Les auteurs de l'étude, Julie Grégoire et Cécile Mathys de l'Université de Liège, ont comparé la prévalence de 34 faits de victimation entre deux groupes de personnes: d'une part 120 jeunes âgés de 14 à 18 ans issus des six IPPJ de la Fédération Wallonie-Bruxelles, d'autre part 1.000 Wallons de 13 à 19 ans scolarisés dans des écoles générales, techniques ou professionnelles des provinces de Liège et de Hainaut.

Les résultats sont clairs: les jeunes des IPPJ ont sensiblement davantage été victimes de faits délinquants au cours de leur vie. Non seulement la proportion de victimes est plus élevée parmi ce groupe pour presque chaque fait évoqué, mais de plus ces adolescents sont chacun victimes d'un plus grand nombre de faits en moyenne.

En effet, les jeunes placés rapportent avoir été victimes de 13 des 34 faits cités en moyenne, contre 5 pour les jeunes de la population considérée comme générale. Les différences sont significatives tant pour les faits délinquants dits conventionnels comme un vol ou une agression, que pour les faits de maltraitance d'enfants, ceux commis par les pairs et la famille ou les actes à caractère sexuel.

Témoins d'infractions

Les jeunes délinquants sont aussi plus souvent témoins d'infractions. "Cette recherche confirme l'hypothèse selon laquelle, chez les jeunes, un haut taux de délinquance est associé à une forte probabilité de victimation, sans qu'il soit possible de se prononcer sur l'antériorité des faits de victimation par rapport à la délinquance, ni l'inverse", soulignent les deux chercheuses.

"Dans une optique de diminution de la récidive, mais également de réhabilitation des jeunes 'délinquants', cibler les victimations qu'ils ont subies et évaluer leurs besoins s'y rapportant semble une démarche nécessaire si l'on vise une prise en charge efficace de ces jeunes", concluent-elles.