Rarement le PS a occupé une place aussi inconfortable. Un double piège le menace. Les moyens d'y échapper sont, à ce jour, si pas inexistants, à tout le moins, peu clairs.

Une raclée électorale en 2024

Le PS pourrait être perdant à tous les coups. S'il entre dans un gouvernement avec la N-VA, il mécontentera le "peuple de gauche", majoritairement hostile à tout compagnonnage avec la droite nationaliste. Confortablement installé dans l'opposition, le PTB tirera à boulets rouges sur les "traîtres" socialistes. Ecolo, qui a exclu de s'allier avec la N-VA, n'épargnera pas non plus le PS. Au bout du compte , les socialistes subiront une raclée électorale en 2024. Ils perdront leur place de premier parti à Bruxelles, et peut-être même en Wallonie.

Négocier l'après-Belgique ?

Si le PS refuse de former un gouvernement avec la N-VA, le blocage sera total. L'Open VLD et le CD&V ne sont pas fous : ils savent que tourner le dos à Bart De Wever pour se jeter dans les bras de Paul Magnette, serait suicidaire. Le retour aux urnes, sans doute à l'automne, sera inévitable .

En cas d'élections anticipées, le PS sauvera peut-être les meubles. Il fera campagne sur le thème : "Nous, socialistes, avons fait barrage à la N-VA". Un slogan efficace. Mais en Flandre, les résultats risquent d'être terribles : Vlaams Belang premier parti, N-VA en second, ensemble les deux formations obtiendront sans doute la majorité. En Wallonie, le PS restera en pole position. Mais il ne saura rien faire de son très relatif succès. La Belgique vacillera. Après avoir refusé de gouverner avec la N-VA, les socialistes seront bien obligés de s'asseoir à une table avec Bart De Wever pour négocier l'après-Belgique. Une horreur pour le PS.

Le PS dans la mouise, le MR plus cool

Autre hypothèse : le pays échappe au scrutin anticipé, le PS soutient de l'extérieur, au cas par cas, un gouvernement minoritaire sans la N-VA, se traînant cahin-caha jusqu'à la fin de la législature. Ce scénario improbable n'est guère plus rose pour les socialistes. Car il est douteux qu'un gouvernement à ce point fragile adopte la moindre réforme socio-économique marquée à gauche.

Le PS est donc dans la mouise. Davantage que le MR, qui dispose d'un atout important : il a le monopole à droite, et pour longtemps. Le PS, pour sa part, a deux concurrents à gauche, le PTB et Ecolo, tous deux en bonne forme électorale. Rien de semblable au MR qui peut se réjouir de l'échec - puis la disparition - du Parti Populaire de Modrikamen et des Listes Destexhe. Reste un mini parti, la Droite citoyenne, sans aucun élu, donc sans visibilité. Les libéraux ont un boulevard devant eux pour rassembler largement, de la droite de la droite au centre-droit.

Autre atout du MR : Sophie Wilmès. La Première ministre pourrait séduire une frange de l'électorat centriste, du CDH voire de Défi. Pour l'heure, elle est le parfait complément de son président de parti, Georges-Louis Bouchez, dont le positionnement est davantage marqué au centre-droit. Dans le bras-de-fer PS-MR, les libéraux ont quelques raisons d'être plus cool que leurs concurrents socialistes.

Marqueur de gauche

Le PS doit résoudre une équation difficile. Comment marquer des buts face à un MR qui a en mains de bonnes cartes électorales, tout en résistant aux snipers survitaminés du PTB, et à des écologistes eux aussi en phase ascendante ? Il n'y a pas de réponse simple à cette question. Une évidence cependant : le refus de gouverner avec la N-VA est un marqueur de gauche essentiel, en Belgique francophone.

La base du PS n'est pas prête à faire un pas de danse avec Bart De Wever. Les dirigeants socialistes doivent en tenir compte. S'ils montent au gouvernement fédéral avec les nationalistes, ils apparaîtront comme ceux qui ont dédiabolisé la N-VA... après l'avoir longtemps diabolisée. La sanction sera lourde. Le PTB et Ecolo tailleront des croupières au PS, qu'ils accuseront de toutes les turpitudes.

Un petit miracle

Le PS a beaucoup à perdre s'il s'allie avec la droite flamingante. L'arithmétique électorale plaide pour un "grand accord historique" entre le PS et la N-VA, les deux principaux partis démocratiques du pays. Mais, talonnée par le Vlaams Belang, la N-VA n'adoucira pas son programme très à droite. Le PS égratignera fortement son identité de gauche s'il entre dans un gouvernement avec la N-VA. Reste donc l'option d'un scrutin anticipé. En espérant un petit miracle : un net recul électoral de la N-VA et une percée moins forte que prévu du Vlaams Belang. Il est toujours permis de rêver.

