Mme Wilmès "a confirmé la démission du gouvernement" tandis que "le Roi a chargé la Première ministre de la poursuite de l'expédition des affaires courantes", a précisé le Palais.

Sophie Wilmès, 44 ans, remplace donc désormais Charles Michel pour permettre à celui-ci d'endosser son nouveau rôle de président du Conseil européen.

Née en janvier 1975, ancienne élève de l'Institut des hautes études des communications sociales (IHECS), Sophie Wilmès a fait ses débuts en politique comme conseillère communale à Uccle en 2000. Son fief électoral a ensuite été Rhode-Saint-Genèse, commune cossue située au sud de la capitale. Considérée comme une proche de Charles Michel, qui appartient comme elle au Mouvement réformateur (MR), Mme Wilmès devient députée en 2014 et entre au gouvernement fédéral en septembre 2015.

C'est la première fois qu'une femme est à la tête du gouvernement fédéral. Désignée samedi soir par un comité ministériel restreint, elle se retrouve cependant à la tête d'une équipe sans majorité au Parlement.

Après la nomination de Mme Wilmès, David Clarinval (MR) a prêté serment en tant que ministre du Budget et de la Fonction publique, chargé de la Loterie nationale et de la Politique scientifique, soit les compétences qu'occupait jusqu'ici la nouvelle cheffe de gouvernement.

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"Les affaires courantes ne nous laissent pas énormément de possibilité d'action"

Charles Michel a remis dimanche en fin de journée le badge d'entrée du 16 rue de la Loi à la nouvelle Première ministre Sophie Wilmès, assurant que le gouvernement avait posé, en sa personne, le choix de "la stabilité, la sérénité et la responsabilité".

Arrivant à la tête d'un gouvernement d'affaires courantes, Mme Wilmès (MR) a d'emblée reconnu que son périmètre d'action était limité. "C'est un grand honneur, une grande responsabilité que j'envisage comme un travail de continuité. Les affaires courantes ne nous laissent pas énormément de possibilité d'agir, et j'appelle donc à la formation d'un gouvernement de plein exercice au plus vite", a-t-elle affirmé.

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"Je suis une personne de dialogue, et il y aura un dialogue à installer", a répondu l'ex-ministre du Budget à la question de l'absence d'une majorité gouvernementale à la Chambre. Elle juge "irresponsable" l'épisode de ce jeudi, quand un amendement budgétaire du PTB créant un fonds d'urgence "blouses blanches" a été adopté avec le soutien des socialistes, des écologistes et de l'extrême droite.

Si elle reconnaît sans peine la nécessité de soutenir davantage le secteur des soins de santé, elle déplore l'adoption de cet amendement "sans débat de fond ni connaissance budgétaire".

Plus de gouvernement de plein exercice depuis décembre 2018

Pour rappel la Belgique n'a plus de gouvernement de plein exercice depuis décembre 2018, et les négociations pour former une nouvelle coalition piétinent depuis les élections législatives du 26 mai.

Cinq mois après les dernières élections législatives, marquées par une progression du vote écologiste et des extrêmes et offrant un paysage encore plus morcelé, les négociations entre partis ont très peu progressé pour la formation d'un gouvernement fédéral.

A la manoeuvre depuis début octobre, le PS et la N-VA, premiers partis respectivement au sud et au nord du pays, doivent d'abord s'efforcer de gommer leurs antagonismes avant de pouvoir élaborer un programme de gouvernement et entraîner derrière eux des partenaires, vraisemblablement libéraux et centristes.

Un premier rapport de leur travail exploratoire doit être remis au roi Philippe le 4 novembre.

L'échéance des préformateurs est aussi celle de la tentative jaune-violette (Calvo)

La date du 4 novembre à laquelle les préformateurs Geert Bourgeois (N-VA) et Rudy Demotte (PS) doivent remettre leur rapport de mission au Roi doit aussi être l'échéance de la tentative d'associer les nationalistes flamands aux socialistes et libéraux dans un gouvernement fédéral, a affirmé dimanche le député Kristof Calvo, chef du groupe Ecolo-Groen à la Chambre, sur le plateau du Zevende Dag (VRT).

Si les préformateurs ne sont pas parvenus d'ici là à engranger une percée pour ce type de coalition "jaune-violette", il faudra passer à un autre chapitre, à la recherche d'une autre coalition, a ajouté le député d'opposition. "C'est maintenant que l'on doit vérifier si un mariage entre la N-VA et le PS peut ou non réussir", selon M. Calvo. Invité lui aussi par la VRT, le député Egbert Lachaert (Open Vld) a rejeté cette échéance, tout en reconnaissant que les deux partis arrivés en tête dans leur Communauté devaient faire la clarté. "J'entends qu'ils se voient régulièrement, même en dehors des préformateurs, pour aplanir le terrain..." M. Lachaert juge probable qu'on en arrive à une vraie discussion communautaire. "Nous nous préparons à ce qu'un débat arrive à un certain moment, sur l'État et son organisation". Dans l'attente d'un nouvel exécutif de plein exercice, la coopération entre le parlement et le gouvernement d'affaires courantes est cruciale, a-t-il souligné, après le vote jeudi à la Chambre d'un amendement budgétaire du PTB soutenu par les socialistes, les écologistes et l'extrême droite. "Faire de la politique sur le dos des douzièmes provisoires, comme cela s'est passé cette semaine, met le pays en difficulté. Ce n'est vraiment pas une manière d'agir. Chacun est libre de faire des propositions et de provoquer des votes, mais ce que nous ne pouvons pas faire, c'est plonger les autorités dans la crise". Kristof Calvo a répliqué que c'est grâce à l'opposition de gauche que les douzièmes provisoires ont été à chaque fois adoptés. "Nous soutenons cette pratique pour faire marcher le pays. La N-VA, par exemple, a souscrit au budget initial, mais elle ne vote pas les douzièmes provisoires", a-t-il fait observer.