La petite Kurdo-Irakienne Mawda Shamdin est décédée dans la nuit du 16 au 17 mai lors d'une course-poursuite avec la police belge. Les occupants de la camionnette (ses parents, son frère, 24 adultes et 2 enfants) étaient probablement à la recherche d'un camion qui pourrait les conduire clandestinement au Royaume-Uni. La camionnette aux fausses plaques minéralogiques ne s'est arrêtée qu'après une course folle d'une heure. Bien que le parquet ait d'abord déclaré que la fillette n'était pas morte à cause de l'intervention de la police, le lendemain les autorités ont dû, de manière peu rassurante, revenir sur ces paroles. L'autopsie indique que la fillette a été touchée à la joue par la balle d'un agent de police.
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La petite Kurdo-Irakienne Mawda Shamdin est décédée dans la nuit du 16 au 17 mai lors d'une course-poursuite avec la police belge. Les occupants de la camionnette (ses parents, son frère, 24 adultes et 2 enfants) étaient probablement à la recherche d'un camion qui pourrait les conduire clandestinement au Royaume-Uni. La camionnette aux fausses plaques minéralogiques ne s'est arrêtée qu'après une course folle d'une heure. Bien que le parquet ait d'abord déclaré que la fillette n'était pas morte à cause de l'intervention de la police, le lendemain les autorités ont dû, de manière peu rassurante, revenir sur ces paroles. L'autopsie indique que la fillette a été touchée à la joue par la balle d'un agent de police.Il était prévisible que l'on demande immédiatement la démission du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon et du Secrétaire d'État, Theo Francken. Il y a vingt ans, le ministre Louis Tobback démissionnait après le décès de la demandeuse d'asile Sémira Adamu. Elle a perdu la vie quand la police a tenté de la maîtriser en poussant son visage dans un coussin. Pourtant, la demande de démission de Jambon et Francken était prématurée, particulièrement il y a dix jours, quand on ignorait ce qui s'était précisément passé. Dans un tel cas, le devoir de réserve est très important, de tout côté. Cela ne signifie pas que la question est balayée. Elle était tout simplement prématurée. Ce n'est pas le moment de faire de la récupération politique, tout comme ce n'est pas le moment de s'épancher publiquement sur le sort de la "petite Mawda", comme on l'appelle de manière un peu mielleuse. La semaine dernière, certains activistes de gauche sont allés beaucoup trop loin. Dans certaines versions, Jambon et Francken étaient directement jugés responsables de la mort de l'enfant ("Theo Assassin" scandaient certains manifestants à Bruxelles), comme si les politiciens avaient délibérément abattu Mawda. Non seulement c'est absurde, mais la suggestion est de mauvais goût. Cependant, ce n'est rien comparé à ce que le président de la N-VA, Bart De Wever a jugé nécessaire d'ajouter à la discussion. Quand De Wever a dit "qu'il fallait oser prendre en compte la responsabilité des parents", il a imputé la mort de leur fille aux parents, à un moment où on ne connaissait pas tous les faits, loin de là. Il est abject de diluer la responsabilité de la police et de la politique qui permet une telle intervention de la police, en faisant des reproches aux parents. On ne peut rien dire sur les agissements de la police tant que l'enquête n'est pas terminée - et à juste titre. Mais manifestement, il n'en va de pas même pour les parents. De Wever aggrave le chagrin de la perte d'un enfant par le pire des coups bas : il leur fait porter une partie de la responsabilité. Il établit un nouveau record dans le victim blaming : faire des reproches à la victime au lieu du coupable. Depuis quelques années, les choses vont très mal pour le politicien le plus important du pays. Les succès surprenants aux élections et le manque douloureux de talent politique de ses adversaires l'ont déséquilibré. Il invective ses détracteurs, il ridiculise les gens qui n'ont pas le même avis que lui, et emploie une rhétorique suffisante : ce sont des signes d'un sentiment malsain de toute-puissance. Le manque de retenue de Bart De Wever doit inquiéter ce pays. Ses paroles, qui étaient réfléchies, doivent déchaîner les alarmes. Que le dirigeant politique officieux de notre communauté n'ait pas la dignité de se taire au moment où tous les faits ne sont pas connus est préoccupant. Il ne s'agit plus de gauche ou de droite, de lobbys de frontières ouvertes ou de haine des étrangers, il s'agit de la dignité d'un mandat politique. La politique est une question d'actes politiques, mais aussi de mots qui donnent un sens à la société. Ces dernières années, Bart De Wever manque de l'intelligence émotionnelle, des qualités morales et de compétences d'homme d'État nécessaires pour diriger la communauté.