"En Belgique, Bart De Wever relance son projet séparatiste": voilà comment le quotidien français Le Monde évoque ce lundi la récente double sortie de Bart De Wever, président de la N-VA, suggérant un rapprochement de la Flandre et des Pays-Bas. En exprimant son "rêve" d'une grande force économique néerlandaise les 20 et 27 juillet, le leader nationaliste a remis le débat institutionnel sur la table d'une étonnnte façon.
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"En Belgique, Bart De Wever relance son projet séparatiste": voilà comment le quotidien français Le Monde évoque ce lundi la récente double sortie de Bart De Wever, président de la N-VA, suggérant un rapprochement de la Flandre et des Pays-Bas. En exprimant son "rêve" d'une grande force économique néerlandaise les 20 et 27 juillet, le leader nationaliste a remis le débat institutionnel sur la table d'une étonnnte façon.Cette tendance est très minoritaire, même au sein du courant nationaliste, souligne d'ailleurs dans les colonnes du quotidien Dave Sinardet, professeur à l'Université libre néerlandophone de Bruxelles (VUB). Il rappelle: "Toutes les enquêtes confirment que 10 % au maximum des Flamands adhèrent au projet séparatiste"."Le plus étrange est que M. De Wever relance, aujourd'hui, l'idée séparatiste alors que son parti n'en parlait plus", dit encore Dave Sinardet au Monde. "D'autres observateurs ne voient donc dans ce propos qu'une tentative pour ramener dans le giron de la N-VA les partisans les plus radicaux du courant nationaliste, qui ont rejoint le Vlaams Belang", écrit Jean-Pierre Stroobants, correspondant du journal à Bruxelles. Dans les derniers sondages, la N-VA reprenait quelques couleurs après avoir perdu bien des électeurs partis vers l'extrême droite.Le quotidien français souligne encore qu'aux Pays-Bas, "l'hypothèse d'une intégration de la Flandre fait plutôt sourire". Seul le leader d'extrême droite Geert Wilders s'était exprimé en sa faveur, mais il "n'en a plus jamais parlé depuis, d'autant que ses homologues flamands montraient peu d'enthousiasme, jugeant leurs voisins trop tolérants et trop progressistes sur diverses questions de société".Finalement, ce sont les médias francophones belges qui se sont montrés les plus véhéments dans leurs réactions, constate Le Monde.Des réactions positives? Il fallait se rendre sur le site de Doorbraak, média du Mouvement flamand, pour découvrir un zeste d'enthousiasme, en fin de semaine passée. Frans Crols, ancien rédacteur en chef de l'hebomadaire économique Trends, estime que "Bart De Wever et la N-VA regardent vers 2050". "Une maturation de la Flandre et des Pays-Bas (Nederland) dans le sens d'un Royaume des Pays Bas (Lage Landen), est prospère, "trendy" et pleine de perspectives, écrit-il. Fini des sempiternelles jérémiades belges!"Le journaliste énumère les atouts économiques qui permettraient à la Flandre zt aux Pays-Bas se se renforcer et évoque un "âge d'or" passé. "La Compagnie des Indes Orientales, la première multinationale au monde, avait une Chambre - de Kamer van Verre - au sein de laquelle des Néerlandais méridionaux d'Anvers, d'Ypres et de Gand (qui, pour des raisons religieuses, s'établirent à Amsterdam), de Leiden et de Haarlem participaient en tant que prêteurs, rappelle-t-il (...). Bart De Wever doit raconter régulièrement à nos voisins du nord (qui le sont encore provisoirement) à quel point les Flamands et les Brabançons du Nord ont joué un rôle fondamental dans le succès de l'Age d'Or des Pays-Bas du Nord. Les Néerlandais ne connaissent pas cette partie de leur histoire."Cela dit, Frans Crols évoque aussi dans son texte un autre rêve de rapprochement avec les Pays-Bas, celui cultivé par Maurice Lippens à la tête de Fortis, et il faut bien reconnaître que celui-ci ne s'est pas forcément bien terminé dans les affres de la crise bancaire de 2007-2008..