Les vraies tensions entre partenaires arrivent-elles au sein de la coalition fédérale tentaculaire, composée de sept partis (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V)? Elles étaient déjà palpables au coeur de la crise sanitaire. Elles risquent de devenir plus "profondes" en raison de l'arrivée sur la table de dossiers socio-économiques qui, de façon générale, continuent à induire une fracture entre bleus, rouges et verts. Mais eu aucun cas, pour l'instant, elles ne laissent songer à une crise d'envergure susceptible de faire vaciller la Vivaldi du Premer ministre, Alexander De Croo (Open VLD).
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Les vraies tensions entre partenaires arrivent-elles au sein de la coalition fédérale tentaculaire, composée de sept partis (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V)? Elles étaient déjà palpables au coeur de la crise sanitaire. Elles risquent de devenir plus "profondes" en raison de l'arrivée sur la table de dossiers socio-économiques qui, de façon générale, continuent à induire une fracture entre bleus, rouges et verts. Mais eu aucun cas, pour l'instant, elles ne laissent songer à une crise d'envergure susceptible de faire vaciller la Vivaldi du Premer ministre, Alexander De Croo (Open VLD).La gestion de la crise sanitaire véhicule son lot de frustrations et d'angoisses, elles impose aussi une unité de vue qui, in fine, s'impose dans la concertation formelle du Comité de concertation - et au vu de l'urgence. Le MR irrite certaines socialistes et écologistes avec ses sorties régulières avant les Comités de concertation, mais cela reste un agacement de forme, à la marge d'un consensus large. Le terme de "participopposition" a été réveillé pour décrire ce positionnement permanent: il avait été inventé au début des années 2000, à l'époque du gouvernement arc-en-ciel, quand les partis autour de la table (socialistes, libéraux et écologistes, déja, sans le CD&V) multipliaient les sorties médiatiques pour exister.Le sujet dérange socialistes et écologistes parce que la cacophonie politique (de même que celle avec les experts) peut avoir des répercussions sur les comportements des citoyens. Elle les irrite d'auatnt plus que les libéraux courtisent de la sorte des électorats: des indépendants, des métiers de contacts, du secteur de la culture... même si la ficelle est parfois un peu grosse.Le bout du tunnel Covid n'est pas encore en vue, mais le cercle vertueux induit par la vaccination et la lente décrue des hospitalisations remet peu à peu à l'avant-plan les thématiques socio-économiques et écologiques, en plus du plan de relance. Or, c'est là qu'un grand écart entre certains parternaires risque de voir le jour sur la ligne de fracture classique gauche-droite ou en lien avec la question climatique. Le flou relatif de certains volets de la déclaration gouvernementales pourrait faire grincer des dents. Plusieurs passes d'armes illustrent déjà les frictions auxquelles on risque d'assister.La taxation sur les "épaules les plus larges", à savoir cette taxe sur les comptes-titres reprises du gouvernement précédent avait déjà suscité quelques remous jusqu'à son adoption. La semaine passée, les tensions apparues entre les partenaires sociaux au sujet de la marge salariale pour l'accord inter-professionnel ont percolé au sein de la Vivaldi. Après le retrait des syndicats, estimant que la hausse maximale possible des salaires de 0,4% était indécente, le PS a suggéré que l'on octroie davantage de marge en revoyant par exemple la loi de 1996 qui régit la compétivité belge par rapport aux pays voisins. Réplique de David Clarival (MR): "Cela ne figure pas dans l'accord de gouvernement". Prudent, Alexander De Croo... continue à miser sur les partenaires sociaux.Les libéraux pointent aussi du doigt certaines velléités écologistes d'aller plus loin en matière de taxation verte, tandis que la remise en cause des critères de répartition du plan de relance par la ministre Zakia Khattabi, estimant que Bruxelles était défavorisée, ont fait couler un peu d'encre. Sur le front bruxellois, au sens large, les relations entre bleus et verts sont parfois à l'orage - alors qu'elles ont pourtant permis la mise en selle de la Vivaldi. Mais ce ne sont là que des escarmouches. Du positionnement.Bientôt, quand le Covid sera maîtrisé, ce sont quatre grands chantiers qui se profilent à l'horizon: la relance et d'éventuelles réformes structurelles (fiscales, notamment), les fins de carrière (ou la phase 2 de la réforme des pensions), la sortie du nucléaire (et son délicat chantier annexe sur le mix énergétique du futur) et, last but not least, la gestion des déficits, devenus sans fond avec la crise du Covid. Les passes d'armes risquent alors bien devenir des affrontements ouverts.