On la surnomme la ceinture rouge. Cette couronne de communes autour de la ville de Liège qui, depuis parfois plus d'un siècle, sont dirigées par des majorités absolues socialistes. Seraing (119 ans), Herstal (106 ans), Ans (97 ans), Saint-Nicolas (idem)... Des entités au passé ouvrier et à l'électorat souvent modeste, où le PS régresse lentement de scrutin en scrutin tout en y restant dominant. Ces élections communales cuvée 2018 confirment ce déclin progressif, en l'accentuant : le parti socialiste passe quasi partout sous la barre des 50%.

En 2012, dans sept de ces communes (sur dix), le PS y récoltait encore plus de la moitié des suffrages. Six ans plus tard... une seule y parvient encore. Celle de Blegny, où le bourgmestre et ancien député wallon Marc Bolland a réussi à faire gagner 7,76 % à sa liste, engrangeant 58,54% (!) des votes. Autre progression socialiste à Ans, où les rouges remontent de 2,28% (45,32% au total). Grégory Philippin y deviendra bourgmestre, lui qui avait succédé à Stéphane Moreau un jour de scandale Publifin. Le retrait politique forcé du patron de Nethys n'a donc pas porté préjudice à son ancienne formation politique, que du contraire. Peut-être Stéphane Moreau était-il - comme certains ténors liégeois l'affirmaient en off - plus craint que populaire...

Partout ailleurs, le PS baisse. La dégringolade la plus spectaculaire revient à Soumagne. Paf ! -26,31%. La fin de 97 ans de domination socialiste, due à de nombreuses dissensions internes. À Flémalle aussi, commune de la ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles Isabelle Simonis, la chute est rude : -8,78%. Le PS de Seraing a probablement pâti de l'absence de l'aussi controversé que populaire Alain Mathot : -7,58% des voix. La tête de liste Francis Bekaert lui succédera, la député wallonne Déborah Géradon, qui se présentait en 2ème position, n'ayant pas réussi à être la plus populaire. A 186 voix près.

À Herstal, le PS de Frédéric Daerden a eu beau s'associer à son partenaire de majorité EPH (tendance cdH), il s'est malgré tout affaibli (-2,59%). Même tendance à la baisse, plus ou moins marquée (voir tableau ci-dessous) à Saint-Nicolas, Beyne-Heusay, Oupeye et Grâce-Hollogne. Mais si le nombre de votes rouges a faibli, le nombre de sièges (système de calcul électoral oblige) permet au PS de conserver sa majorité malgré tout. Parfois de justesse (Seraing, Beyne-Heusay...) Jusqu'au prochain scrutin ?

Quand le PS liégeois pleure, désormais, c'est le PTB qui rit. Le parti d'extrême gauche avait volontairement présenté des listes dans cette ceinture rouge, avec pour ambition de la faire craqueler. Ou, comme nous confiait métaphoriquement Raoul Hedebouw en avril dernier, avec la volonté "d'en faire un bon bordeaux, plus un mauvais rosé". Le porte-parole du PTB aura probablement fait sauter les bouchons, en découvrant les résultats de dimanche. De Seraing à Herstal en passant par Saint-Nicolas, Grâce-Hollogne, Oupeye et Flémalle, son parti a progressé à chaque fois d'une dizaine de pour cent. Reste à savoir, désormais, si le bordeaux a réellement meilleur goût que le rosé.

PS20182012ProgressionSièges
1. Ans45,32%43,04%+2,28%16/27
2. Seraing42,77%50,35%-7,58%20/39
3. Saint-Nicolas49,96%56,56%-6,60%16/25
4. Beyne-Heusay49,48%52,07%-2,59%12/23
5. Grâce-Hollogne42,11%52,25%-10,14%15/27
6. Herstal49,01%51,06%-2,05%19/33
7. Blegny58,54%50,78%+7,76%15/23
8. Oupeye41,41%44,89%-3,49%14/29
9. Flémalle45,87%54,65%-8,78%17/29
10. Soumagne22,49%48,85%-26,31%6/25

Et dans les communes où les libéraux ne progressent pas, le PTB s'en charge. Il cartonnait déjà à Seraing et Herstal, il présentera cette fois des listes ailleurs dans cette ceinture rouge (Flémalle, Grâce-Hollogne, Saint-Nicolas, Oupeye et Visé, exception bleue). Exprès. "Notre objectif est de la conquérir, s'enthousiasme Raoul Hedebouw. Il est temps d'en faire un bon bordeaux, plus un mauvais rosé." Le parti d'extrême gauche rêve d'un Borgerhout liégeois, seule commune flamande où il a intégré une majorité.

