La stratégie de vaccination belge va pouvoir être adaptée. L'avis du Conseil supérieur de la santé, sollicité à la demande du ministre fédéral Frank Vandenbroucke (SP.A), vient de tomber. Il s'agit d'une aide à la décision pour la task force vaccination, avec le soutien de nouveaux papiers scientifiques, émanant du Royaume-Uni et d'Israël.
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La stratégie de vaccination belge va pouvoir être adaptée. L'avis du Conseil supérieur de la santé, sollicité à la demande du ministre fédéral Frank Vandenbroucke (SP.A), vient de tomber. Il s'agit d'une aide à la décision pour la task force vaccination, avec le soutien de nouveaux papiers scientifiques, émanant du Royaume-Uni et d'Israël.Que recommande cet avis? Le vaccin AstraZeneca pourrait être utilisé pour les plus de 55 ans et davantage de temps serait permis entre les deux doses: cela serait de nature à permettre l'accélération de la vaccination dans notre pays. Cela a été confirmé lors d'une conférence de presse, mardi en fin d'après-midi.La décision de limiter l'administration du vaccin AstraZeneca aux moins de 55 ans avait été prise voici quelques semaines en raison du manque d'études cliniques pour les catégories d'âge supérieures. Mais les résultats des campagnes menées en Israël et au Royaume-Uni, notamment, ont donné davantage de données sur lesquelles s'appuyer.Une première étude réalisée en Ecosse auprès de cinq millions de personnes montre une diminution "drastique" des hospitalisations, tant pour le vaccin Pfizer que pour le vaccin AstraZeneca, de l'ordre de plus de 80%, auprès des personnes âgées de plus de 80 ans. "Cette étude nous montre que le vaccin AstraZeneca a une efficacité de la même grandeur que celui de Pfizer", souligne Yves Van Laethem, président de la section cavvination du Conseil supérieur de la santé.Une autre étude, concernant le sud du Royaume-Uni, porte sur des patients de plus de 70 ans qui ont reçu soit une seule dose du vaccin d'AstraZeneca, soit un ou deux du vaccin Pfizer. L'impact de la vaccination a été évalué sur plusieurs critères. Cette étude concerne pleinement le variant britannique. La protection pour les plus de 80 ans est de l'ordre de 70% pour le vaccin de Pfizer, puis de 89% pour la deuxième dose. Pour les plus de 70 ans, la proportion est pratiquement du même niveau pour le vaccin AstraZeneca. "Nous avons une protection de même qualité", résume Yves Van Laethem.Une troisième étude en Israël ne concerne que le vaccin Pfizer. "Cette étude montre l'importance du gain d'une deuxième dose", souligne Yves Van Laethem.Ces informations sont "rassurantes", souligne le Conseil supérieur de la santé, et tiennent compte de données sur des larges populations de plus de 55 ans. "Ces données écossaises, appuyées par les données anglaises, vont dans le sens des recommandations de l'OMS: ce vaccin peut être utilisé par toutes les personnes de plus de 18 ans."Selon les données en provenance de l'étranger également, la durée entre les deux doses pourra être davantage espacée: jusqu'ici, elle était de trois à quatre semaines, elle pourrait passer à six semaines. Concrètement, en Belgique, le nombre de jours entre les deux doses pourrait passer de 21 à 35, selon cet avis. "La deuxième dose du vaccin Pfizer doit rester aussi proche des 21 jours, précise Yves Van Laethem. La période pourrait être aménagée jusqu'à 42 jours, mais le Conseil supérieur précise que l'idéal serait de rester à 35 jours." Il s'agit de tenir compte, dans ce cas, de l'apport de ce délai allongé pour faire face à la situation épidémiologique et, plus précisément aujourd'hui, éviter une troisième vague.Cette information est cruciale car elle permettrait à notre pays de conserver moins de stocks de vaccins, pour garantir rapidement la seconde dose. Ce matin encore, la députée Catherine Fonck (CDH) s'indignait du fait que pas moins de 554 450 doses de vaccins restaient stockées. Par contre, le Conseil supérieur de la santé ne se prononce pas au sujet de la possibilité de ne pas octroyer de seconde dose: il ,'existe pas de donées scientifiques permettant de décider en ce sens, à ce jour. "Mais tout cela peut encore évoluer", précise Yves Van Laethem.A ce jour ,environ 2,7 % de la population a reçu les deux doses de vaccin.Face aux critiques de plus importantes quant à la lenteur du processus, les ministres de la Santé ont annoncé qu'ils reverraient la stratégie vaccinale de notre pays. Les dernières images de centres de vaccination quasiment vides ont augmenté l'impatience de la population, alors que les chiffres épidémiologiques restent préoccupants.Dimanche dernier, le ministre fédéral de la santé publique, Frank Vandenbroucke, avait qualifié de "gamechanger" le fait que le vaccin AstraZeneca puisse être administré aux personnes plus âgées, les ministres régionaux Christie Morreale (Wallonie, PS) et Alain Maron (Bruxelles, Ecolo) abondant dans le même sens. Une réunion de la conférence interministérielle de la santé pourrait avoir lieu mardi en fin d'après-midi ou mercredi pour adapter la stratégie.