Annonçant leur retrait de la vie politique, les deux hommes avaient indiqué qu'ils ne se priveraient pas du joli bonus auquel ils ont droit. Des sommes considérables, qui ont indigné une partie de l'opinion publique flamande, plus affectée, semble-t-il, par ce généreux régime de sortie que par la hausse des prix du carburant. Alors qu'au sud, le mouvement des gilets jaunes a enflammé certaines provinces, force est de constater qu'il a laissé la population flamande quasi indifférente.

" On ne vit décidément pas dans le même pays ", a-t-on pu entendre ici et là, en réaction à ce contraste. Si l'affirmation n'est pas encore tout à fait une réalité, elle devient de plus en plus difficile à contredire. Les raisons mêmes de l'absence de contestation en Flandre illustrent ces disparités interrégionales. En Wallonie, les salaires sont moins élevés, et les travailleurs bénéficient bien plus rarement d'une voiture de société, et donc d'une carte essence. Le réseau des transports en commun y est moins développé, et l'usage du vélo demeure occasionnel. Alors que les véhicules diesel sont moins présents sur les routes flamandes, à la suite des politiques de dissuasion, ils restent fortement utilisés au sud, où l'ancienneté du parc automobile engendre, en outre, une consommation accrue d'un carburant toujours plus cher.

Les Flamands ne seront pas pour autant protégés des éventuelles conséquences de la contestation wallonne.

Au niveau médiatique, certaines rédactions flamandes ont parfois donné l'impression de parler du mouvement wallon des gilets jaunes comme d'un sujet d'actualité internationale. " La Belgique francophone est politiquement et culturellement une sorte de périphérie parisienne plutôt qu'une entité belge ", a pour sa part commenté l'éditorialiste du site Newsmonkey, Wouter Verschelden. Le journaliste politique va jusqu'à évoquer un " manque d'identité belge " au sud du pays. Une situation qui, selon lui, est en grande partie liée à la manière dont les médias fonctionnent des deux côtés de la frontière linguistique, et à la différence de moyens financiers consacrés aux productions propres. Résultat : alors que les Flamands sont de moins en moins à l'écoute de ce qui se passe chez leurs voisins néerlandais, les francophones ont les yeux toujours plus rivés vers la France, d'où provient le fameux mouvement des gilets jaunes. Face à " l'absence d'émissions d'actualité de qualité ", Wouter Verschelden constate que " le débat publicw en Belgique francophone est bien plus souvent mené depuis les studios parisiens que depuis Bruxelles ".

Si, en Belgique, les communautés linguistiques semblent vivre dans des bulles politiques, économiques, et médiatiques distinctes, les Flamands ne seront pas pour autant protégés des éventuelles conséquences de la contestation wallonne. Des retombées que les défenseurs de l'autonomie régionale ne se priveront pas d'ajouter à leur liste d'arguments.

Annonçant leur retrait de la vie politique, les deux hommes avaient indiqué qu'ils ne se priveraient pas du joli bonus auquel ils ont droit. Des sommes considérables, qui ont indigné une partie de l'opinion publique flamande, plus affectée, semble-t-il, par ce généreux régime de sortie que par la hausse des prix du carburant. Alors qu'au sud, le mouvement des gilets jaunes a enflammé certaines provinces, force est de constater qu'il a laissé la population flamande quasi indifférente. " On ne vit décidément pas dans le même pays ", a-t-on pu entendre ici et là, en réaction à ce contraste. Si l'affirmation n'est pas encore tout à fait une réalité, elle devient de plus en plus difficile à contredire. Les raisons mêmes de l'absence de contestation en Flandre illustrent ces disparités interrégionales. En Wallonie, les salaires sont moins élevés, et les travailleurs bénéficient bien plus rarement d'une voiture de société, et donc d'une carte essence. Le réseau des transports en commun y est moins développé, et l'usage du vélo demeure occasionnel. Alors que les véhicules diesel sont moins présents sur les routes flamandes, à la suite des politiques de dissuasion, ils restent fortement utilisés au sud, où l'ancienneté du parc automobile engendre, en outre, une consommation accrue d'un carburant toujours plus cher. Au niveau médiatique, certaines rédactions flamandes ont parfois donné l'impression de parler du mouvement wallon des gilets jaunes comme d'un sujet d'actualité internationale. " La Belgique francophone est politiquement et culturellement une sorte de périphérie parisienne plutôt qu'une entité belge ", a pour sa part commenté l'éditorialiste du site Newsmonkey, Wouter Verschelden. Le journaliste politique va jusqu'à évoquer un " manque d'identité belge " au sud du pays. Une situation qui, selon lui, est en grande partie liée à la manière dont les médias fonctionnent des deux côtés de la frontière linguistique, et à la différence de moyens financiers consacrés aux productions propres. Résultat : alors que les Flamands sont de moins en moins à l'écoute de ce qui se passe chez leurs voisins néerlandais, les francophones ont les yeux toujours plus rivés vers la France, d'où provient le fameux mouvement des gilets jaunes. Face à " l'absence d'émissions d'actualité de qualité ", Wouter Verschelden constate que " le débat publicw en Belgique francophone est bien plus souvent mené depuis les studios parisiens que depuis Bruxelles ". Si, en Belgique, les communautés linguistiques semblent vivre dans des bulles politiques, économiques, et médiatiques distinctes, les Flamands ne seront pas pour autant protégés des éventuelles conséquences de la contestation wallonne. Des retombées que les défenseurs de l'autonomie régionale ne se priveront pas d'ajouter à leur liste d'arguments.