Steven Van Gucht est le chef du département des maladies virales de l'Institut de santé publique Sciensano. Depuis de nombreuses semaines, il annonce quotidiennement les chiffres de l'épidémie de coronavirus. Au journal De Morgen, il répond à de nombreuses questions, à coeur ouvert dans une interview fleuve dont nous vous détaillons certains passages intéressants.
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Steven Van Gucht est le chef du département des maladies virales de l'Institut de santé publique Sciensano. Depuis de nombreuses semaines, il annonce quotidiennement les chiffres de l'épidémie de coronavirus. Au journal De Morgen, il répond à de nombreuses questions, à coeur ouvert dans une interview fleuve dont nous vous détaillons certains passages intéressants. Pour l'heure, Steven Van Gucht se dit confiant dans la mise en oeuvre du plan de déconfinement en plusieurs phases dans notre pays, sans craindre une nouvelle flambée de l'épidémie dans les prochaines semaines. Selon les critères de l'Organisation mondiale de la santé, nous ne sommes pas encore tout à fait prêts à sortir du confinement. Steven Van Gucht relativise : "Nous ne sortons pas encore vraiment de quarantaine non plus, nous rouvrons des entreprises et ouvrons des magasins dans des conditions strictes. Nous ne lâcherons pas d'autres choses pour l'instant. Nous avons encore jusqu'aux 11 et 18 mai pour remplir un certain nombre de conditions supplémentaires. La discipline de la population reste primordiale. "Le virologue se prononce sur la réouverture des écoles : "Normalement, cela devrait aussi être possible. Il y a un consensus général sur le fait que les enfants ne jouent pas un rôle important dans la propagation de l'épidémie". Il n'est toutefois pas exclu qu'un enfant soit infecté par l'enseignant et infecte ensuite ses parents, ou vice versa, émet comme hypothèse le journaliste du Morgen. Ce à quoi le virologue répond que cela peut en effet arriver. "Si le virus se propage parmi les enfants, et des enfants aux jeunes parents, alors beaucoup de ces infections seront très bénignes, et ne conduiront normalement pas à des hospitalisations", rassure-t-il.Le quotidien flamand poursuit l'interview en posant à Steven Van Gucht une série de questions plus ou moins épineuses sur le sujet. L'avis du virologue sur les visites dans les supermarchés est intéressant. Steven Van Gucht avance qu'en général, dans les magasins, le risque de contamination est plutôt faible car les gens essaient de garder leurs distances. "Moi-même, je ne porte pas de masque au supermarché", avoue-t-il."Ce n'est pas comme s'il y avait énormément de virus qui traînait autour des gens et que l'on pouvait être infecté comme ça. Cependant, je suppose que les personnes qui viennent au supermarché ne présentent aucun symptôme de Covid-19, car elles devraient rester chez elles. Si la personne que vous croisez éternue ou tousse, le risque est plus grand".Il ajoute: "Il n'y a pas un seul article dans toute la littérature scientifique sur le coronavirus qui indique une épidémie dans les grands magasins. Ma conviction est aussi conceptuelle : la durée du contact est trop courte. Même si vous croisez une personne infectée sans les symptômes, il ne suffit pas d'être contaminé soi-même. Les gens oublient souvent de le mentionner, mais il faut vraiment une certaine dose du virus pour être infecté. Le risque est plus grand pour les caissiers. Mais ils peuvent être protégés par une paroi en plexiglas ou un masque."Pour Van Gucht, l'une des principales raisons du port du masque est l'usage des transports publics. "C'est un risque. Nous y attendons beaucoup plus de monde, et une distance d'un mètre et demi ne peut être garantie. C'est aussi un environnement fermé, les masques y ont donc leur place, ils peuvent faire la différence. Dans certains petits magasins peut-être, mais là, le risque me semble plus faible."Même sans discussion, le contact peut être très risqué. "En fait, cela concerne toutes les situations dans lesquelles vous êtes en compagnie d'une autre personne pendant une période plus longue", explique Van Gucht. "S'asseoir à côté de quelqu'un dans le train pendant quinze minutes, par exemple. Dès que quelqu'un commence à parler, le risque augmente. De telles situations sont plus susceptibles de se produire au travail. C'est pourquoi il est primordial de porter un masque." Qu'en à savoir si l'été permettra de se débarasser du virus, le virlogue n'en est pas certain. "Vivre à l'extérieur est plus sûr. La chaleur contribuera probablement aussi à inactiver le virus plus rapidement : plus l'air est chaud, plus il est humide, et plus les gouttelettes sont épaisses et tombent plus vite. Tout cela a été démontré avec la grippe, et nous supposons que la puissance de ce virus va diminuer en été selon les mêmes mécanismes", explique-t-il encore au journal flamand.