Pascal Goergen, président de DéFI Wallonie et échevin de Grez-Doiceau, explique comment il veut tenter de construire un nouveau rapport à la politique, alors que son parti peine à s'implanter dans le sud du pays. En lançant une opération baptisée "le pari citoyen".
...

Pascal Goergen, président de DéFI Wallonie et échevin de Grez-Doiceau, explique comment il veut tenter de construire un nouveau rapport à la politique, alors que son parti peine à s'implanter dans le sud du pays. En lançant une opération baptisée "le pari citoyen".DéFI en Wallonie, peine à s'imposer en Wallonie, comment espérez-vous y parvenir?Depuis l'élection de François De Smet à la tête de DéFI, le 1er décembre dernier, toutes les sections locales et provinciales ont été renouvelées. Je suis devenu président de DéFI Wallonie à cette époque-là et, depuis début février, nous avons travaillé sur le fond et une stratégie de maillage dans la Région. Actuellement, nous avons 75 élus, nous sommes membres de onze majorités, dont une provinciale à Namur, et nous sommes présents dans environ quatre-vingts commune. C'est dire qu'il y a encore du travail...Votre implantation, sans mauvais jeu de mots, est un vrai défi...Tout à fait. DéFI existe depuis cinquante ans à Bruxelles, l'expérience politique est là, mais il faut désormais aller sur le terrain et, lors de ma campagne interne, j'ai insisté sur la nécessité de rassembler, d'oser et de passer à l'action. Il s'agit aussi de faire autre chose que DéFI à Buxelles parce qu'il y a des spécificités pour se faire reconnaître en Wallonie, avec une autonomie de contenu.Cela signifie mettre en place d'autres accents au sud du pays?C'est indéniable et nous y travaillons avec les élus depuis février. Nous sommes une équipe de municipalistes avec des élus urbains, mais aussi la volonté de nous approprier des thématiques comme l'agriculture, la politique rurale, la mobilité, le RER... Nous travaillons aussi avec nos trois élus à la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire remonter des problématiques propres à la Wallonie, que ce soit en matière d'enseignement ou de soutien au secteur sportif.La deuxième spécificité wallonne, c'est ce que nous mettons en place maintenant, une opération que nous nommons "le pari citoyen" où nous misons sur la participation de tous. Nous voulons vraiment réenchanter la démocratie, recréer le lien entre la Politique et les Wallons et les Wallonnes. Le "i" de DéFI signifie indépendant et nous ne sommes pas attachés à des piliers comme d'autres partis, ce qui est notre force.Votre opération de recherche du citoyen fait curieusement penser à l'initiative de renouveau du CDH, baptisée "Il fera beau demain". Rejoignez-vous cette idée de dépasser le cadre des partis?Je pense que la démarche du CDH est l'expression d'un sauve qui peut. Nous, nous ne travaillons pas pour demain, mais pour aujourd'hui, sur base du vécu du citoyen, qui doit sentir que l'on s'occupe de lui. Notre caractère indépendant est important, les citoyens sont les seuls à qui on doit rendre des comptes : pour le satisfaire, on doit se baser sur leur expertise. C'est pour cela qu'en lançant le "pari citoyen", on a mis en ligne une plateforme pour recueillir leurs idées et leurs contributions sur une série de thèmes comme la santé, le multigénérationnel, la mobilité ou, précisément, la participation citoyenne. Le contexte politique, aujourd'hui, est dantesque avec la crise sanitaire, des urgences de toutes sortes et une coalition Vivaldi qui doit tenter de faire barrage aux populismes en 2024. Le chantier de cette époque est énorme, non?Les citoyens, pour l'instant, ont peur de la crise sanitaire qui touche à leur santé, de tout ce qui concerne leur sécurité en raison du terrorisme, de leur emploi à cause du jeu de dominos effroyable qui sera provoqué par les conséquences de la crise sanitaire, la peur climatique aussi et liée aux migrations... Les incertitudes sont bien plus grandes qu'à l'époque du bipolarisme de la guerre froide. Nous sommes à un moment charnière de notre société et si nous voulons miser sur les citoyens, c'est parce qu'il faut bien se rendre compte qu'on ne peut plus continuer comme ça: s'il faut changer les choses avec de vraies ruptures et des idées nouvelles, sans tabous, c'est maintenant.