PRESSE FRANCAISE

"Big bang" ou "grand saut dans le vide", écrit le quotidien économique Les Echos, qui retient de ce scrutin l'expression d'un "ras-le-bol du 'système', table rase du passé". "Les électeurs ont choisi dimanche de tourner la page de la vie politique française telle qu'elle était structurée depuis le début de la Ve République", poursuit le journal.

"Ce résultat constitue un séisme dont les répliques seront durables", estime le quotidien généraliste catholique La Croix.

Le journal libéral L'Opinion relève que "c'est une toute nouvelle page de l'histoire de la Ve République que les électeurs français ont ouverte, ce dimanche 23 avril, en éliminant de la présidentielle tous les représentants des partis politiques qui, à un titre ou à un autre, avaient gouverné dans les décennies passées".

"La droite K.-O.", se désole le quotidien de droite Le Figaro, qui constate qu'"ainsi donc, l'imperdable a été perdu". "Alors que le désir d'alternance, après un quinquennat unanimement jugé calamiteux, n'a jamais été aussi puissant, (la droite) ne sera pas, pour la première fois de son histoire, représentée au second tour de l'élection présidentielle", ajoute le Figaro.

En position de favori, Emmanuel Macron est désormais "à une marche" du pouvoir, comme le titre à sa Une Libération. "Le second tour opposera donc le social-libéralisme au nationalisme, l'ouverture à la fermeture, l'Europe unie à la France seule", explique le quotidien de gauche, qui ajoute qu'"en principe, grâce aux républicains de tous les partis, le jeune premier du scrutin l'emporte sur la vilaine marâtre". Mais, nuance-t-il aussitôt, "le FN réalise le score le plus fort de son histoire à une présidentielle. Et si le combat se change en une confrontation peuple-élites, qui peut augurer à coup sûr du résultat? Dans un décor neuf, tout est possible. Autrement dit, vigilance".

Un "Jamais" sans ambiguïté barrant une photo de Marine Le Pen s'affiche à la Une du journal communiste L'Humanité, qui lance cet appel: "rassemblons-nous pour lui barrer la route".

PRESSE BELGE FRANCOPHONE

"En marche vers l'Elysée", titre Le Soir en reprenant en partie le slogan d'Emmanuel Macron, qui a remporté le premier tour de l'élection présidentielle française. "Un duel inédit et un choc de modèles. Voilà ce que les Français ont choisi pour le deuxième tour de l'élection présidentielle. Ce dimanche, ils ont fait leur révolution, balayant, à la Trump, les partis et les hommes politiques traditionnels, de gauche comme de droite, pour mettre face à face deux personnalités hors système", souligne Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef.

"Macron aux portes de l'Elysée", telle est la une des journaux de Sud Presse. Dans son édito intitulé "Triste France", Christian Carpentier revient sur la folle campagne qui caractérise le premier tour de cette élection présidentielle. "Le fait que les Français aient porté à la tête du scrutin un candidat quasi sans expérience, qui n'avait jamais été élu auparavant, en dit long sur la fin d'un système politique dans lequel les gens ne se reconnaissent plus. Qu'ils aient choisi de lui opposer, pour la seconde fois, la candidate de l'extrême droite, témoigne tout autant d'un besoin radical de changement, dans ce berceau de la démocratie qui ne semble plus se retrouver en elle".

"Macron en marche vers l'Elysée", titrent les journaux de L'Avenir. "Les partis dominants ont été laminés. Les extrêmes et le centre se sont posés en véritables animateurs de la campagne et, au bout du compte, logiquement, c'est vers eux que se sont tournés les électeurs. Une page de la vie politique française se tourne, clairement", dit Thierry Dupièreux dans son édito.

"Tous contre Marine", pour La Dernière Heure qui revient notamment sur la mobilisation anti-Front national initiée à l'issue du premier tour de l'élection présidentielle. "Ses chances de remporter l'Elysée sont minces, pour ne pas dire inexistantes, ce qui ne l'empêchera pas de peser durant les deux prochaines semaines sur le débat politique, martelant que la 'survie de la France' passe par le vote en faveur du Front national. L'heureux élu sera Emmanuel Macron, parti de nulle part voilà un an et qui a réglé leur compte aux partis traditionnels en dépassant le clivage gauche-droite", dit Patrick Dath-Delcambe dans son édito.

