La dégradation de la santé mentale d'une partie de notre jeunesse n'est pas seulement une expression, mais une réalité... anorexie, troubles obsessionnels compulsifs, phobies, troubles anxieux, perte de confiance en soi et dans le système sont des plaies ouvertes qui suppureront avec le temps si nous ne les soignons pas dès aujourd'hui.

La jeunesse perd le cap ?

Depuis plus d'un an, nous avons l'impression de nager dans un océan d'incohérences entre les vagues inattendues, des vaccins n'arrivant pas à bon port, des décisions qui dérivent de leur trajectoire. Dans cette brume, nous avons besoin d'un phare pour éviter à cette jeunesse de chavirer. Devant toutes les incertitudes, il est important de tracer un horizon pour regarder vers l'avant. Si la santé mentale de nos jeunes est plus que préoccupante, concrètement que faisons-nous pour leur permettre de s'accrocher à l'espoir d'un avenir meilleur ?

Les épreuves externes, une pression inutile pour nos élèves

Depuis mars 2020, nos élèves ont dû s'adapter à cette crise sanitaire, devenir plus autonome, trouver un ordinateur, vivre avec un masque, garder leurs distances, ne plus s'embrasser, se toucher, se rencontrer et en plus porter la responsabilité d'être des transmetteurs de ce satané virus.

En septembre, les élèves du primaire et du premier degré secondaire ont, selon la formule, repris à 100%. Cependant, l'école n'est plus celle qu'elle était avant cette pandémie. Peut-on encore réellement appeler cela une scolarisation à 100% ?

Les enfants ont subi cette période sans mot dire, sans profiter de leur insouciance. Combien de grands-parents, de parents ou amis sont partis rejoindre les étoiles ? Il ne faut pas se voiler la face, la peur est omniprésente.

À titre d'exemple, un matin, j'ai reçu dans mon bureau un élève en pleurs. Ce jeune garçon avait peur de rentrer chez lui. Il m'expliqua que sa maman avait un cancer et qu'il pourrait la tuer s'il était porteur de la COVID-19. Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres !

Chaque décision a ses conséquences

Chaque jour, nous sommes interpellés par des élèves inquiets à l'idée de passer ces épreuves externes. Des épreuves pour lesquelles ils n'ont pas été assez préparés malgré les efforts titanesques des enseignants. De plus, ces épreuves ont été construites avant l'arrivée de la COVID-19 et par conséquent, elles ne sont pas adaptées à la situation actuelle. Effectivement, les élèves devraient passer les CEB ou CE1D qui étaient prévus en 2019-2020.

Pourquoi continuer à mettre une telle pression sur l'épaule de nos jeunes ? Est-ce seulement pour récolter des résultats et en faire de jolies statistiques ou est-ce pour apprendre aux jeunes à supporter le stress ? Que je sache aujourd'hui, la gestion du stress n'est pas une compétence évaluable en milieu scolaire.

Peut-on continuer à accepter l'inacceptable ?

Cette crise provoquera des échecs et de l'injustice, doit-on condamner nos jeunes à cette double peine ? Si nous avons changé les règles du jeu, nous devons adapter la fin d'année scolaire.

Madame la Ministre Désir, afin de ne pas contribuer au mal-être de nos élèves, je soumets donc à votre réflexion la demande de la suppression des épreuves externes. Faites confiance aux directions, aux enseignants, aux éducateurs et à tous les membres du personnel des écoles afin d'évaluer, de soutenir et d'accompagner nos élèves dans la bienveillance.

Johann Dizant, directeur d'une école secondaire

La dégradation de la santé mentale d'une partie de notre jeunesse n'est pas seulement une expression, mais une réalité... anorexie, troubles obsessionnels compulsifs, phobies, troubles anxieux, perte de confiance en soi et dans le système sont des plaies ouvertes qui suppureront avec le temps si nous ne les soignons pas dès aujourd'hui. La jeunesse perd le cap ? Depuis plus d'un an, nous avons l'impression de nager dans un océan d'incohérences entre les vagues inattendues, des vaccins n'arrivant pas à bon port, des décisions qui dérivent de leur trajectoire. Dans cette brume, nous avons besoin d'un phare pour éviter à cette jeunesse de chavirer. Devant toutes les incertitudes, il est important de tracer un horizon pour regarder vers l'avant. Si la santé mentale de nos jeunes est plus que préoccupante, concrètement que faisons-nous pour leur permettre de s'accrocher à l'espoir d'un avenir meilleur ? Les épreuves externes, une pression inutile pour nos élèvesDepuis mars 2020, nos élèves ont dû s'adapter à cette crise sanitaire, devenir plus autonome, trouver un ordinateur, vivre avec un masque, garder leurs distances, ne plus s'embrasser, se toucher, se rencontrer et en plus porter la responsabilité d'être des transmetteurs de ce satané virus. En septembre, les élèves du primaire et du premier degré secondaire ont, selon la formule, repris à 100%. Cependant, l'école n'est plus celle qu'elle était avant cette pandémie. Peut-on encore réellement appeler cela une scolarisation à 100% ? Les enfants ont subi cette période sans mot dire, sans profiter de leur insouciance. Combien de grands-parents, de parents ou amis sont partis rejoindre les étoiles ? Il ne faut pas se voiler la face, la peur est omniprésente. À titre d'exemple, un matin, j'ai reçu dans mon bureau un élève en pleurs. Ce jeune garçon avait peur de rentrer chez lui. Il m'expliqua que sa maman avait un cancer et qu'il pourrait la tuer s'il était porteur de la COVID-19. Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres ! Chaque décision a ses conséquences Chaque jour, nous sommes interpellés par des élèves inquiets à l'idée de passer ces épreuves externes. Des épreuves pour lesquelles ils n'ont pas été assez préparés malgré les efforts titanesques des enseignants. De plus, ces épreuves ont été construites avant l'arrivée de la COVID-19 et par conséquent, elles ne sont pas adaptées à la situation actuelle. Effectivement, les élèves devraient passer les CEB ou CE1D qui étaient prévus en 2019-2020. Pourquoi continuer à mettre une telle pression sur l'épaule de nos jeunes ? Est-ce seulement pour récolter des résultats et en faire de jolies statistiques ou est-ce pour apprendre aux jeunes à supporter le stress ? Que je sache aujourd'hui, la gestion du stress n'est pas une compétence évaluable en milieu scolaire.Peut-on continuer à accepter l'inacceptable ?Cette crise provoquera des échecs et de l'injustice, doit-on condamner nos jeunes à cette double peine ? Si nous avons changé les règles du jeu, nous devons adapter la fin d'année scolaire. Madame la Ministre Désir, afin de ne pas contribuer au mal-être de nos élèves, je soumets donc à votre réflexion la demande de la suppression des épreuves externes. Faites confiance aux directions, aux enseignants, aux éducateurs et à tous les membres du personnel des écoles afin d'évaluer, de soutenir et d'accompagner nos élèves dans la bienveillance. Johann Dizant, directeur d'une école secondaire