La Russie a revendiqué ce mardi avoir développé le premier vaccin "efficace" contre le coronavirus. Son nom : "Spoutnik V" (V comme vaccin, ndlr). "Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré", a déclaré le président russe Vladimir Poutine, ajoutant : "Je sais qu'il est assez efficace, qu'il donne une immunité durable". Le président a même affirmé qu'une de ses filles s'était fait inoculer le vaccin.
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La Russie a revendiqué ce mardi avoir développé le premier vaccin "efficace" contre le coronavirus. Son nom : "Spoutnik V" (V comme vaccin, ndlr). "Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré", a déclaré le président russe Vladimir Poutine, ajoutant : "Je sais qu'il est assez efficace, qu'il donne une immunité durable". Le président a même affirmé qu'une de ses filles s'était fait inoculer le vaccin.Le fonds souverain russe, impliqué dans le développement du vaccin, a affirmé que la phase 3 des essais commençait ce mercredi et que le début de la production industrielle était prévue en septembre. Une affirmation qui fait tiquer Jean-Michel Dogné, expert de l'Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé, interrogé par nos confrères de LN24. "C'est particulièrement étonnant et relativement incohérent. La phase 3 est la phase clinique qui va inclure la recherche de malade et la prévention par le vaccin des malades. Il y actuellement d'autres vaccins qui sont en cours de phase 3. Avant de débuter cette phase, on ne sait pas encore si le vaccin est efficace et s'il apporte une immunité durable. C'est un leurre. Pour savoir si on a une immunité durable il faut connaitre l'efficacité du vaccin sur plusieurs mois chez des individus en étude clinique mais aussi dans la vraie vie. La vraie efficacité, qu'on appelle l'efficacité clinique nécessite cette fameuse phase 3. C'est à ce moment-là qu'on pourra dire qu'il y a une efficacité."Mais cette annonce fait craindre que le pays ne se précipite à des fins politiques, estime le New York Times. Selon le quotidien, "cette approbation rapide par les autorités de santé russes, motif de fierté pour le pays, pourrait être une bouffée d'air bienvenue pour Vladimir Poutine, dont la cote de popularité ne cesse de se dégrader sous l'effet conjugué de la pandémie et d'une économie en berne."26 autresSelon l'OMS, 26 candidats vaccins sont au stade des essais cliniques (testés chez l'être humain) à travers le monde et 139 au stade de l'évaluation pré-clinique. La plupart de ces essais en sont encore au stade de "phase 1" (qui vise avant tout à évaluer la sécurité du produit), ou de "phase 2" (où on explore déjà la question de l'efficacité). Cinq sont au stade le plus avancé de "phase 3", où l'efficacité est mesurée sur des milliers de volontaires: celui développé par l'Allemand BioNTech et l'Américain Pfizer, ceux de la biotech américaine Moderna, des laboratoires chinois Sinopharm et Sinovac, et le projet mené par l'Université d'Oxford en coopération avec le Britannique AstraZeneca. Plusieurs types de vaccins existent, comme expliqué dans le podcast ci-dessous. Les Russes auraient choisi le vaccin dit "à vecteur viral". Pour les fabriquer, on utilise comme support un autre virus qu'on transforme et adapte pour combattre le Covid-19. L'Organisation mondiale de la Santé a également réagi prudemment à l'annonce rappelant que la "pré-qualification" et l'homologation d'un vaccin passaient par des procédures "rigoureuses". En plus des validations accordées dans chaque pays par les agences nationales, "l'OMS a mis en place un processus de pré-qualification pour les vaccins. Les fabricants demandent la pré-qualification de l'OMS car c'est une sorte de gage de qualité", a insisté Tarik Jasarevic, le porte-parole de l'OMS.