Question d'un lecteur : "L'allocation universelle est-elle l'une des clés du monde d'après?"

Réponse de François Maniquet, professeur à l'Ecole des sciences économiques de l'UCLouvain

La crise sanitaire que nous connaissons ne va sans doute pas aider les défenseurs et les détracteurs de l'allocation universelle à se mettre d'accord.

Pour rappel, l'allocation universelle consiste en une réforme fiscale qui vise à augmenter le revenu de tous ceux qui ne travaillent pas (au sens où ils n'ont pas de revenu du travail) de manière inconditionnelle (par exemple, même si leur conjoint gagne suffisamment pour deux) en finançant cette augmentation par un impôt sur le revenu de ceux qui travaillent, ou toute autre politique fiscale équivalente.

La crise sanitaire a affecté les revenus des gens de manière très hétérogène. Les défenseurs de l'allocation universelle argumenteront qu'une politique qui garantit un revenu de remplacement en toute circonstance donnera plus de sécurité aux gens. Les détracteurs de l'allocation universelle, eux, souligneront que des politiques ciblées seront plus efficaces puisqu'elles permettront d'être plus généreux envers ceux qui en ont le plus besoin. Ils souligneront également l'augmentation des besoins non financiers, en particulier les besoins en santé.

Étape par étape

Quoi qu'il en soit, la crise devrait nous rappeler que nous avons manqué de prudence dans un passé récent. La manière dont nous taxons les revenus et redistribuons le produit de l'impôt peut elle aussi être plus ou moins risquée. Instaurer une allocation universelle provoquerait une telle révolution dans notre système fiscal que la prudence peut nous inciter à y aller par étapes.

Pourquoi ne pas commencer par une allocation modeste et en étudier l'effet sur la société ? Pourquoi ne pas instaurer l'inconditionnalité des allocations par étapes également, en ne modifiant le système actuel, dans un premier temps, qu'en rendant l'aide sociale indépendante de la disponibilité à retourner sur le marché du travail ? Finalement, pourquoi ne pas commencer par une allocation universelle allouée aux ménages plutôt qu'aux individus, ce qui en diminuerait considérablement le coût ?

Question d'un lecteur : "L'allocation universelle est-elle l'une des clés du monde d'après?" Réponse de François Maniquet, professeur à l'Ecole des sciences économiques de l'UCLouvainLa crise sanitaire que nous connaissons ne va sans doute pas aider les défenseurs et les détracteurs de l'allocation universelle à se mettre d'accord. Pour rappel, l'allocation universelle consiste en une réforme fiscale qui vise à augmenter le revenu de tous ceux qui ne travaillent pas (au sens où ils n'ont pas de revenu du travail) de manière inconditionnelle (par exemple, même si leur conjoint gagne suffisamment pour deux) en finançant cette augmentation par un impôt sur le revenu de ceux qui travaillent, ou toute autre politique fiscale équivalente.La crise sanitaire a affecté les revenus des gens de manière très hétérogène. Les défenseurs de l'allocation universelle argumenteront qu'une politique qui garantit un revenu de remplacement en toute circonstance donnera plus de sécurité aux gens. Les détracteurs de l'allocation universelle, eux, souligneront que des politiques ciblées seront plus efficaces puisqu'elles permettront d'être plus généreux envers ceux qui en ont le plus besoin. Ils souligneront également l'augmentation des besoins non financiers, en particulier les besoins en santé.Étape par étapeQuoi qu'il en soit, la crise devrait nous rappeler que nous avons manqué de prudence dans un passé récent. La manière dont nous taxons les revenus et redistribuons le produit de l'impôt peut elle aussi être plus ou moins risquée. Instaurer une allocation universelle provoquerait une telle révolution dans notre système fiscal que la prudence peut nous inciter à y aller par étapes. Pourquoi ne pas commencer par une allocation modeste et en étudier l'effet sur la société ? Pourquoi ne pas instaurer l'inconditionnalité des allocations par étapes également, en ne modifiant le système actuel, dans un premier temps, qu'en rendant l'aide sociale indépendante de la disponibilité à retourner sur le marché du travail ? Finalement, pourquoi ne pas commencer par une allocation universelle allouée aux ménages plutôt qu'aux individus, ce qui en diminuerait considérablement le coût ?