Autrement dit : - c'est la première fois depuis quatre ans, que les majorités et les oppositions dans tout ce que la Belgique compte de niveaux de gouvernance vont affronter un jugement électoral ;
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Autrement dit : - c'est la première fois depuis quatre ans, que les majorités et les oppositions dans tout ce que la Belgique compte de niveaux de gouvernance vont affronter un jugement électoral ; - la première fois depuis l'installation aux commandes du pays d'une équipe dominée par les nationalistes flamands ; - la première fois depuis l'éviction du PS, à ces mêmes commandes, après plus d'un quart de siècle de présence ininterrompue dans les gouvernements fédéraux ; - la première fois depuis la volte-face du CDH, l'année dernière, qui a permis au MR de prendre les rênes de la Wallonie et qui a forcé les socialistes à les lâcher mettant ainsi fin à presque trente ans de pouvoir au sud du pays ; - la première fois depuis que des attentats islamistes ont été commis sur le sol belge ; - la première fois depuis un enchaînement de scandales (Kazakhgate, affaire Milquet, affaire Kubla, Publifin, Samusocial, Gial, procès Intradel...) comme jamais survenu auparavant et touchant les trois grands partis traditionnels francophones (PS, MR et CDH) ; - la première fois depuis que ces trois grands partis ont vu chacun plusieurs de leurs ténors tomber en cours de législature (Armand De Decker, Serge Kubla, Jacqueline Galant, Joëlle Milquet, Dominique Drion, Paul Furlan, André Gilles, Stéphane Moreau, Yvan Mayeur, Alain Mathot...) ; - la première fois depuis l'éclatement de " la crise migratoire ", l'irruption d'un nouveau clivage dans nos sociétés autour de la politique d'accueil et la percée, en Europe et aux Etats-Unis, de candidats et mouvements populistes/nationalistes/identitaires/d'extrême droite, jusqu'à la prise du pouvoir au plus haut niveau. Verdict dans trois mois, donc. Soit dans très peu de temps pour qui souhaite inverser, ou à tout le moins enrayer, les tendances actuelles. Ainsi des partis démocratiques traditionnels, qui ont en ligne de mire évidemment aussi (surtout ? ) les élections régionales, fédérales et européennes de juin 2019, et pour qui l'actualité de ces derniers jours n'a pas fait les affaires, pas plus qu'elle n'a redoré le blason. Déchirements en Allemagne (sur la politique d'immigration) ; incapacité de l'Europe à développer une stratégie autre que celle consistant à garder les candidats réfugiés à une distance la plus éloignée possible de ses frontières ; poignards plantés dans le dos de Charles Michel par son ami Bart Auguste De Wever ; vérité judiciaire (" corruption ") qui envoie Alain Mathot dans les cordes alors que pratiquement l'ensemble de ses collègues de la Chambre, PS et N-VA en tête, avaient refusé, après examen du dossier, que son immunité parlementaire soit levée... Derniers événements en date contribuant à faire, le 14 octobre prochain, d'élections strictement communales, au sens technique et constitutionnel du terme, en fait un véritable check-up de l'ensemble de notre système démocratique. Un check-up ou un procès.