"Macron grand favori face à Marine Le Pen", titre la La Libre Belgique évoquant une "chance pour la France" dans son édito. "Entre les deux options, Macron et Le Pen, le choix est sans hésitation: il faut éviter de livrer la France au chaos économique, à la haine comme le propose le Front National. Emmanuel Macron a profité de circonstances politiques exceptionnelles. Au départ, son horizon était celui des présidentielles de 2022. Mais les planètes se sont alignées et ont facilité son ascension", souligne Francis Van de Woestijne.

PRESSE FLAMANDE

Les quotidiens du nord du pays sont plus méfiants et appellent à la prudence.

Pour De Tijd, Emmanuel Macron va désormais devoir prouver de quoi il est capable, en battant Marine Le Pen, et avec ses décisions politiques. Le quotidien rappelle que les deux derniers présidents n'ont pas réussi à transcender le schéma politique français et qu'ils en ont payé le prix. "Si Macron subit le même sort, la percée du populisme risque d'être inévitable."

Les représentants du système - de gauche encore plus que de droite - restent sur le carreau, constate De Morgen. "Dans un pays qui attache autant d'importance à la tradition et l'idéologie, c'est un choc", estime le journal, bien que le résultat était attendu. "Emmanuel macron a de grandes qualités dont est dépourvue Marine Le Pen. Cela fait de lui le favori. Mais cela ne doit pas nous aveugler sur la rupture et les risques qu'impliquent ce candidat", écrit Bart Eeckhout.

Dans Het Laatste Nieuws, on entend "les soupirs de soulagement partout en Europe". L'éditorialiste rappelle tout de même que le vainqueur du premier tour n'a pas réellement de parti et qu'il lui sera difficile de remporter les législatives du mois de juin.

Pour le Standaard, les Français sont désormais devant un choix très clair. "Choisiront-ils le passé ou l'avenir ? Pour un protectionnisme d'isolement ou pour une France ouverte ? Pour ou contre l'Europe ? Ces questions se posaient déjà avant dimanche. Mais la chance que le nouveau président français opte pour une France qui prend pleinement son rôle dans l'Union européenne et dans le monde est aujourd'hui plus importante qu'hier."

Het Belang van Limburg est moins confiant dans l'issue du second tour et rappelle qu'il "est encore possible que l'amertume gagne, tant la colère de nombreux Français est grande envers le système. Et Marine Le Pen est habile pour jouer sur les sentiments de dégoût, de peur et d'insécurité".

Het Nieuwsblad constate un pays plus divisé que jamais, entre ouverture et fermeture. Le quotidien n'hésite pas à faire la comparaison avec Groen et la N-VA en Flandre.

Enfin, la Gazet van Antwerpen estime que la plupart des politiciens européens et des citoyens doivent s'être sentis soulagés dimanche soir. "La frustration des électeurs des extrêmes doit cependant être profonde. Et si Macron l'emporte le 7 mai, cela ne veut pas dire que la France retrouvera automatiquement sa route vers un avenir glorieux." L'avenir de l'Europe reste incertain, "mais mieux vaut incertain que sans espoir", conclut le journal.

PRESSE INTERNATIONALE

La presse étrangère se réjouissait dimanche soir de la qualification d'Emmanuel Macron pour le second tour de la présidentielle française, certains journaux estimant néanmoins que la présence de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen le 7 mai représentait "une menace".

Grande-Bretagne

Le Guardian (centre gauche) estime qu'Emmanuel Macron représente "le meilleur espoir d'un grand pays profondément troublé" mais juge que "la menace posée par l'extrême droite n'est pas éteinte".

