Forts d'une communauté de 3.500 chercheurs, les corps scientifiques de l'UCLouvain et de l'ULB appellent toutes les universités à s'engager dans la transition et le développement durable afin d'être "des exemples" en la matière.

Concrètement, "cela signifie devenir des institutions zéro déchet, intégrer des critères sociaux et environnementaux dans les appels d'offre, désinvestir leur épargne de fonds finançant les énergies fossiles. Cela veut dire également financer davantage de recherche sur la transition écologique et sociale, et enseigner plus largement les dernières connaissances scientifiques à ce sujet dans tous les cursus", détaillent les chercheurs des deux plus grosses universités de Fédération Wallonie-Bruxelles.

Si l'UCLouvain s'est dotée d'un conseil en développement durable en 2016, les autorités de l'ULB ont annoncé qu'elles proposeraient un "Plan d'action Climat 2030" au conseil d'administration avant l'été afin de réduire l'incidence de l'établissement sur l'environnement.

De plus petite taille, l'université Saint-Louis "s'inscrit dans la même lignée", affirme son recteur, Pierre Jadoul. "Le développement durable est un point d'attention qui s'est renforcé ces dernières années, mais l'université n'a pas toujours eu ce souci", explique-t-il. "Il y a un an et demi, nous avons créé un conseil de développement durable que nous allons renforcer. Nous avons également décidé lundi d'une série de mesures à mettre en oeuvre", ajoute-t-il, sans détailler leur contenu dont il réserve la primeur à la communauté académique.

A Mons, l'université a également créé un conseil de développement durable il y a quelques années. "L'idée initiale était d'encourager les comportements responsables sur le campus comme le tri des déchets. On a fait beaucoup de choses qui ne nécessitaient pas beaucoup de moyens, comme planter des arbres, etc. Actuellement, nous travaillons à un plan d'actions avec des cibles à court, moyen et long termes. Mais dès qu'il s'agit de toucher à l'infrastructure, le budget reste le nerf de la guerre", concède le professeur et président du conseil, Marc Frère.

Dans la capitale wallonne, l'UNamur ne s'est pas fixé d'objectifs précis faute d'indicateurs de départ. Toutefois, "on y travaille, notamment en termes énergétiques. Nous voudrions voir aboutir le dossier cette année", signale la vice-rectrice en charge du développement durable, Isabelle Parmentier. "Nous avons également toute une série d'actions en cours sur l'insertion de clauses environnementales dans nos marchés publics et sommes engagés dans un gros travail de réflexion sur nos investissements, un chantier assez complexe", ajoute-t-elle. A ce jour, "50% de notre portefeuille d'actions est labellisé éthique et durable".

A l'ULiège, les autorités semblent avoir pris la mesure des enjeux climatiques avant les autres. L'université dit respecter une charte de politique environnementale depuis 2013. Celle-ci implique de sortir de tous les investissements directement liés aux énergies fossiles et à améliorer significativement la performance énergétique de ses bâtiments à l'appui d'objectifs chiffrés. "Nous sommes en passe d'achever le programme d'amélioration des performances énergétiques de nos bâtiments les plus anciens sur le campus du Sart-Tilman, un investissement de 32 millions d'euros avec le CHU de Liège", explique le porte-parole de l'université, Didier Moreau. L'institution se distingue par ailleurs pour sa politique cyclable et a mis sur pied sa propre plateforme de co-voiturage.