Les raisons invoquées pour destituer le désormais ex-président de la FGTB, Robert Vertenueil, sont hallucinantes. On lui reproche d'avoir, sans mandat, plaidé en faveur d'un nouveau Pacte social, lors d'une interview au "Soir" le mettant face à Georges-Louis Bouchez, le patron du MR. Robert Vertenueil n'a pas négocié avec la droite, il ne s'est pas rallié au néo-libéralisme, il n'a pas violé une ligne du programme de la FGTB. Mais il est dehors.

Le PTB devra rendre des comptes

La main du PTB ? Un grand complot ? Certainement pas. Simplement, une partie de la base et des cadres du syndicat se sont radicalisés. Pour tous ceux-là, quand on croise un adversaire politique, on change de trottoir. On ne discute pas. On ne dialogue pas. C'est une régression. Le niveau zéro de la politique. Mais c'est la ligne du PTB, qui n'est pas intervenu directement dans les bisbrouilles de la FGTB, mais dont les militants, de plus en plus présents dans les structures, ont installé un climat hostile à la démarche réformiste de Robert Vertenueil.

L'ex-président de la FGTB ne ménageait pas le PTB. Il ne supportait pas le refus de ce parti d'exercer la moindre responsabilité. "Le PTB a gagné les élections et il n'en fait rien", déclarait-il au "Soir", fin août 2019. "Ils devront rendre des comptes devant l'électeur. Le PTB a fait une campagne tonitruante pour une autre politique mais refuse de monter dans une coalition wallonne, ce qui provoque le retour des libéraux autour de la table ". Et de balancer ce propos cinglant : "Les dirigeants du PTB ont confisqué les voix de leurs électeurs, ils leur ont empêché d'avoir une politique de gauche".

Haro sur le réformisme

Les responsables du PTB n'ont jamais attaqué frontalement Robert Vertenueil. Mais ils ne peuvent qu'être satisfaits de l'éviction d'un homme symbolisant à leurs yeux un syndicalisme réformiste, une horreur pour tous ceux qui, comme le PTB, prônent un syndicalisme d'affrontement permanent. Le PTB ne veut pas d'un grand Pacte social, le plus favorable possible aux travailleurs. Il rêve du "Grand Soir". Il ne veut pas d'un compromis équilibré entre partis démocratiques. Il prône la dictature du prolétariat. D'où son exécration du PS et de la social-démocratie en général, suspecte de "trahir la classe ouvrière". Le PTB n'accepte aucun compromis, qu'il assimile toujours à une compromission.

Les boss du PTB ne se réjouiront évidemment pas publiquement de la destitution de Robert Vertenueil. Ils ont mieux à faire, poursuivre leur implantation - surtout celle de leurs thèses - dans les structures de la FGTB. Il faut reconnaître que les militants du PTB au sein du syndicat sont des militants hyper-actifs, combatifs, infatigables. Ils font souvent du bon boulot pour installer un rapport de forces face à un patronat qui, ces dernières années, s'est cru tout permis. Ils ont des qualités. Dommage que leur parti cultive un sectarisme peu compatible, sur le long terme, avec des conquêtes sociales qui n'ont jamais été possible, dans l'histoire du mouvement ouvrier, que lorsque la gauche était unie.

Contre la "presse bourgeoise"

Ce n'est pas le PTB qui a eu la peau du président de la FGTB. Il n'empêche que dans les rangs PTBistes, on ne fait pas mystère de sa satisfaction. Ce 7 juin, sur son blog, le journaliste-réalisateur Hugues Le Paige, compagnon de route du PTB et l'un des principaux porte-voix des thèses de ce parti dans le monde intellectuel, a publié un texte intitulé "Le pacte social, le syndicat et la 'presse bourgeoise'". Il ironise à propos de Robert Vertenueil : "Pour une fois qu'un dirigeant syndical trouve grâce aux yeux des éditorialistes en chef des quotidiens francophones dits 'de référence', voilà qu'il se fait rabrouer par ses troupes ". Hugues Le Paige enfonce encore un peu plus Robert Vertenueil en affirmant : "Minauder avec Bouchez relève de l'inconscience ou de l'aveuglement ". Et de conclure par une attaque en règle contre " la presse bourgeoise" qui dénonce la main du PTB dans les ennuis de Robert Vertenueil". Les attaques contre "la presse bourgeoise" sont un grand classique dans l'histoire de l'archéo-communisme. L'air du temps PTBiste a décidément des relents rétro pas très sympathiques.

