En raison de la fermeture programmée des centrales nucléaires en 2025, la Belgique cherche à augmenter ses capacités de production électrique. Dans ce cadre, la ministre de l'Energie Marie Christine Marghem (MR) a mis en place un mécanisme de rémunération de la capacité (CRM) qui prévoit un système de soutien aux centrales au gaz afin de stimuler leur construction et d'assurer une alimentation électrique continue.
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En raison de la fermeture programmée des centrales nucléaires en 2025, la Belgique cherche à augmenter ses capacités de production électrique. Dans ce cadre, la ministre de l'Energie Marie Christine Marghem (MR) a mis en place un mécanisme de rémunération de la capacité (CRM) qui prévoit un système de soutien aux centrales au gaz afin de stimuler leur construction et d'assurer une alimentation électrique continue. Le quotidien De Morgen révèle ce mardi que la ministre de l'Energie a reçu une lettre courroucée de son homologue néerlandais Eric Wiebes, dans laquelle il s'oppose à ce que la centrale de Maasbracht (Pays-Bas), actuellement à l'arrêt, serve à l'avenir à alimenter exclusivement la Belgique en électricité. La centrale, d'une capacité de 1.304 mégawatt, soit l'équivalent de la consommation de trois millions de foyers, se situe à proximité de la frontière belgo-néerlandaise à Maasbracht, aux Pays-Bas. Dans ce mécanisme de rémunération de la capacité (CRM), des entreprises privées pourront dès 2021 participer aux appels d'offres publics. La centrale de Maasbracht figurait en bonne place puisqu'elle avait un avantage sur les potentiels concurrents qui devaient encore construire leur centrale. Il ne restait plus qu'à la relier au réseau belge. "Maasbracht était une option pour nous, mais seulement si elle était exclusivement reliée à la Belgique", commente le porte-parole de la ministre Marghem, selon qui les discussions se poursuivront avec le ministre néerlandais Eric Wiebes. Le propriétaire de la centrale de Maasbracht, le groupe énergétique RWE, et la société limbourgeoise Nuhma ont déjà fait part de leur projet de déployer, d'ici 2020, une ligne à haute tension souterraine pour relier la centrale au réseau belge. Mais c'était sans compter le refus du gouvernement néerlandais qui, pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre prévoit de fermer ses centrales au charbon d'ici 2030, et aura donc besoin d'alternatives pour assurer sa sécurité d'approvisionnement en cas d'absence de soleil ou de vent. Pour Arnaud Collignon, coordinateur politique au sein de l'IEW (Fédération Inter Environnement Wallonie), il y aura certainement besoin à l'avenir de centrales au gaz pour accompagner la transition énergétique en vue de la sortie du nucléaire prévue en 2025. Pour cet expert en énergie, il faut en tout cas limiter au maximum le soutien à des centrales au gaz, entre autres, pour des raisons climatiques car les centrales au gaz émettent du CO2. Il prévient aussi qu'il faudra éviter de reporter le coût du mécanisme sur la facture d'électricité. "La question est de savoir combien et comment on finance ces centrales. Selon nous, il faut avoir une vision la plus progressive et la plus transparente possible, car les montants en jeu sont énormes. On parle de 400 à 600 millions d'euros par an, le citoyen in fine sera concerné, sur sa facture d'électricité ou sa fiche d'impôts. Quelle sera la répartition ? En sachant que sur la facture d'électricité, les grands consommateurs sont systématiquement pour des raisons de compétitivité justifiables épargnés, le coût sera répercuté sur les classes moyennes et le résidentiel. Ce sont des questions qui concernent les citoyens, mais ils sont pour le moment totalement exclus du débat. Etant donné les montants, il serait intéressant qu'il soit consulté. Il y a vraiment moyen d'après la CREG de se passer de centrales au gaz, mais pour Elia, le gestionnaire du réseau électrique, 3,9 gigawatts sont nécessaires en centrale au gaz. Il faudra voir qui tranchera, la ministre ou une autre instance", commente Arnaud Collignon.