Le secteur de l'horeca est devenu, malgré lui, le symbole de la bataille politique qui se joue autour d'un assouplissement progressif des mesures sanitaires. Jusqu'ici, les coiffeurs et les métiers de contact étaient sur le devant de la scène : ils rouvriront le 26 avril. Par contre, les bars et restaurants doivent encore attendre le 8 mai pour rouvrir, en extérieur, et avec des conditions qui restent à définir.
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Le secteur de l'horeca est devenu, malgré lui, le symbole de la bataille politique qui se joue autour d'un assouplissement progressif des mesures sanitaires. Jusqu'ici, les coiffeurs et les métiers de contact étaient sur le devant de la scène : ils rouvriront le 26 avril. Par contre, les bars et restaurants doivent encore attendre le 8 mai pour rouvrir, en extérieur, et avec des conditions qui restent à définir.Politiquement, c'est un fameux brûlot, d'autant que la fronde du secteur ne cesse de s'élargir : à Liège, Namur ou Middelkerke, des dizaines d'établissements ont déjà annoncé qu'ils rouvriraient leurs portes, quoi qu'il arrive. Et des bourgmestres ont déjà annoncé en retour qu'ils laisseraient faire, suscitant les critiques de procureurs du roi rappelant que la police devait aussi verbaliser à sa demande.Un bras de fer politique se joue en outre au sujet des conditions pour la réouverture de l'horeca. Nos confrères de La Libre ont levé le voile sur ce qui se prépare et cela suscite bien des réactions. "Si les protocoles détaillés sont attendus pour la fin avril, quelques règles sont déjà sur la table, écrivent-ils. Parmi elles, la fermeture des restaurants obligatoire à partir de 20h! Une mesure qui n'est pas encore figée et que les différentes fédérations Horeca vont tout faire pour repousser." Les terrasses devraient aussi être limitées à des tables réunissant les bulles familiales."Arrêtons de tuer l'Horeca, ses indépendants et salariés, et travaillons à un label covid safe!", s'insurge Sophie Rohonyi, députée fédérale DéFI. Le "Covid safe" est ce label évoqué par trois épidémiologistes et virologues dans une carte blanche pour permettre une reprise des activités dans les meilleures conditions."J'espère que ce ne sera pas le cas, soulignait lui aussi ce matin sur Bel RTL le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron (Ecolo), car c'est une réouverture partielle, et il faut que ce soit suffisamment rentable pour les exploitants qui remettent leur machine en route, donc j'espère qu'on pourra bénéficier des terrasses un peu plus tard que 20 heures quand même.""Aucun protocole n'a été arrêté en ce qui concerne la réouverture des terrasses, rétorque Georges-Louis Bouchez, président du MR. Il faudra que ce protocole soit bien évidemment tenable, praticable et acceptable. Il n'est pas utile de spéculer sur des fuites non fondées. Avançons pour vivre malgré le virus." S'il s'agissait d'un ballon d'essai, il témoigne de fameuses joutes ces prochains jours.La nervosité est d'autant plus grande que Frank Vandenbroucke (Vooruit), ministre de la Santé, avait rappelé ce week-end sur RTL-TVI que cette réouverture était soumise à deux conditions incertaines: une avancée de la campagne de vaccination et une amélioration de la situation dans les hôpitaux "de façon durable"."Le Ministre de la santé doit cesser de saper la confiance et le moral des Belges, avait rétorqué le président du MR. Les mesures en Belgique sont plus strictes à de nombreux égards que dans d'autres pays, aussi sur la durée, comme la bulle de 1. Les terrasses ouvriront le 8. C'est un engagement!"Reste à voir à quelles conditions.