L'année 2018 a connu le nombre de jours pluvieux le plus bas jamais enregistré, avec pour conséquence une diminution alarmante du niveau des nappes d'eau souterraines en Belgique. Début décembre, les experts estimaient le déficit à 296 litres de pluie par mètre carré par rapport à une année normale. De nombreuses mesures ont d'ailleurs été prises afin d'éviter la pénurie et d'assurer une bonne distribution de l'eau potable à tous les ménages.
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L'année 2018 a connu le nombre de jours pluvieux le plus bas jamais enregistré, avec pour conséquence une diminution alarmante du niveau des nappes d'eau souterraines en Belgique. Début décembre, les experts estimaient le déficit à 296 litres de pluie par mètre carré par rapport à une année normale. De nombreuses mesures ont d'ailleurs été prises afin d'éviter la pénurie et d'assurer une bonne distribution de l'eau potable à tous les ménages.Ces dernières semaines, la tendance s'est inversée : de véritables trombes d'eau se sont abattues sur le pays, avec une intensité de précipitations pouvant aller jusqu'à 40-50 mm en 24 heures à certains endroits. Mais est-ce que ces fortes pluies ont permis de rétablir les niveaux des nappes phréatiques ? Rien n'est moins sûr. "On n'a pas encore de résultats concrets, mais il faut savoir que ce n'est pas parce qu'il a beaucoup plu, que les nappes vont être suffisamment réalimentées ", constate Paul Dewil, directeur du centre régional de crise. "En vue des crues et de l'augmentation significative des débits dans les rivières, cela montre qu'il y a une bonne partie des précipitations qui s'est retrouvée dans les cours d'eau ". Or, toute cette eau qui alimente les rivières ne va pas percoler, et ne va donc pas rééquilibrer le niveau des nappes souterraines.À quoi est dû ce phénomène ? "Même s'il y a eu des précipitations abondantes en peu de temps, il faut aussi prendre en compte les précipitations plus faibles qui ont précédé. À ce moment-là, tous les sols étaient déjà bien humidifiés et saturés en eau. Et à partir du moment où les sols sont saturés, ils ne savent pas accepter plus d'eau pour les faire percoler dans les nappes", explique Paul Dewil.Autre explication possible : la végétation. "À cause de l'augmentation des températures, les premières qui vont se servir en eau dans la partie superficielle du sol, ce sont les plantes. La végétation va donc se mettre à pomper et encore une fois, toute cette eau ne percole pas vers les nappes", ajoute l'expert.Cela ne signifie pas pour autant que ces pluies n'ont servi à rien. Au contraire, "cela a sûrement contribué à l'alimentation des nappes, mais pas dans des quantités correspondantes aux précipitations." En conclusion, pour une bonne percolation, il faut préférer des précipitations plus faibles et réparties dans le temps.En cas de sécheresse, si les nappes phréatiques sont vraiment trop basses et que leur niveau se trouve en dessous des puits de captage (NDLR : dispositif de prélèvement d'eau potable), il y a un risque que les puits s'assèchent. Dans ce cas-là, on ne sait plus prélever d'eau potable à ces endroits et il faut trouver de l'eau ailleurs.Un autre risque possible est un tarissement des nappes aquifères (NDLR : formation géologique ou une roche, suffisamment poreuse et/ou fissurée tout en étant suffisamment perméable pour que l'eau puisse y circuler librement) : "un phénomène qui se remarque dans le débit des rivières, qui sont alimentées par la pluie, dans un premier temps, et par les nappes qui débordent, dans un second." Or, si le niveau des nappes aquifères diminue, elles ne débordent plus et il y a moins d'alimentation dans les cours d'eau.À savoir également que lorsqu'il pleut, la réaction sur les nappes aquifères n'est pas immédiate : " Ce n'est pas parce qu'on a l'impression qu'il a plu quelques jours que le niveau des nappes remonte d'un coup. " Un exemple est la nappe dans le bassin du Borinage : "entre le moment où la goutte d'eau tombe sur le sol, commence à pénétrer et le moment où elle rejoint la nappe aquifère, il faut 6 mois ".Si pour l'instant, aucune commune ne rencontre de problèmes d'alimentation en eau potable, certaines localités sont plus vulnérables que d'autres. "Les communes qui ont leur distribution propre qui se base sur un seul captage,une seule source, sont évidemment toujours plus vulnérables que celles qui sont alimentées par un réseau de distribution interconnecté et qui font appel à plusieurs ressources de captage", explique Paul Dewil.