On estime que le nettoyage de ces déchets coûte aux villes et communes environ 165 millions d'euros par an. La Région wallonne avance elle une estimation de 10 à 20 euros par habitant par an. Mais ces frais sont loin d'être les seules dépenses puisque ces déchets sauvages engendrent toutes sortes de coûts indirects.
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On estime que le nettoyage de ces déchets coûte aux villes et communes environ 165 millions d'euros par an. La Région wallonne avance elle une estimation de 10 à 20 euros par habitant par an. Mais ces frais sont loin d'être les seules dépenses puisque ces déchets sauvages engendrent toutes sortes de coûts indirects. KplusV, société d'ingénierie néerlandaise, les a calculés en se basant sur une méthode déjà utilisée par le consultant britannique Eunomia pour calculer ces coûts indirects en Angleterre et en Écosse. Ils sont arrivés à une estimation oscillant entre 172 millions et 1,2 milliard d'euros pour la dégradation de notre cadre de vie. On estime que rien qu'en Wallonie, on déverse 30.000 tonnes, soit 8 kilos par citoyen wallon, de déchets sauvages par an. L'opération "Grand nettoyage de printemps ", réalisée par la Région wallonne, a permis d'avoir une idée de la teneur de ces déchets. En 2018, lors de sa 4e édition, 365 tonnes de déchets sauvages composés de 115 tonnes de PMC (avec pour 74% des canettes) et de 250 tonnes de déchets "tout-venant" ont pu être ramassées. Parmi les "tout-venant", on retrouvait surtout les emballages divers (45%) et des sacs plastiques (18%). Mais aussi des mégots de cigarettes, ordures ménagères, mouchoirs (17%), les papiers/cartons (10%) et du verre (8%).Loin d'être anodins, ces déchets abandonnés contribuent à polluer les sols, l'eau et menacent la biodiversité. Les déchets abandonnés ne se dégradent que lentement et libèrent des composants chimiques dans la nature. Les déchets sauvages sont également susceptibles de boucher les avaloirs et de provoquer des inondations et des risques d'aquaplanage. Cela attire aussi les animaux indésirables comme les rats et les pigeons. Les dommages causés à la nature et au bétail représenteraient un coût situé entre 4,5 et 6,8 millions d'euros. Cette dernière catégorie comprend les vaches qui tombent malades ou meurent après avoir mangé des déchets. Il y aurait 6 000 cas par an en Flandre. De nombreux animaux sauvages ont été retrouvés avec des déchets dans leur estomac.Les déchets sauvages et la dégradation du cadre de vie engendrent un taux de criminalité plus élevé, ce qui entraîne à son tour des coûts supplémentaires pour la police, les assurances et la réparation des dommages. Cela a également un impact négatif sur le prix des maisons qui est lui chiffré à 140,6 millions d'euros. En Grande-Bretagne la valeur des maisons se verrait ainsi dépréciée de 2,7 à 11,8 p. 100. Un cadre de vie dégradé peut avoir non seulement un impact sur l'attractivité d'un quartier pour ses citoyens, mais également pour les touristes. Pour une commune, la propreté publique est souvent une véritable carte de visite. Un autre coût caché est le matériel des emballages qu'on ne peut recycler, soit près de 14.000 tonnes et qui représente une perte de 7,2 millions d'euros. En cumulant tous ces différents coûts, KplusV arrive ainsi à une somme totale allant d'un demi-milliard à un milliard et demi d'euros. Des montants étourdissants, mais aussi très différents selon ce que l'on prend en compte et la complexité de calculs basés parfois sur des extrapolations. Tout cela fait que, selon l'aveu même des commanditaires de l'étude, il s'agit ici bien plus d'un ordre de grandeur que de chiffres précis. Ce que cela montre surtout c'est que, si nous ne tenons compte que des coûts de nettoyage, nous sous-estimons considérablement les coûts sociétaux de tels déchets. Surtout que, selon Weemaels, il y a des facteurs qui n'ont même pas été pris en compte, comme les effets sur les rivières et les mers, et le problème des microplastiques.Cette étude pourrait être une piste pour étudier davantage ces "coûts cachés" afin que les autorités puissent réguler davantage. Par exemple en tenant les producteurs comme entièrement responsables de leurs emballages. Cela pourrait les rendre plus sensibles à la réduction de ces derniers pour leurs produits. Mais c'est aussi aux citoyens de prendre conscience que jeter quelque chose en rue n'est pas un geste anodin. Ou qu'il peut, à sa petite échelle, faire la différence comme le signale cette campagne de prévention de la Région Wallonne. Ça peut aussi coûter cher Le Gouvernement wallon a en effet revu certaines sanctions à la hausse :En cas d'incinération de déchets ménagers en plein air ou dans des installations non conformes aux dispositions : 150 euros En cas d'abandon de déchets: - 50 euros en cas de non-respect de l'autocollant apposé sur une boîte aux lettres pour prévenir la production de déchets de papier publicitaire ;- 50 euros en cas d'abandon d'une déjection canine ;- 100 euros en cas d'abandon de mégot, de canette ou de chewing-gum- 150 euros en cas d'abandon d'un emballage, d'un sac poubelle, d'un bidon d'huile usagée, d'un récipient ou un fût de 200l même vide, de déchets inertes seuls ou en mélange générés par les travaux de transformation réalisés par des non professionnels, de déchets amiantifères ;A Bruxelles aussi les actes de malpropreté sont sanctionnés par des amendes lourdes. Les plus courantes sont :- la sortie de sacs poubelles en dehors des jours/heures autorisés- les dépôts clandestins (250 euros le m³)- les jets de petits déchets (mégots, cannettes, papiers, chewing-gum, etc.) (50 euros pour mégot, 100 euros pour le reste)- le fait d'uriner, déféquer ou cracher sur la voie publique (50 euros pour un crachat, 100 euros pour le reste)- les déjections animales (100 euros)- les sacs non triés ou non conformes: le non-respect de l'obligation de tri entraîne des amendes administratives de généralement 75 euros, mais si on trouve du verre dans votre sac cela tourne autour de 100-125 euros, par ailleurs les sacs sortis en dehors des horaires prévus pour la collecte entrainent des amendes administratives de 50-75 euros. - le tourisme de déchets (importation de déchets provenant des 2 autres régions)