Le Financial Times voit déjà dans le second tour du 7 mai le "couronnement" de M. Macron. Le quotidien des milieux d'affaires prévient toutefois que le jeune centriste (39 ans) sera forcé de "négocier durement" pour mettre son programme en oeuvre s'il est élu.

De son côté, le conservateur Daily Mail titre sur "Une nouvelle révolution française" en expliquant que la France faisait maintenant face à son propre référendum pour l'Union européenne tandis que le Times, quotidien de centre-droit, évoque "une élite française humiliée par des marginaux en route vers la victoire" avec une photo d'une Marine Le Pen tout sourire.

Allemagne

Le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung se montre réservé sur la qualification d'Emmanuel Macron dans un article intitulé "La France déchirée": "Plus de 40% des Français ont voté pour des candidats à droite toute ou à gauche toute. La victoire de Macron est tellement étroite que, lors des deux présidentielles précédentes (2007 et 2012, NDLR), il ne serait pas arrivé au second tour".

Pour le magazine de centre-gauche Der Spiegel, le succès du candidat centriste est "une gifle retentissante pour l'establishment politique. Sa qualification au second tour a balayé, au moins provisoirement, des institutions politiques de longue date, les gaullistes-conservateurs Les Républicains, tout comme les socialistes au pouvoir (du président) François Hollande".

Suisse

Le Temps, reprenant le terme de "nouvelle frontière" utilisé par l'ancien président américain John Fitzgerald Kennedy, espère la victoire d'Emmanuel Macron: "Ce jeune président de même pas 40 ans peut donner une nouvelle frontière à la France et améliorer le sort des Français". Mais le quotidien estime qu'"avec le Front national, ce sont les descendants de la France collaborationniste et de l'Algérie française qui se trouvent aux portes du pouvoir".

Pologne

Gazeta Wyborcza (centre gauche) a salué la qualification d'Emmanuel Macron : "L'Union européenne devrait survivre au divorce tout juste entamé avec la Grande-Bretagne. Mais le 'Frexit', la sortie de la France de l'Union, aurait enterré le projet européen. Et c'est ce qu'avait annoncé Marine Le Pen, la cheffe du Front national".

Etats-Unis

Pour le Wall Street Journal, les Français ont "redéfini la géographie politique du pays en plaçant l'Union européenne au centre de la nouvelle opposition politique". D'un côté, ajoute le quotidien économique et financier, "se tient M. Macron, un ancien banquier d'affaires qui veut renforcer l'intégration européenne. De l'autre, Mme Le Pen, ennemie jurée de l'UE et de sa monnaie unique".

Le New York Times, lui, parle d'un duel entre un "novice politique" et un "tison d'extrême droite", "deux outsiders avec des visions radicalement différentes pour le pays". Cette opposition "place la France sur un chemin incertain au moment critique où cette élection pourrait également décider de l'avenir de l'Union européenne".

Australie

Le résultat du premier tour est "un tremblement de terre politique" pour The Sydney Morning Herald, qui prédit "une victoire pour le candidat qui représente le plus le système", Emmanuel Macron.

"Il s'agit d'un triomphe pour l'extrême droite. Mais un triomphe qui démontre que ce parti est toujours fondamentalement inéligible", affirme le quotidien centriste.

C'est, en revanche "un désastre" pour les partis traditionnels: "les Républicains ne se souviennent pas de la dernière fois qu'ils n'ont pas été au second tour d'une élection et les socialistes ont été abandonnés par quasiment l'ensemble de la population. Leur crédibilité en tant que parti majeur est remise en cause".

Chine

Dans un éditorial mis en ligne dans ses éditions anglaise et chinoise, le quotidien Global Times, proche du pouvoir, rappelle que "la plupart des observateurs français comme européens pensent que Macron l'emportera". Mais "ces mêmes experts courent manifestement le même risque de se tromper comme ce fut le cas avec le résultat de l'élection présidentielle américaine", explique le tabloïd. "Si Macron gagne, cela ne voudra pas dire que Le Pen aura travaillé pour rien: sa carrière politique peut subir des revers mais la force politique de l'extrême-droite a grossi pendant sa campagne électorale. Si contre toute attente elle l'emporte en battant Macron, pour beaucoup d'Européens sa victoire sonnera le glas de l'Union européenne."

