Depuis hier, les réseaux sociaux sont agités par une décision du Conseil de l'Union européenne concernant les prochaines réunions du Conseil. "Depuis le 1er juin 2018, une nouvelle législation belge prévoit un droit de 50 € à la charge des employeurs de toute personne faisant l'objet d'un contrôle de sécurité effectué par les autorités belges. Ce contrôle a actuellement une validité de 6 mois. Une facture sera envoyée à votre employeur (ou à vous en cas d'absence de coordonnées) par les autorités belges. Le contrôle de sécurité est obligatoire pour tous les journalistes/techniciens souhaitant participer au sommet."

C'est dit, les journalistes devront "payer" pour suivre les réunions et sommets européens, ou plutôt ils devront "rembourser" les contrôles de sécurité obligatoires qui entourent ces rendez-vous.

Le montant n'est pas "exorbitant" en soi, il s'agit donc plus d'une question de principe. Quoi que, quand on sait qu'environ un millier de journalistes, belges ou résidant en Belgique, sont concernés par cette mesure, et ce tous les 6 mois... le montant final est déjà bien plus "important".

Pourtant cette législation n'est pas neuve, même si pour l'AJP (Association des Journalistes Professionnels) elle a été passée en douce en février dernier. Il s'agit de "la loi du 23 février 2018, modifiant celle du 11 décembre 1998 relative à la classification et aux habilitations, attestations et avis de sécurité", précise l'AJP. Cette législation prévoit que toute personne faisant l'objet d'un contrôle de sécurité par les autorités belges recevra une facture de 50 euros. Bien entendu, l'Association des Journalistes Professionnels est contre ce paiement des contrôles de sécurité par les organes de presse.

Mais au-delà de la question "faut-il désormais payer pour assister aux conseils européens ?" qui soulève une certaine forme de liberté et la presse et de sa diversité, vu que ceux qui ne payent pas ne seront plus présents, c'est surtout les discriminations que pointe l'AJP sur son site.

Pour l'AJP, ce paiement soulève le problème d'une double discrimination. Tout d'abord entre journaliste salarié et freelance : les 50 euros seront payés par son patron pour le salarié, tandis que le journaliste freelance devra y aller de sa poche... Ensuite, les journalistes étrangers, qui viendraient à Bruxelles spécialement pour couvrir un sommet européen, seraient eux dispensés de ce paiement car contrôlés dans leur pays d'origine.

Ainsi pourra-t-on imaginer un des prochains conseils de l'Europe, presque vide, sans aucun journaliste belge pour y assister ?