Rarement le PS a occupé une place aussi inconfortable. Un double piège le menace. Les moyens d'y échapper sont, à ce jour, si pas inexistants, à tout le moins, peu clairs.Une raclée électorale en 2024Le PS pourrait être perdant à tous les coups. S'il entre dans un gouvernement avec la N-VA, il mécontentera le "peuple de gauche", majoritairement hostile à tout compagnonnage avec la droite nationaliste. Confortablement installé dans l'opposition, le PTB tirera à boulets rouges sur les "traîtres" socialistes. Ecolo, qui a exclu de s'allier avec la N-VA, n'épargnera pas non plus le PS. Au bout du compte , les socialistes subiront une raclée électorale en 2024. Ils perdront leur place de premier parti à Bruxelles, et peut-être même en Wallonie.Négocier l'après-Belgique ?Si le PS refuse de former un gouvernement avec la N-VA, le blocage sera total. L'Open VLD et le CD&V ne sont pas fous : ils savent que tourner le dos à Bart De Wever pour se jeter dans les bras de Paul Magnette, serait suicidaire. Le retour aux urnes, sans doute à l'automne, sera inévitable .En cas d'élections anticipées, le PS sauvera peut-être les meubles. Il fera campagne sur le thème : "Nous, socialistes, avons fait barrage à la N-VA". Un slogan efficace. Mais en Flandre, les résultats risquent d'être terribles : Vlaams Belang premier parti, N-VA en second, ensemble les deux formations obtiendront sans doute la majorité. En Wallonie, le PS restera en pole position. Mais il ne saura rien faire de son très relatif succès. La Belgique vacillera. Après avoir refusé de gouverner avec la N-VA, les socialistes seront bien obligés de s'asseoir à une table avec Bart De Wever pour négocier l'après-Belgique. Une horreur pour le PS.Le PS dans la mouise, le MR plus coolAutre hypothèse : le pays échappe au scrutin anticipé, le PS soutient de l'extérieur, au cas par cas, un gouvernement minoritaire sans la N-VA, se traînant cahin-caha jusqu'à la fin de la législature. Ce scénario improbable n'est guère plus rose pour les socialistes. Car il est douteux qu'un gouvernement à ce point fragile adopte la moindre réforme socio-économique marquée à gauche.Le PS est donc dans la mouise. Davantage que le MR, qui dispose d'un atout important : il a le monopole à droite, et pour longtemps. Le PS, pour sa part, a deux concurrents à gauche, le PTB et Ecolo, tous deux en bonne forme électorale. Rien de semblable au MR qui peut se réjouir de l'échec - puis la disparition - du Parti Populaire de Modrikamen et des Listes Destexhe. Reste un mini parti, la Droite citoyenne, sans aucun élu, donc sans visibilité. Les libéraux ont un boulevard devant eux pour rassembler largement, de la droite de la droite au centre-droit.Autre atout du MR : Sophie Wilmès. La Première ministre pourrait séduire une frange de l'électorat centriste, du CDH voire de Défi. Pour l'heure, elle est le parfait complément de son président de parti, Georges-Louis Bouchez, dont le positionnement est davantage marqué au centre-droit. Dans le bras-de-fer PS-MR, les libéraux ont quelques raisons d'être plus cool que leurs concurrents socialistes.Marqueur de gaucheLe PS doit résoudre une équation difficile. Comment marquer des buts face à un MR qui a en mains de bonnes cartes électorales, tout en résistant aux snipers survitaminés du PTB, et à des écologistes eux aussi en phase ascendante ? Il n'y a pas de réponse simple à cette question. Une évidence cependant : le refus de gouverner avec la N-VA est un marqueur de gauche essentiel, en Belgique francophone.La base du PS n'est pas prête à faire un pas de danse avec Bart De Wever. Les dirigeants socialistes doivent en tenir compte. S'ils montent au gouvernement fédéral avec les nationalistes, ils apparaîtront comme ceux qui ont dédiabolisé la N-VA... après l'avoir longtemps diabolisée. La sanction sera lourde. Le PTB et Ecolo tailleront des croupières au PS, qu'ils accuseront de toutes les turpitudes.Un petit miracleLe PS a beaucoup à perdre s'il s'allie avec la droite flamingante. L'arithmétique électorale plaide pour un "grand accord historique" entre le PS et la N-VA, les deux principaux partis démocratiques du pays. Mais, talonnée par le Vlaams Belang, la N-VA n'adoucira pas son programme très à droite. Le PS égratignera fortement son identité de gauche s'il entre dans un gouvernement avec la N-VA. Reste donc l'option d'un scrutin anticipé. En espérant un petit miracle : un net recul électoral de la N-VA et une percée moins forte que prévu du Vlaams Belang. Il est toujours permis de rêver.