Le Belge aspire souvent à une pension bien méritée après quarante-cinq ans d'une carrière pleine. Notre pays est un de ceux, au monde, où l'on en profite le plus. Mais la question de son financement pour les prochaines années, avec le pic en vue du vieillissement de la population, reste un défi politique majeur.
...

Le Belge aspire souvent à une pension bien méritée après quarante-cinq ans d'une carrière pleine. Notre pays est un de ceux, au monde, où l'on en profite le plus. Mais la question de son financement pour les prochaines années, avec le pic en vue du vieillissement de la population, reste un défi politique majeur. Si le gouvernement Michel avait, de façon très controversée, relevé l'âge maximal de départ à la retraite de 65 à 67 ans, il reste bien du travail à faire pour concrétiser l'élément le plus important: rehausser le taux d'emploi de la catégorie d'âge précédente, les 58-65 ans.Si la ministre PS des Pensions, Karine Lalieux, doit présenter un projet de réforme des pensions à la rentrée, un autre texte de son collègue de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne, sera tout aussi important pour élaborer, d'ici au second semestre 2023, un dispositif d'incitants sociaux et fiscaux qui devra "rendre le travail plus gratifiant pour ceux qui doivent actuellement malheureusement recourir aux allocations de chômage ou au revenu d'intégration".Les Belges apprécient leur pension. C'est peu de le dire. Ils figurent même dans le top 5 des travailleurs avec la plus longue retraite, relevait hier La Libre sur base d'une récente enquête de comparethemarket, qui a passé au crible la durée effective de la pension dans un peu moins de 50 pays."Au sommet du classement, on retrouve la France, précisait le quotidien. Si l'âge de la pension se situe à 63,3 ans, nos voisins partent en moyenne à la retraite à l'âge de 60,8 ans, et en profitent pendant 24,8 ans." Ils sont suivis de près par les Espagnols et les Grecs."Viennent ensuite le Luxembourg et... la Belgique en cinquième position, complétait La Libre. Chez nous, Si l'âge légal de la pension se trouve toujours à 65 ans, les travailleurs démarrent leur retraite à l'âge de 61,05 ans, et ce pour une durée de 23,3 ans."En Flandre, le sujet s'inscrit au rang des priorités politiques importantes. Notamment parmi les nationalistes toujours enclins à mettre à l'épreuve la capacité de la Belgique à affronter un défi de cette taille.Nous nous trouvons confrontés à un risque de dérapage de notre système des pensions et la réforme annoncée viendra peut-être un rien trop tard, souligne ainsi Marjan Maes, spécialiste de la question à la KULeuven et ancienne conseillère de l'actuel ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA), au site d'information Doorbraak. 'Nous attendons depuis près de vingt ans", souligne-t-elle en espérant que l'on pourra encore limiter les dégâts. L'impact du vieillissement s'avèrera d'autant plus difficile à gérer que des récentes décisions politiques, notamment le relèvement de la pension minimale, vont encore grever le budget.Dans le programme de la Vivaldi, de nombreuses mesures sont annoncées pour encourager l'allongement de la vie professionnelle. Par exemple, une pension à temps partiel sera introduite bien que la manière dont elle sera mise en pratique ne soit pas encore claire. Elle sera accessible à tous les travailleurs (salariés, indépendants et fonctionnaires) qui rempliront des conditions à définir. Le nouveau gouvernement a aussi l'intention de réintroduire un bonus pension à partir du moment où l'on peut prendre une retraite anticipée. Cette mesure devrait encourager l'allongement du temps de travail.Pour les partis de la Vivaldi, il s'agit d'un autre test majeur aux côtés des dossiers de la migration ou de l'énergie. Les sept partis devront se faire confiance pour surmonter l'obstacle. Jan-Frederik Abbeloos, chef politique du Standaard, soulignait jeudi soir sur TerZake à la VRT: "Beaucoup de dossiers, comme les pensions et l'énergie nucléaire, sont traités de façon très idéologique par les présidents de parti et De Croo devra dépolitiser le débat .La grande nervosité actuelle sur le sujet de la migration en témoigne: la confiance n'est pas forcément au rendez-vous pour l'automne."