Si "blanc" était un parti, il aurait pu prétendre être le parti de la jeunesse absolue aux élections communales du 14 octobre 2018. En Flandre, 11% ont voté blanc ou nul, 18% en Wallonie et jusqu'à 21% à Bruxelles. Selon l'étude d'Université de Gand, 44 % de ces électeurs avaient entre 18 et 34 ans.
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Si "blanc" était un parti, il aurait pu prétendre être le parti de la jeunesse absolue aux élections communales du 14 octobre 2018. En Flandre, 11% ont voté blanc ou nul, 18% en Wallonie et jusqu'à 21% à Bruxelles. Selon l'étude d'Université de Gand, 44 % de ces électeurs avaient entre 18 et 34 ans. Les raisons pour lesquelles les gens votent blanc ou nul sont bien connues, déclare le professeur Kristof Steyvers. "Ces électeurs sont souvent insatisfaits de la façon dont la politique et les partis fonctionnent. Ce sont les électeurs protestataires. Cela peut aussi s'expliquer par la diminution de la loyauté envers le parti. Cela se transmet moins qu'auparavant d'une génération à l'autre. Ou bien les jeunes tiennent tout simplement moins compte des conseils de vote de leurs parents, ce qui est également possible."Les jeunes qui votent pour la première fois représentent 14 % des électeurs qui votent blanc. Ils sont souvent moins au courant de ce que la commune a fait au cours de son dernier mandat. Un jeune de dix-huit ans devrait se rappeler ce que faisait la commune quand il avait douze ans. Même regarder vers l'avenir est difficile si on ne sait pas exactement ce que représentent les politiciens, ce qui arrive parfois dans notre paysage de partis très actif.La politologue Emilie Van Haute, qui a participé à l'étude pour l'ULB, estime qu'il est inutile de fustiger la forte proportion de jeunes parmi les électeurs blancs. Les jeunes ont toujours facilement voté blanc. Ils ont une préférence politique moins claire. Au fil des ans, les gens accorderont une plus grande valeur au processus électoral."Les jeunes votent plus souvent blanc que les électeurs plus âgés Van Haute s'inquiète toutefois de la hausse de la part de personnes qui votent blanc. Après tout, l'étude démontre qu'il n'est pas impossible pour les partis politiques de reconquérir des électeurs qui votent blanc. "Grâce à leur travail sur le terrain, Ecolo et le PTB ont réussi ramener ces électeurs à la vie politique. Ecolo a convaincu 17% des électeurs qui ont encore voté blanc aux élections fédérales de 2014, le PTB 11%."C'était l'une des conclusions désagréables du scrutin local : les francophones votent beaucoup plus souvent blanc que les Flamands. Cette différence est due uniquement à des facteurs socio-économiques, explique Van Haute. "Comparez des profils socio-économiques similaires au-delà de la frontière linguistique et vous verrez qu'il n'y a pas de différence. Le regard plus négatif de la Belgique francophone à l'égard des institutions politiques n'est dû qu'au fait que l'on y trouve davantage de facteurs qui influencent négativement cette confiance, tels qu'un faible niveau d'éducation ou une plus grande insécurité d'emploi. Cela explique aussi les protestations plus anciennes et surtout les manifestations plus vives des gilets jaunes au sud de la frontière linguistique.L'insatisfaction politique ne s'exprime pas de la même façon à tous les niveaux de gouvernement, affirme Van Haute. Par exemple, les électeurs francophones ont moins confiance dans le gouvernement fédéral que les électeurs néerlandophones. L'explication est simple, dit Van Haute. Il est logique qu'en moyenne, les Flamands de centre droit aient plus souvent confiance dans un gouvernement de centre droit que les électeurs francophones. Il est généralement plus de centre gauche et a du mal à accepter le fait qu'il n'y a pas de majorité francophone au sein du gouvernement fédéral".