On la surnomme la ceinture rouge. Cette couronne de communes autour de la ville de Liège qui, depuis parfois plus d'un siècle, sont dirigées par des majorités absolues socialistes. Seraing (119 ans), Herstal (106 ans), Ans (97 ans), Saint-Nicolas (idem)... Des entités au passé ouvrier et à l'électorat souvent modeste, où le PS régresse lentement de scrutin en scrutin tout en y restant dominant. Ces élections communales cuvée 2018 confirment ce déclin progressif, en l'accentuant : le parti socialiste passe quasi partout sous la barre des 50%.En 2012, dans sept de ces communes (sur dix), le PS y récoltait encore plus de la moitié des suffrages. Six ans plus tard... une seule y parvient encore. Celle de Blegny, où le bourgmestre et ancien député wallon Marc Bolland a réussi à faire gagner 7,76 % à sa liste, engrangeant 58,54% (!) des votes. Autre progression socialiste à Ans, où les rouges remontent de 2,28% (45,32% au total). Grégory Philippin y deviendra bourgmestre, lui qui avait succédé à Stéphane Moreau un jour de scandale Publifin. Le retrait politique forcé du patron de Nethys n'a donc pas porté préjudice à son ancienne formation politique, que du contraire. Peut-être Stéphane Moreau était-il - comme certains ténors liégeois l'affirmaient en off - plus craint que populaire...Partout ailleurs, le PS baisse. La dégringolade la plus spectaculaire revient à Soumagne. Paf ! -26,31%. La fin de 97 ans de domination socialiste, due à de nombreuses dissensions internes. À Flémalle aussi, commune de la ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles Isabelle Simonis, la chute est rude : -8,78%. Le PS de Seraing a probablement pâti de l'absence de l'aussi controversé que populaire Alain Mathot : -7,58% des voix. La tête de liste Francis Bekaert lui succédera, la député wallonne Déborah Géradon, qui se présentait en 2ème position, n'ayant pas réussi à être la plus populaire. A 186 voix près. À Herstal, le PS de Frédéric Daerden a eu beau s'associer à son partenaire de majorité EPH (tendance cdH), il s'est malgré tout affaibli (-2,59%). Même tendance à la baisse, plus ou moins marquée (voir tableau ci-dessous) à Saint-Nicolas, Beyne-Heusay, Oupeye et Grâce-Hollogne. Mais si le nombre de votes rouges a faibli, le nombre de sièges (système de calcul électoral oblige) permet au PS de conserver sa majorité malgré tout. Parfois de justesse (Seraing, Beyne-Heusay...) Jusqu'au prochain scrutin ? Quand le PS liégeois pleure, désormais, c'est le PTB qui rit. Le parti d'extrême gauche avait volontairement présenté des listes dans cette ceinture rouge, avec pour ambition de la faire craqueler. Ou, comme nous confiait métaphoriquement Raoul Hedebouw en avril dernier, avec la volonté "d'en faire un bon bordeaux, plus un mauvais rosé". Le porte-parole du PTB aura probablement fait sauter les bouchons, en découvrant les résultats de dimanche. De Seraing à Herstal en passant par Saint-Nicolas, Grâce-Hollogne, Oupeye et Flémalle, son parti a progressé à chaque fois d'une dizaine de pour cent. Reste à savoir, désormais, si le bordeaux a réellement meilleur goût que le rosé. Et dans les communes où les libéraux ne progressent pas, le PTB s'en charge. Il cartonnait déjà à Seraing et Herstal, il présentera cette fois des listes ailleurs dans cette ceinture rouge (Flémalle, Grâce-Hollogne, Saint-Nicolas, Oupeye et Visé, exception bleue). Exprès. "Notre objectif est de la conquérir, s'enthousiasme Raoul Hedebouw. Il est temps d'en faire un bon bordeaux, plus un mauvais rosé." Le parti d'extrême gauche rêve d'un Borgerhout liégeois, seule commune flamande où il a intégré une majorité.