Sophie Wilmès (MR), désignée lundi formatrice d'un gouvernement de plein exercice par le roi Philippe, s'est rendue ce mardi matin à 11h au palais pour prêter serment avec ses ministres en respectant les règles de distanciation sociale. Elle à se rend à 14h à la Chambre pour demander la confiance et fera une courte déclaration. Logiquement, le débat sur la confiance doit avoir lieu mercredi et le vote jeudi. Neuf partis (socialistes, libéraux, écologistes, sociaux-chrétiens et DéFI) soutiendront le gouvernement minoritaire actuel autour d'un combat commun : la lutte contre le coronavirus. Mais pas la N-VA. Il est à espérer que le bras de fer politique en cours entre le parti nationaliste flamand et les partisans d'un Wilmès II ne fasse pas perdre de précieuses heures dans la guerre contre l'épidémie. Des mesures renforcées dans cette "guerre" seront au menu d'une réunion du Conseil national de sécurité, aujourd'hui encore.

Pas d'union nationale

L'union nationale espérée initialement a fait long feu après vingt-quatre heures. Les leaders nationalistes flamands ont fait savoir qu'ils n'accorderaient pas la confiance à l'équipe Wilmès II. Motivation principale? Si la N-VA s'accordait sur la possibilité d'accorder les pouvoirs spéciaux, elle refuse d'accorder une légitimité à un gouvernement de plein exercice mis en place à la façon d'une "vivaldisation des affaires courantes" (les termes sont du politologue Carl Devos) et composé des mêmes ministres du gouvernement minoritaire. "Je soutiens toute mesure contre ce virus terrible, mais je ne donne pas ma confiance au gouvernement minoritaire Wilmès", dit Theo Francken. En d'autres termes, la N-VA affirme que le PS a forcé la main pour imposer le gouvernement qu'il souhaitait mettre en place, sans elle et en refusant de négocier véritablement avec elle. Depuis, les nationalistes font feu de tout bois etdénoncent notamment le fait que les fonds européens en soutien à la lutte contre le coronavirus iraient prioritairement à la Wallonie (alors que cela se base sur des critères objectifs).

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Après la prestation de serment, les nationalistes ont même appuyé une campagne en ligne pour dénoncer Wilmès II avec le slogan: "Ceci n'est pas mon gouvernement".

Les autres partis démocratiques n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer l'attitude nationaliste. "Je suis en colère, j'en ai assez", clame Sabine Laruelle (MR), présidente du Sénat et ex-missionnaire royale. "L'union nationale est impossible avec la N-VA", regrette Jean-Marc-Nollet (Ecolo). "Des Belges meurent et la N-VA se préoccupe d'intérêt partisan, c'est hallucinant", dénonce-t-on chez les verts flamands. Le gouvernement de plein exercice, disposant de la confiance du parlement, est en outre une garantie démocratique indispensable pour accorder les pouvoirs spéciaux, focalisés sur le seul objectif sanitaire.

Vers un lockdown généralisé ?

Le risque reste réel que l'on assiste d'ici jeudi à une séquence de tensions politiques dont notre pays a le secret. Sauf que le gouvernement Wilmès II recevra bien la confiance. Et que la priorité est ailleurs, vers la lutte contre l'épidémie galopante de coronavirus, avec l'appui du roi Philippe qui a pris la parole en ce sens lundi en fin de journée.

Tout pourrait d'ailleurs s'accélérer vers un confinement généralisé ou un lockdown renforcé. Un Conseil national de sécurité doit également avoir lieu ce mardi, de nouvelles mesures drastiques pourraient être annoncées.

La possibilité d'un confinement généralisé "à la française", comparable aux mesures annoncées lundi soir par le président français reste envisageable. La députée CDH Catherine Fonck, médecin de formation, a appuyé ce visuel devenu une incantation : "Restez chez vous". "La question n'est pas de savoir si un lockdown va arriver, mais quand", dit Sammy Mahdi, président des Jeunes CD&V. "C'est une option qui pourrait un jour être décidée", a admis Jean-Marc Nollet sur les ondes de La Première.

La réunion du Conseil national de sécurité pourrait aller dans ce sens. Le problème ? Le fédéral y est représenté avec les gouvernements des entités fédérées, donc avec des majorités dominées par la N-VA et le PS. Autrement dit, le risque de tensions politiques sur les mesures complémentaires à prendre contre le coronavirus ne doit pas être écarté. On perdrait, alors, de précieuses heures dans ce contre-la-montre entamé pour sauver des vies. Il est à espérer que le sens des responsabilités l'emportera.

Les pouvoirs spéciaux en Wallonie

En attendant, le parlement de Wallonie s'est réuni ce mardi matin pour accorder les pouvoirs spéciaux au gouvernement arc-en-ciel d'Elio Di Rupo (PS, MR, Ecolo). C'est une première historique. "Nous sommes en guerre face à un ennemi invisible qui tue", dit le ministre-président socialiste, avec des termes similaires à ceux d''Emmanuel Macron, la veille en France. "Face à une situation telle que nous la connaissons, nous devons, en tant qu'autorité politique, agir de façon responsable, ajoute-t-il. J'en appelle à l'union de tous et au sens des responsabilités de chacun." Du côté francophone, cette union est une réalité.

Sophie Wilmès (MR), désignée lundi formatrice d'un gouvernement de plein exercice par le roi Philippe, s'est rendue ce mardi matin à 11h au palais pour prêter serment avec ses ministres en respectant les règles de distanciation sociale. Elle à se rend à 14h à la Chambre pour demander la confiance et fera une courte déclaration. Logiquement, le débat sur la confiance doit avoir lieu mercredi et le vote jeudi. Neuf partis (socialistes, libéraux, écologistes, sociaux-chrétiens et DéFI) soutiendront le gouvernement minoritaire actuel autour d'un combat commun : la lutte contre le coronavirus. Mais pas la N-VA. Il est à espérer que le bras de fer politique en cours entre le parti nationaliste flamand et les partisans d'un Wilmès II ne fasse pas perdre de précieuses heures dans la guerre contre l'épidémie. Des mesures renforcées dans cette "guerre" seront au menu d'une réunion du Conseil national de sécurité, aujourd'hui encore.L'union nationale espérée initialement a fait long feu après vingt-quatre heures. Les leaders nationalistes flamands ont fait savoir qu'ils n'accorderaient pas la confiance à l'équipe Wilmès II. Motivation principale? Si la N-VA s'accordait sur la possibilité d'accorder les pouvoirs spéciaux, elle refuse d'accorder une légitimité à un gouvernement de plein exercice mis en place à la façon d'une "vivaldisation des affaires courantes" (les termes sont du politologue Carl Devos) et composé des mêmes ministres du gouvernement minoritaire. "Je soutiens toute mesure contre ce virus terrible, mais je ne donne pas ma confiance au gouvernement minoritaire Wilmès", dit Theo Francken. En d'autres termes, la N-VA affirme que le PS a forcé la main pour imposer le gouvernement qu'il souhaitait mettre en place, sans elle et en refusant de négocier véritablement avec elle. Depuis, les nationalistes font feu de tout bois etdénoncent notamment le fait que les fonds européens en soutien à la lutte contre le coronavirus iraient prioritairement à la Wallonie (alors que cela se base sur des critères objectifs).

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