"Big bang" ou "grand saut dans le vide", écrit le quotidien économique Les Echos, qui retient de ce scrutin l'expression d'un "ras-le-bol du 'système', table rase du passé". "Les électeurs ont choisi dimanche de tourner la page de la vie politique française telle qu'elle était structurée depuis le début de la Ve République", poursuit le journal."Ce résultat constitue un séisme dont les répliques seront durables", estime le quotidien généraliste catholique La Croix. Le journal libéral L'Opinion relève que "c'est une toute nouvelle page de l'histoire de la Ve République que les électeurs français ont ouverte, ce dimanche 23 avril, en éliminant de la présidentielle tous les représentants des partis politiques qui, à un titre ou à un autre, avaient gouverné dans les décennies passées". "La droite K.-O.", se désole le quotidien de droite Le Figaro, qui constate qu'"ainsi donc, l'imperdable a été perdu". "Alors que le désir d'alternance, après un quinquennat unanimement jugé calamiteux, n'a jamais été aussi puissant, (la droite) ne sera pas, pour la première fois de son histoire, représentée au second tour de l'élection présidentielle", ajoute le Figaro. En position de favori, Emmanuel Macron est désormais "à une marche" du pouvoir, comme le titre à sa Une Libération. "Le second tour opposera donc le social-libéralisme au nationalisme, l'ouverture à la fermeture, l'Europe unie à la France seule", explique le quotidien de gauche, qui ajoute qu'"en principe, grâce aux républicains de tous les partis, le jeune premier du scrutin l'emporte sur la vilaine marâtre". Mais, nuance-t-il aussitôt, "le FN réalise le score le plus fort de son histoire à une présidentielle. Et si le combat se change en une confrontation peuple-élites, qui peut augurer à coup sûr du résultat? Dans un décor neuf, tout est possible. Autrement dit, vigilance". Un "Jamais" sans ambiguïté barrant une photo de Marine Le Pen s'affiche à la Une du journal communiste L'Humanité, qui lance cet appel: "rassemblons-nous pour lui barrer la route"."En marche vers l'Elysée", titre Le Soir en reprenant en partie le slogan d'Emmanuel Macron, qui a remporté le premier tour de l'élection présidentielle française. "Un duel inédit et un choc de modèles. Voilà ce que les Français ont choisi pour le deuxième tour de l'élection présidentielle. Ce dimanche, ils ont fait leur révolution, balayant, à la Trump, les partis et les hommes politiques traditionnels, de gauche comme de droite, pour mettre face à face deux personnalités hors système", souligne Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef. "Macron aux portes de l'Elysée", telle est la une des journaux de Sud Presse. Dans son édito intitulé "Triste France", Christian Carpentier revient sur la folle campagne qui caractérise le premier tour de cette élection présidentielle. "Le fait que les Français aient porté à la tête du scrutin un candidat quasi sans expérience, qui n'avait jamais été élu auparavant, en dit long sur la fin d'un système politique dans lequel les gens ne se reconnaissent plus. Qu'ils aient choisi de lui opposer, pour la seconde fois, la candidate de l'extrême droite, témoigne tout autant d'un besoin radical de changement, dans ce berceau de la démocratie qui ne semble plus se retrouver en elle". "Macron en marche vers l'Elysée", titrent les journaux de L'Avenir. "Les partis dominants ont été laminés. Les extrêmes et le centre se sont posés en véritables animateurs de la campagne et, au bout du compte, logiquement, c'est vers eux que se sont tournés les électeurs. Une page de la vie politique française se tourne, clairement", dit Thierry Dupièreux dans son édito."Tous contre Marine", pour La Dernière Heure qui revient notamment sur la mobilisation anti-Front national initiée à l'issue du premier tour de l'élection présidentielle. "Ses chances de remporter l'Elysée sont minces, pour ne pas dire inexistantes, ce qui ne l'empêchera pas de peser durant les deux prochaines semaines sur le débat politique, martelant que la 'survie de la France' passe par le vote en faveur du