Le grand enjeu du moment est l'environnement, mais dans notre pays compliqué, le fédéral n'a pas la main, il y a énormément de ministres compétents et l'on voit à chaque COP la difficulté de rédiger un texte commun. Le deuxième problème majeur, du moins aux yeux de la population, c'est l'immigration et, au-delà des discours scandaleux de Theo Francken, on se rend compte que le gouvernement fédéral ne peut pas faire grand-chose. Dans un cas comme dans l'autre, l'enjeu est largement européen.

Le seul problème que vous pouvez prendre réellement à bras-le-corps, c'est la justice. On ne peut pas considérer qu'il y a un troisième pouvoir s'il est dans l'incapacité d'agir. Aujourd'hui, un justiciable doit attendre un an pour un jugement en première instance, de trois à cinq ans en appel. Or, un pays qui n'a pas de justice efficace est un pays qui ne fonctionne pas. J'ai beaucoup de respect pour Koen Geens (CD&V), le ministre sortant de la Justice, mais il ne peut pas grand-chose. Or, pour l'instant, cela reste une compétence fédérale. Et le grand test sera d'éviter que les Flamands ne demandent pas une défédéralisation. Le gouvernement flamand n'a-t-il pas déjà désigné une ministre de la Justice en la personne de Zuhal Demir (N-VA) ?

L'autre problème majeur de la Belgique, c'est l'enseignement. Je sais qu'il s'agit d'une compétence communautaire mais, idéalement, le fédéral devrait pouvoir contribuer à son bon fonctionnement en y investissant, lui aussi. Monsieur Magnette, le fédéral doit cesser de mettre la tête dans le sable et laisser le champ libre aux Régions et Communautés dans les compétences qui intéressent les citoyens."