La Sûreté de l'État catégorise l'extrémisme de droite, ou l'ultra droite, en trois mouvances: les groupes d'action nationalistes et populistes, les mouvements néo-nazis et les skinheads potentiellement violents et enfin l'activisme anti-asile, anti-immigration et anti-islamique. Dans son dernier rapport annuel, elle a également pris la peine de rajouter le mouvement identitaire.
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La Sûreté de l'État catégorise l'extrémisme de droite, ou l'ultra droite, en trois mouvances: les groupes d'action nationalistes et populistes, les mouvements néo-nazis et les skinheads potentiellement violents et enfin l'activisme anti-asile, anti-immigration et anti-islamique. Dans son dernier rapport annuel, elle a également pris la peine de rajouter le mouvement identitaire. Ce dernier, loin d'être un groupe compact et homogène, regroupe en réalité des groupuscules plus ou moins importants et pour le moins disparate précise le quotidien. "Ainsi ils n'écoutent pas tous la même musique, n'ont pas tous le même look et n'accordent pas tous la même importance à leur idéologie. Ils partagent par contre une même idée qu'on peut résumer comme suit: on va se faire envahir et il faut se préparer à se défendre physiquement". Un autre point commun est qu'on ne rechignerait pas à faire usage de la violence. Ainsi comme le précise encore le rapport "C'est un cocktail d'idées qui peut créer un environnement dans lequel la violence est considérée comme un instrument justifiable", avertit le même rapport annuel. Entre-temps, dans la base de données commune gérée par l'Ocam, qui évalue entre autres le niveau de menace dans notre pays, le nombre d'extrémistes de droite est passé à 49. Et selon le Vlaams Vredesinstuut (l'institut pour la paix) environ trois mille personnes sont liées à des organisations d'extrême droite dans la base de données de la police. Cette hausse s'expliquerait par la crise migratoire et la vague d'attentats terroristes qui a frappé l'Europe. Le fait que certains extrémistes ne cachent pas leurs convictions sur les médias sociaux les rend faciles à surveiller, mais ne les rend pas moins dangereux. Ainsi, ils ne rechignent jamais à propager la haine, voir à inciter à la violence. Et même si c'est souvent plus d'esbroufe qu'autre chose, cela reste symptomatique d'un certain élan. Les recherches menées par De Standaard révèlent que, ces dernières années, un écosystème de nouveaux groupuscules d'extrême droite est apparu en Flandre. Ces derniers osent de plus en plus descendre dans la rue, élaborent des stratégies et cherchent à collaborer entre eux. Enfin, tous se sentent renforcés par le succès électoral du Vlaams Belang, bien que certains les trouvent encore trop "mous".Si les loups solitaires restent ceux que les forces de l'ordre craignent le plus - car ils sont pratiquement impossibles à repérer, sauf quand il est trop tard -, la vigueur retrouvée des idées d'extrême droite n'augure rien de bon pour la police et la sécurité de l'état. Ainsi, ces dernières années, plusieurs attaques d'extrême droite ont pu être évitées en procédant à des arrestations en temps utile, précise encore le quotidien. Par prudence, les autorités compétentes révoquent également de plus en plus souvent les ports d'armes des personnes qui prônent des idées d'extrême droite.Toujours selon le Standaard, l'un des personnages centraux dans cette galaxie de l'extrémisme de droite en Flandre est Tomas Boutens. Les autorités considèrent Boutens comme quelqu'un qui propage la haine et promeut l'extrême droite. On le dit charismatique et intelligent. Il serait un héros populaire dans certains milieux, dit-on. Il est aussi un invité apprécié lors des manifestations. Boutens est un grand défenseur de la confédération de toutes les forces d'extrême droite en Flandre. "Dans un passé récent, il a déjà rassemblé des militants derrière le drapeau du Soleil noir, un symbole occulte qui a une résonance dans les milieux néo-nazis. De nos jours, plusieurs associations partagent un site web sous le nom de Vrij Verzet (Résistance libre) - avec une boutique en ligne. Là aussi, la symbolique du soleil noir apparaît. Le site est censé alimenter les caisses du Vlaams Legioen, un groupe d'action autoproclamé qui lutte pour "le peuple flamand, la Flandre et un avenir sûr"". Pas vraiment des enfants de choeur, puisque le chef de la Légion flamande, Emmanuel M., est l'une des personnes arrêtées à la fin de l'année dernière, soupçonnée d'avoir mis le feu à un futur centre d'asile à Bilzen. L'homme d'une soixantaine d'années était connu des services de sécurité avant même l'incendie pour ses idées radicales et sa connaissance des armes. Il aurait réuni une vingtaine de personnes autour de lui et organisé un entraînement au combat dans son jardin. Des faits démentis par Emmanuel M. De manière générale la durée de vie des nouveaux groupes d'extrême droite est assez limitée. Ils suscitent un certain enthousiasme avant de rapidement tomber dans l'oubli. Ce qui fait que la scène d'extrême droite en Flandre est mouvante, "mais aussi très fragmentée", déclare Vlaams Vredesinstuut (l'Institut flamand pour la paix), dans un récent rapport sur la radicalisation et la polarisation violentes dans notre pays. "Non seulement en termes d'idéologie, mais aussi en termes d'objectifs et de méthodes, et ce sans parler des discordes dues à des rivalités personnelles. Si des groupes apparaissent, pour disparaître presque aussi tôt, il y a tout de même un noyau de personnes qui reviennent presque systématiquement. Ce ne sont pas les grands leaders, mais ils assistent à des soirées café, des conférences et des manifestations. Ils sont là par conviction, mais aussi par "camaraderie", toujours selon De Standaard. Le PS et le sp.a ont déposé une proposition de loi visant à interdire les organisations qui incitent à la haine, à la violence et à la discrimination, comme Schild & Vrienden, l'association de jeunes d'extrême droite fondée par Dries Van Langenhove, devenu député pour le compte du Vlaams Belang, a indiqué lundi le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej. Plusieurs députés socialistes, dont les deux chefs de groupe - pour le sp.a il s'agit de Melissa Depraetere - ont cosigné ce texte, dont Hervé Rigot et Khalil Aouasti, a-t-il précisé à l'agence Belga, confirmant une information publiée par le journal 'De Morgen'. Les deux partis socialistes souhaitent étendre la loi de 1934 sur la milice privée aux groupes qualifiés de "non démocratiques".À l'ère de l'information, le plus grand danger ne vient plus des troupes de choc défilant dans les rues en uniforme et menaçant le monopole de la violence par l'État, écrivent la sp.a et le PS dans leur projet de loi. Le danger vient principalement des organisations qui, souvent en ligne, incitent à la haine, à la violence et à la discrimination. "Nous adaptons la loi sur la milice privée pour la mettre à jour", a expliqué Mme Depraetere. "Toute association qui appelle à prendre les armes est dangereuse. De telles organisations n'ont pas leur place dans notre démocratie et notre état de droit. Avec cette proposition, nous allons lutter contre le terrorisme sous quelque forme que ce soit", a ajouté la cheffe de groupe sp.a. Cette proposition de loi s'appuie sur un texte datant d'il y a près de dix ans. En 2012, le député sp.a Peter Vanvelthoven avait déjà tenté - mais en vain - d'étendre la loi sur les milices privées, une tentative relancée par une ancienne cheffe de groupe, Meryame Kitir - devenue ministre de la Coopération au développement dans le gouvernement Vivaldi dirigé par Alexander De Croo.