Front national. L'heureux élu sera Emmanuel Macron, parti de nulle part voilà un an et qui a réglé leur compte aux partis traditionnels en dépassant le clivage gauche-droite", dit Patrick Dath-Delcambe dans son édito."Macron grand favori face à Marine Le Pen", titre la La Libre Belgique évoquant une "chance pour la France" dans son édito. "Entre les deux options, Macron et Le Pen, le choix est sans hésitation: il faut éviter de livrer la France au chaos économique, à la haine comme le propose le Front National. Emmanuel Macron a profité de circonstances politiques exceptionnelles. Au départ, son horizon était celui des présidentielles de 2022. Mais les planètes se sont alignées et ont facilité son ascension", souligne Francis Van de Woestijne. Les quotidiens du nord du pays sont plus méfiants et appellent à la prudence. Pour De Tijd, Emmanuel Macron va désormais devoir prouver de quoi il est capable, en battant Marine Le Pen, et avec ses décisions politiques. Le quotidien rappelle que les deux derniers présidents n'ont pas réussi à transcender le schéma politique français et qu'ils en ont payé le prix. "Si Macron subit le même sort, la percée du populisme risque d'être inévitable." Les représentants du système - de gauche encore plus que de droite - restent sur le carreau, constate De Morgen. "Dans un pays qui attache autant d'importance à la tradition et l'idéologie, c'est un choc", estime le journal, bien que le résultat était attendu. "Emmanuel macron a de grandes qualités dont est dépourvue Marine Le Pen. Cela fait de lui le favori. Mais cela ne doit pas nous aveugler sur la rupture et les risques qu'impliquent ce candidat", écrit Bart Eeckhout. Dans Het Laatste Nieuws, on entend "les soupirs de soulagement partout en Europe". L'éditorialiste rappelle tout de même que le vainqueur du premier tour n'a pas réellement de parti et qu'il lui sera difficile de remporter les législatives du mois de juin. Pour le Standaard, les Français sont désormais devant un choix très clair. "Choisiront-ils le passé ou l'avenir ? Pour un protectionnisme d'isolement ou pour une France ouverte ? Pour ou contre l'Europe ? Ces questions se posaient déjà avant dimanche. Mais la chance que le nouveau président français opte pour une France qui prend pleinement son rôle dans l'Union européenne et dans le monde est aujourd'hui plus importante qu'hier." Het Belang van Limburg est moins confiant dans l'issue du second tour et rappelle qu'il "est encore possible que l'amertume gagne, tant la colère de nombreux Français est grande envers le système. Et Marine Le Pen est habile pour jouer sur les sentiments de dégoût, de peur et d'insécurité".Het Nieuwsblad constate un pays plus divisé que jamais, entre ouverture et fermeture. Le quotidien n'hésite pas à faire la comparaison avec Groen et la N-VA en Flandre. Enfin, la Gazet van Antwerpen estime que la plupart des politiciens européens et des citoyens doivent s'être sentis soulagés dimanche soir. "La frustration des électeurs des extrêmes doit cependant être profonde. Et si Macron l'emporte le 7 mai, cela ne veut pas dire que la France retrouvera automatiquement sa route vers un avenir glorieux." L'avenir de l'Europe reste incertain, "mais mieux vaut incertain que sans espoir", conclut le journal.La presse étrangère se réjouissait dimanche soir de la qualification d'Emmanuel Macron pour le second tour de la présidentielle française, certains journaux estimant néanmoins que la présence de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen le 7 mai représentait "une menace".Grande-BretagneLe Guardian (centre gauche) estime qu'Emmanuel Macron représente "le meilleur espoir d'un grand pays profondément troublé" mais juge que "la menace posée par l'extrême droite n'est pas éteinte".Le Financial Times voit déjà dans le second tour du 7 mai le "couronnement" de M. Macron. Le quotidien des milieux d'affaires prévient toutefois que le jeune centriste (39 ans) sera forcé de "négocier durement" pour mettre son programme en oeuvre s'il est élu.De son côté, le conservateur Daily