Durant le confinement, on a constaté nettement moins d'accidents sur les routes belges. "Sur l'ensemble de l'année 2020, on parle d'une diminution de 20%", nous affirme Benoît Godart, porte-parole "sécurité routière" et "mobilité" de l'institut Vias. La réduction du nombre d'accidents et de victimes en Belgique serait donc une conséquences positive de la crise sanitaire. "Par contre, au moment des confinements les plus stricts, on a constaté beaucoup moins d'accidents, mais des accidents plus graves. Car avec moins de trafic, les conducteurs ont tendance à rouler trop vite", précise-t-il.
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Durant le confinement, on a constaté nettement moins d'accidents sur les routes belges. "Sur l'ensemble de l'année 2020, on parle d'une diminution de 20%", nous affirme Benoît Godart, porte-parole "sécurité routière" et "mobilité" de l'institut Vias. La réduction du nombre d'accidents et de victimes en Belgique serait donc une conséquences positive de la crise sanitaire. "Par contre, au moment des confinements les plus stricts, on a constaté beaucoup moins d'accidents, mais des accidents plus graves. Car avec moins de trafic, les conducteurs ont tendance à rouler trop vite", précise-t-il.Après plusieurs mois de restrictions, les activités reprennent. Et pour la sécurité routière, ce n'est pas spécialement bon signe. "C'est normal qu'il y ait une certaine euphorie qui gagne la population. C'est légitime, et on ne veut empêcher personne d'aller au restaurant ou en terrasse. Faites la fête, pas de problème, mais organisez-vous pour ne pas reprendre le volant ensuite si vous avez l'intention de boire", glisse Benoît Godart.Le problème de la sécurité routière se pose aussi et surtout pendant l'été. Celui-ci sera d'autant plus crucial pour la sécurité sur les routes belges. Avec les départs en vacances qui vont reprendre, mais aussi avec le début de l'Euro de football. Les heures qui suivent les matchs des Diables Rouges sont d'ailleurs particulièrement critiques. "On a analysé l'impact des matchs des Diables Rouges lors de la Coupe du monde 2018, et on a vu que pendant l'heure qui suivait la fin des matchs, les accidents doublaient. Et dans les heures qui suivent la rencontre, un accident sur cinq impliquaient un conducteur sous l'influence de l'alcool. Contre un sur dix quand il n'y a pas de match. Donc oui, les matchs des Diables ont une influence sur la sécurité routière", prévient Benoît Godart.La dernière campagne BOB est d'ailleurs axée sur le sujet. "On est parfaitement conscient du risque d'accident après un match des Diables. On voulait marquer le coup et mettre l'accent sur l'absurdité de reprendre le volant après avoir bu, même après un match de son équipe. Ce n'est pas dans la tradition de BOB de montrer des images d'accidents. Mais vu le contexte un peu particulier, et vu l'analyse statistique qui existe pour les matchs de 2018, on voulait faire quelque chose de différent", développe-t-il.Faut-il dès lors s'attendre à une augmentation des contrôles d'alcoolémie sur nos routes? "Les services de police vont organiser davantage de contrôles, les jours de match". Mais il n'y a pas que les matchs des Diables Rouges qui seront à risque. "A l'Euro, il y a davantage d'équipes qui vont concerner des supporters qui vivent en Belgique. Comme l'Italie, la Turquie, l'Espagne,... Pour les services de police, ce ne sera pas évident de faire respecter à la fois les règles sanitaire et de mener des contrôles. De nombreuses zones de police ont déjà demandé et reçu les portes clé BOB, preuve qu'elles comptent participer."Il y aura donc bien une attention particulière de la police vis-à-vis de l'alcool au volant le soir des matchs des Diables rouges. "Mais aussi pour la sécurité routière en général, en cas d'euphorie après une victoire par exemple."Chaque année, environ 150 personnes décèdent en Belgique dans des accidents liés à l'alcool au volant. "Toutes les deux heures en Belgique, il y a un accident impliquant un conducteur sous l'influence de l'alcool. Vis-à-vis de ça, on ne peut pas être tolérent. Donc il y aura des actions à tous moments de l'été, y compris après les matchs des Diables Rouges, et d'autres matchs".En 2019, on a recensé 4200 accidents impliquant un conducteur sous l'influence de l'alcool en Belgique. "C'est une diminution de 20% par rapport à il y a 10 ans. Mais ça reste beaucoup trop." La Belgique est d'ailleurs très mal placée en Europe. "A chaque fois que sortent des résultats d'enquête européenne, la Belgique est parmi les plus mauvais élèves, voire le plus mauvais. Dans une enquête de la fondation Vinci, où des conducteurs ont été interrogés dans 11 pays européens, lorsqu'on pose la question 'Avez-vous déjà eu ou failli avoir un accident à cause de l'alcool?', c'est en Belgique où il y a le plus de conducteurs qui ont répondu 'oui'", déplore Benoît Godart.Pourquoi la Belgique est-elle donc si mauvaise élève? "Dans d'autres pays, comme les Pays-Bas ou l'Angleterre, on ne boit pas moins, c'est sûr. Mais il y est strictement inconcevable de prendre le volant lorsqu'on a bu. En Belgique, ce réflexe n'est pas encore assez présent. Au niveau de la mentalité, le côté inconcevable de reprendre le volant sous l'influence de l'alcool n'est pas encore assez présent chez les Belges. La norme est encore trop défaillante en Belgique, d'où la nécessité de continuer les campagnes BOB."