Les raisons invoquées pour destituer le désormais ex-président de la FGTB, Robert Vertenueil, sont hallucinantes. On lui reproche d'avoir, sans mandat, plaidé en faveur d'un nouveau Pacte social, lors d'une interview au "Soir" le mettant face à Georges-Louis Bouchez, le patron du MR. Robert Vertenueil n'a pas négocié avec la droite, il ne s'est pas rallié au néo-libéralisme, il n'a pas violé une ligne du programme de la FGTB. Mais il est dehors.Le PTB devra rendre des comptesLa main du PTB ? Un grand complot ? Certainement pas. Simplement, une partie de la base et des cadres du syndicat se sont radicalisés. Pour tous ceux-là, quand on croise un adversaire politique, on change de trottoir. On ne discute pas. On ne dialogue pas. C'est une régression. Le niveau zéro de la politique. Mais c'est la ligne du PTB, qui n'est pas intervenu directement dans les bisbrouilles de la FGTB, mais dont les militants, de plus en plus présents dans les structures, ont installé un climat hostile à la démarche réformiste de Robert Vertenueil.L'ex-président de la FGTB ne ménageait pas le PTB. Il ne supportait pas le refus de ce parti d'exercer la moindre responsabilité. "Le PTB a gagné les élections et il n'en fait rien", déclarait-il au "Soir", fin août 2019. "Ils devront rendre des comptes devant l'électeur. Le PTB a fait une campagne tonitruante pour une autre politique mais refuse de monter dans une coalition wallonne, ce qui provoque le retour des libéraux autour de la table ". Et de balancer ce propos cinglant : "Les dirigeants du PTB ont confisqué les voix de leurs électeurs, ils leur ont empêché d'avoir une politique de gauche".Haro sur le réformismeLes responsables du PTB n'ont jamais attaqué frontalement Robert Vertenueil. Mais ils ne peuvent qu'être satisfaits de l'éviction d'un homme symbolisant à leurs yeux un syndicalisme réformiste, une horreur pour tous ceux qui, comme le PTB, prônent un syndicalisme d'affrontement permanent. Le PTB ne veut pas d'un grand Pacte social, le plus favorable possible aux travailleurs. Il rêve du "Grand Soir". Il ne veut pas d'un compromis équilibré entre partis démocratiques. Il prône la dictature du prolétariat. D'où son exécration du PS et de la social-démocratie en général, suspecte de "trahir la classe ouvrière". Le PTB n'accepte aucun compromis, qu'il assimile toujours à une compromission.Les boss du PTB ne se réjouiront évidemment pas publiquement de la destitution de Robert Vertenueil. Ils ont mieux à faire, poursuivre leur implantation - surtout celle de leurs thèses - dans les structures de la FGTB. Il faut reconnaître que les militants du PTB au sein du syndicat sont des militants hyper-actifs, combatifs, infatigables. Ils font souvent du bon boulot pour installer un rapport de forces face à un patronat qui, ces dernières années, s'est cru tout permis. Ils ont des qualités. Dommage que leur parti cultive un sectarisme peu compatible, sur le long terme, avec des conquêtes sociales qui n'ont jamais été possible, dans l'histoire du mouvement ouvrier, que lorsque la gauche était unie.Contre la "presse bourgeoise"Ce n'est pas le PTB qui a eu la peau du président de la FGTB. Il n'empêche que dans les rangs PTBistes, on ne fait pas mystère de sa satisfaction. Ce 7 juin, sur son blog, le journaliste-réalisateur Hugues Le Paige, compagnon de route du PTB et l'un des principaux porte-voix des thèses de ce parti dans le monde intellectuel, a publié un texte intitulé "Le pacte social, le syndicat et la 'presse bourgeoise'". Il ironise à propos de Robert Vertenueil : "Pour une fois qu'un dirigeant syndical trouve grâce aux yeux des éditorialistes en chef des quotidiens francophones dits 'de référence', voilà qu'il se fait rabrouer par ses troupes ". Hugues Le Paige enfonce encore un peu plus Robert Vertenueil en affirmant : "Minauder avec Bouchez relève de l'inconscience ou de l'aveuglement ". Et de conclure par une attaque en règle contre " la presse bourgeoise" qui dénonce la main du PTB dans les ennuis de Robert Vertenueil". Les attaques contre "la presse bourgeoise" sont un grand classique dans l'histoire de l'archéo-communisme. L'air du temps PTBiste a décidément des relents rétro pas très sympathiques.