Cela semble ne jamais en finir, à donner le tournis. Le rythme des révélations sur des "affaires", en Belgique, est régulier, tel un métronome. Le parfum de cette fin d'hiver a un petit air de déjà-vu, quand les affaires Publifin et Samusocial obscurcissaient le ciel.
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Cela semble ne jamais en finir, à donner le tournis. Le rythme des révélations sur des "affaires", en Belgique, est régulier, tel un métronome. Le parfum de cette fin d'hiver a un petit air de déjà-vu, quand les affaires Publifin et Samusocial obscurcissaient le ciel.A Liège, le licenciement pour faute grave de Luc Partoune, CEO de l'aéroport de Liège, est un nouvel avatar de la pieuvre Nethys. Un conseil d'administration de l'aéroport s'est tenu en urgence mardi pour le décider. Il a pris connaissance des premiers résultats de l'enquête interne menée par le consultant Deloitte, qui a montré a montré une série d'irrégularités commises par Luc Partoune. Mardi soir, le quotidien La Meuse évoquait une quarantaine d'infractions, des emplois fictifs, des marchés publics truquées et de la corruption."On ne peut plus accepter, que ce soit à Liège ou ailleurs en Wallonie, qu'il y ait des écarts de comportements avec de l'argent public, commente le ministre wallon en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke (MR) au micro de la RTBF. Un aéroport, c'est une institution. Et je crois qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Je sais aussi que Luc Partoune a fait du bon travail, mais en aucun cas ça ne justifie le dérapage par rapport à des règles qui sont des règles essentielles de gouvernance."Cette décision de licencier Luc Partoune intervient alors que le ministre wallon avait déjà exigé la semaine dernière que toute la clarté soit faite à propos de la convention conclue entre l'aéroport et la société JCP Conseil de Jean-Claude Phlypo, ancien patron de la Société régionale wallonne de transport public et ex-échevin socialiste à Blégny.Le PTB s'indigne toutefois du nouveau refus qu'un débat d'actualité soit organisé à ce sujet au parlement wallon. "Que veut-on cacher?", demande son porte-parole, German Mugemangango.Le tout survient alors que l'affaire Nethys a connu une accélération judiciaire ces dernières semaines, avec l'inculpation et l'arrestation de Stéphane Moreau, notamment, et que des enquêtes sont menées afin de trouver d'éventuelles "mains invisibles" dans ce scandale aux multiples dimensions.En Région bruxelloise, l'Office central pour la répression de la corruption (Police fédérale) mène depuis plusieurs semaines une série d'investigations au sein de l'ERIP, l'Ecole régionale et intercommunale de police, révèle ce mercredi matin la RTBF. Le parquet de Bruxelles a confirmé à la chaîne publique qu'un dossier a été ouvert "afin de déterminer si une infraction pénale a été commise ou non". Brusafe, la nouvelle école régionale des métiers de sécurité et de prévention, serait en ligne de mire. Destinée à devenir une référence dans le domaine, Brusafe n'avait jusqu'à la fin de l'année dernière aucune existence juridique et s'appuyait sur l'ERIP pour engager et payer son personnel, effectuer ses achats de matériel et passer des marchés publics. Son intégration s'est mal passée et l'ancienne directrice de l'ERIP était sortie dans la presse, en 2019 déjà, pour dénoncer engagements de collaborateurs hors de tout contrôle, notes de frais "faramineuses", événement de promotion organisé au Heysel pour un coût de 449.000 euros et contrat d'organisation "peu transparent" conclu avec une seule et même société. Voilà ce que la justice investiguerait.La Flandre n'est pas en reste. Depuis deux jours, la presse du nord du pays évoque longuement l'affaire El Kaouakibi, du nom de l'entrepreneuse Sihame El Kaouakibi. Figure montante en Flandre, cette jeune femme s'est fait un nom en créant le projet Let's Go Urban à Anvers et a obtenu la deuxième place suur la liste libérale aux élections régionales de 209 - elle a été élue au parlement flamand. Il y a cinq jours, une enquête était ouverte par le parquet suite à un audit interne démontrant qu'il y avait une trop grande porosité entre Let's Go Urban et les affaires privées de l'élue libérale. Ce n'est pas tout : Sihame El Kaouakibi aurait également reçu 50000 euros de la présidente de l'Open VLD de l'époque, Gwendolyn Rutten, pour lancer sa carrière politique, ce qui ne manque pas de susciter une avalanche de désapprobations au Nord."Nous aimerions avoir davantage de transparence et de clarté au sujet de toute cette affaire, a souligné ce mercredi matin Egbert Lachaert, actuel président de l'Open VLD, à la VRT. J'attends des textes et des explications, je prendrai toutes les actions nécessaires en tant que président de parti." Des analystes de la presse flamande s'étonnent, déjà, du fait que le principal responsable du parti ne soit pas au courant, que certains montants ne se trouvent pas dans la comptabilité de l'Open VLD.Cette nouvelle vague d'affaires risque d'accentuer la rupture de confiance entre les élus et la population. Elle témoigne aussi de la nécessité d'oeuvrer à une plus grande transparence de la gestion publique.