À en croire les chiffres de l'Office européen des statistiques Eurostat relayés par le quotidien De Morgen, les jeunes Belges n'ont guère hâte de quitter leurs parents. Ils quittent le nid à 25,5 ans en moyenne, soit un peu plus tard que leurs voisins européens.
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À en croire les chiffres de l'Office européen des statistiques Eurostat relayés par le quotidien De Morgen, les jeunes Belges n'ont guère hâte de quitter leurs parents. Ils quittent le nid à 25,5 ans en moyenne, soit un peu plus tard que leurs voisins européens. Ainsi les Néerlandais déménagent à 24,3 ans, les Français à 24 ans, les Allemands à 23,8 ans, et les Luxembourgeois déjà à 19,8 ans. La moyenne européenne est de 26,4 ans. Au Monténégro, les jeunes attendent d'avoir 33,3 ans alors que les jeunes Suédois n'attendent pas leur majorité pour déployer leurs ailes.Une vie douloureuse et difficile Sans surprise, ce sont les jeunes issus des pays les moins riches de l'Union européenne qui quittent leurs parents le plus tard. "Si les jeunes restent aussi longtemps chez leurs parents, ce n'est évidemment pas pour leur plaisir. C'est en grande partie dû aux développements socio-économiques tels que le marché du travail", déclare le sociologue Herman Vuisje au journal néerlandais Trouw. Il estime que l'ambiance ne doit pas toujours être agréable dans les familles où les jeunes demeurent jusqu'à trente ans passés. "Je pense que la vie dans ces familles doit être très douloureuse et souvent difficile." En Belgique, de plus en plus de jeunes étudient plus longtemps et ne peuvent donc se permettre un logement à eux d'autant que les prix de l'immobilier sont très élevés. Aussi beaucoup de jeunes décident-ils de mettre de l'argent de côté et de rester chez leurs parents en attendant de pouvoir s'acheter un bien, déclare le sociologue Dimitri Mortelmans (Université d'Anvers) au Morgen. Cependant, les jeunes ne sont pas uniquement motivés par des raisons financières. Les relations changeantes au sein des familles jouent également un rôle. Ainsi, la relation entre les parents et les enfants est devenue moins autoritaire et plus amicale, poussant moins les jeunes à vouloir se détacher et à voler de leurs propres ailes.Une adolescence plus longue "Il y a quelques décennies, on ne pouvait dormir avec son partenaire qu'une fois que l'on disposait de son propre logement", raconte Ignace Glorieux, sociologue à la VUB au Morgen. Aujourd'hui, la plupart des parents acceptent que "l'ami(e)" de leur fils ou de leur fille reste loger à la maison. Les sociologues estiment qu'aujourd'hui l'adolescence est nettement plus longue qu'avant. Les chiffres cachent une différence entre les hommes et les femmes. Ainsi, les jeunes hommes belges quittent le giron familial à 26,2 ans alors que les femmes partent déjà à 24,8 ans, une tendance qui se dessine dans presque tous les pays européens. Parmi les jeunes Belges, 45,2% des jeunes hommes vivent encore chez leurs parents contre seulement 26% des jeunes femmes.