Mail titre sur "Une nouvelle révolution française" en expliquant que la France faisait maintenant face à son propre référendum pour l'Union européenne tandis que le Times, quotidien de centre-droit, évoque "une élite française humiliée par des marginaux en route vers la victoire" avec une photo d'une Marine Le Pen tout sourire.AllemagneLe quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung se montre réservé sur la qualification d'Emmanuel Macron dans un article intitulé "La France déchirée": "Plus de 40% des Français ont voté pour des candidats à droite toute ou à gauche toute. La victoire de Macron est tellement étroite que, lors des deux présidentielles précédentes (2007 et 2012, NDLR), il ne serait pas arrivé au second tour".Pour le magazine de centre-gauche Der Spiegel, le succès du candidat centriste est "une gifle retentissante pour l'establishment politique. Sa qualification au second tour a balayé, au moins provisoirement, des institutions politiques de longue date, les gaullistes-conservateurs Les Républicains, tout comme les socialistes au pouvoir (du président) François Hollande".SuisseLe Temps, reprenant le terme de "nouvelle frontière" utilisé par l'ancien président américain John Fitzgerald Kennedy, espère la victoire d'Emmanuel Macron: "Ce jeune président de même pas 40 ans peut donner une nouvelle frontière à la France et améliorer le sort des Français". Mais le quotidien estime qu'"avec le Front national, ce sont les descendants de la France collaborationniste et de l'Algérie française qui se trouvent aux portes du pouvoir".PologneGazeta Wyborcza (centre gauche) a salué la qualification d'Emmanuel Macron : "L'Union européenne devrait survivre au divorce tout juste entamé avec la Grande-Bretagne. Mais le 'Frexit', la sortie de la France de l'Union, aurait enterré le projet européen. Et c'est ce qu'avait annoncé Marine Le Pen, la cheffe du Front national".Etats-UnisPour le Wall Street Journal, les Français ont "redéfini la géographie politique du pays en plaçant l'Union européenne au centre de la nouvelle opposition politique". D'un côté, ajoute le quotidien économique et financier, "se tient M. Macron, un ancien banquier d'affaires qui veut renforcer l'intégration européenne. De l'autre, Mme Le Pen, ennemie jurée de l'UE et de sa monnaie unique".Le New York Times, lui, parle d'un duel entre un "novice politique" et un "tison d'extrême droite", "deux outsiders avec des visions radicalement différentes pour le pays". Cette opposition "place la France sur un chemin incertain au moment critique où cette élection pourrait également décider de l'avenir de l'Union européenne".AustralieLe résultat du premier tour est "un tremblement de terre politique" pour The Sydney Morning Herald, qui prédit "une victoire pour le candidat qui représente le plus le système", Emmanuel Macron."Il s'agit d'un triomphe pour l'extrême droite. Mais un triomphe qui démontre que ce parti est toujours fondamentalement inéligible", affirme le quotidien centriste. C'est, en revanche "un désastre" pour les partis traditionnels: "les Républicains ne se souviennent pas de la dernière fois qu'ils n'ont pas été au second tour d'une élection et les socialistes ont été abandonnés par quasiment l'ensemble de la population. Leur crédibilité en tant que parti majeur est remise en cause".ChineDans un éditorial mis en ligne dans ses éditions anglaise et chinoise, le quotidien Global Times, proche du pouvoir, rappelle que "la plupart des observateurs français comme européens pensent que Macron l'emportera". Mais "ces mêmes experts courent manifestement le même risque de se tromper comme ce fut le cas avec le résultat de l'élection présidentielle américaine", explique le tabloïd. "Si Macron gagne, cela ne voudra pas dire que Le Pen aura travaillé pour rien: sa carrière politique peut subir des revers mais la force politique de l'extrême-droite a grossi pendant sa campagne électorale. Si contre toute attente elle l'emporte en battant Macron, pour beaucoup d'Européens sa victoire sonnera le glas de l'Union européenne."