Opinion en réponse à l'opinion d'Etienne Dujardin : "Le programme d'Ecolo, le contraire de ce que veulent les classes moyennes ?"

L'engouement écologique fleurissant aux quatre coins du pays tire la sonnette d'alarme. Il met en relief un monde partant à la dérive suite à nos modes de surconsommation et l'immobilisme politique.

Le non-ralliement de la Belgique aux autres pays lors de la Cop 24 et l'opposition à la loi spéciale climat en témoignent. A quoi bon faire de la recherche si ce n'est pas pour en tenir compte ? L'inertie des politiciens est une véritable insulte pour les scientifiques. Le MR avancera peut-être comme argument le blocage de la Flandre et de la NV-A en particulier, mais qui s'est associé à ce parti en trahissant ses citoyens ? Qui avait promis de ne jamais s'allier à un parti nationaliste destructeur pour le pays ?

Les problèmes climatiques vont s'accroître et ce qui est en train de se jouer est l'affaire de tous. Pour tenter d'y pallier, il ne s'agit pas de choisir entre une politique écologique optimiste ou une politique qualifiée à tort de punitive. Il s'agit d'avoir une politique climatique tout court. L'économie de l'e-commerce encouragée par le MR avec Ali Baba est destructrice pour l'environnement et les petits commerçants. En revanche, l'économie circulaire, durable, opposée à l'obsolescence programmée est une économie responsable dans laquelle la classe moyenne et les autres classes sont gagnantes. Vous appelez peut-être ça de l'anticapitalisme, moi j'appelle ça, avoir du bon sens !

Bien sûr, certains politiciens ne manqueront pas de ressasser la polémique des panneaux photovoltaïques, mais pour en discuter honnêtement, il faut remonter aux origines c'est-à-dire en 2007 avec le ministre CDH André Antoine octroyant des certificats verts à profusion malgré les mises en garde du CWAPE. Monsieur Nollet s'est retrouvé sur le fait accompli dans une situation le contraignant à supprimer des primes.

Au niveau migratoire, le constat est pathétique : expulsion des Soudanais, chasses à l'homme, assassinat de la petite Mawda, projet de perquisitions domiciliaires, scandale des visas humanitaires, sans compter l'horreur de la détention des enfants au centre fermé 127 bis. Soit une politique brutale et lâche, une politique si abjecte que même certains dirigeants du MR s'y sont opposés, une politique si écoeurante qu'une partie de la population est intervenue pour protéger les jeunes en transit. Souvenez-vous de la chaîne humaine constituée en 48h au parc Maximilien qui a fait la une des journaux ? Comment qualifier d'humain une politique d'asile qui a bafoué les droits de l'enfant et violé le principe de l'intérêt supérieur de l'enfant ? Vous ne pouvez pas nier ce point vu que le Conseil d'État est intervenu et a demandé l'arrêt de l'enfermement des enfants au 127 bis. Les spécialistes de l'enfance qui se sont rendus sur place ont tous confirmé les dégâts sur la santé mentale de ces enfants.

Ainsi, l'opposition du MR à la régularisation n'a rien d'étonnant. Cependant, il ne s'agit pas de régulariser tous les jeunes de passage, mais des personnes intégrées à la société depuis des années. Certaines ont des enfants scolarisés, d'autres un époux ou une promesse d'emploi. Presque tous les partis démocratiques reconnaissent qu'une régularisation est nécessaire. De nombreux emplois sont en pénurie et de nombreuses personnes souhaitent être engagées pour servir la société. Le hic est que la loi leur interdit de travailler, même Actiris le déplore. Tous les experts économistes et sociologues attestent que l'immigration rapporte économiquement à la société et non l'inverse. En effet, les immigrés participent à l'économie en consommant, en générant des emplois, en participant à la sécurité sociale, mais ça, presque personne ne le dit aux citoyens. L'économiste Bruno Colmant parle même de nécessité de l'immigration au vu du vieillissement de la population.

Quant à la problématique de la radicalisation violente, elle trouvera ses véritables remèdes dans la prévention. C'est bien de mettre des militaires dans les rues, mais c'est encore mieux de donner des perspectives d'avenir aux jeunes pour éviter qu'ils se laissent endoctriner et manipuler par des personnes malintentionnées abusant de leurs faiblesses. Paupériser la population en expulsant notamment des chômeurs mal suivis, agrandir les inégalités sociales ne font qu'augmenter les risques de radicalisation violente, car elles accroissent le décrochage scolaire donc les difficultés d'accès au travail et l'absence de perspectives. C'est ainsi que certains de ces jeunes se réfugient dans des milieux sectaires leur donnant l'illusion qu'ils pourront réussir leur vie et devenir de grands héros. Ceci dit, la radicalisation violente n'est pas une exclusivité islamique : elle se rencontre aussi dans les mouvements d'extrême droite comme nous l'avons vu à Christchurch et même chez nous avec les Schield & vrienden. Pour diminuer ces dérives, l'éducation est fondamentale. S'il y a bien un endroit où il faut injecter de l'argent, c'est bien celui-là. Les activités extrascolaires épinglées dans le programme d'écolo n'impactent en rien la qualité de l'enseignement de base que du contraire, elles la renforcent. Personne ne contredira l'importance des activités sportives pour la santé, l'apprentissage de la musique et de toute forme d'art riche en créativité. N'est-il pas plus constructif de jouer au football, au théâtre ou de peindre plutôt que d'être greffé à Facebook toute la journée ? De telles activités sont donc loin d'être futiles et n'empêchent ni l'apprentissage de la lecture ni celui des tables de multiplication ! Leur gratuité permet justement de réduire les inégalités sociales et d'offrir à chaque jeune un maximum d'ouverture pour aborder la vie de demain.

Nathalie Wilmots, citoyenne