainement pas de dire quelle coalition vous devez privilégier, mais elle doit être majoritaire, suffisamment majoritaire pour ne pas être n danger comme ce fut le cas en Wallonie à la fin de la dernière législature. Son programme commun proposera un budget rigoureux et suffisamment ambitieux pour faire face au contexte économique moins favorable qui semble s'annoncer pour les prochains mois. Moins la conjoncture sera bonne, au plus vite nous aurons besoin d'un gouvernement fédéral, c'est évident.

L'indifférence face à l'absence de gouvernement fédéral est souvent justifiée par le fait que lors de la précédente crise, il y a cinq ans, la situation socio-économique n'avait que peu souffert de la vacance de pouvoir. Le contexte actuel est bien plus préoccupante aujourd'hui, car le gouvernement fédéral en affaires courantes n'a pas (et de loin) de majorité au parlement. Sa capacité d'action est donc particulièrement réduite. Et ce n'est pas avec une configuration pareille qu'il sera possible de répondre aux nombreuses urgences et inquiétudes actuelles.

Monsieur l'informateur, il est urgent de se parler, de faire des concessions et de s'entendre sur le plus grand dénominateur commun possible. Si chacun reste dans ses exclusives, nous serons encore au même stade dans deux ans. La vie en commun, que ce soit dans la société, dans une entreprise ou dans un ménage, nécessite des concessions. C'est une question d'état d'esprit. Je ne veux pas faire de procès d'intention, mais le sentiment que l'on a jusqu'ici, c'est que l'on parle davantage de ce que l'on ne veut pas, au lieu d'évoquer ce que l'on veut.

Nous avons évidemment besoin d'une ambition pour ce pays. Nous avons besoin de cette identité belge forte avec Bruxelles au centre de l'Europe. Je m'en suis encore rendu compte lors de la récente visite d'Etat en Corée du Sud.

Il est nécessaire d'avoir un gouvernement fédéral pleinement en charge, dans l'intérêt de toutes les Régions. C'est à ce niveau-là que l'on peut prendre en charge les nécessités socio-économiques, baisser les charges sur le travail et réformer l'impôt sur les personnes physiques pour augmenter le salaire poche des bas salaires. Nous pouvons tenter de faire ce que l'on peut en Wallonie pour lutter contre les emplois en pénurie ou doper les exportations, mais l'essentiel des compétences pour augmenter la compétitivité des entreprises se trouve au niveau fédéral. Il en va de même pour les indispensables réformes pour améliorer la mobilité ou diminuer le coût de l'énergie.

Nous n'avons pas le droit d'être en léthargie. Plus on attend, moins nous avons de contrôle sur les déficits. Nous engageons les générations futures. Monsieur Magnette, mon message s'adresse à vous comme il s'adresserait à n'importe quel informateur, de quelque parti qu'il soit.