La lassitude est là, de plus en plus évidente au sein de la population belge et européenne. Mais le coronavirus ne désarme pas et les experts font réentendre leur voix au coeur du mois de septembre. "Avec 868 nouveaux cas confirmés en une seule journée (le 9 septembre), il y a une augmentation claire et inquiétant, met en garde Anandi Martin, virologue à l'UCLouvain. Les masques doivent être portés."
...

La lassitude est là, de plus en plus évidente au sein de la population belge et européenne. Mais le coronavirus ne désarme pas et les experts font réentendre leur voix au coeur du mois de septembre. "Avec 868 nouveaux cas confirmés en une seule journée (le 9 septembre), il y a une augmentation claire et inquiétant, met en garde Anandi Martin, virologue à l'UCLouvain. Les masques doivent être portés."Le virologue Marc Van Ranst n'est pas en reste. Coutimier des mises en garde, il assène: "Une épidémie qui croît de façon exponentielle + un état d'esprit penchant vers l'assouplissement chez les décideurs, les organes d'avis et la population + des politiques mobilisés par une formation gouvernementale en slow motion. Grand temps pour l'action, sapristi!"Les nouveaux chiffres de Sciensano, ce mardi, font état d'un nombre moyen de contaminations au coronavirus par jour de 746,3 cas entre le 5 et le 11 septembre en Belgique, soit une hausse de 51%. Ils mettent aussi en évidence une moyenne de 30,3 admissions à l'hôpital par jour entre le 7 et le 13 septembre, soit une progression de 13,3 admissions quotidiennes par rapport à la période précédente. Si le nombre de tests plus important explique partiellement l'augmentation du nombre de cas, si le virus semble pour l'instant moins mortel, la menace n'en reste pas moins grande d'une seconde vague en tant que tel en octobre - novembre. "Je me fais du souci, le virus reste dangereux", prévenait lundi Maggie De Block, ministre de la Santé.Le rebond s'explique tout naturellement par un relâchement dans l'applications des mesures de restriction sanitaire, accompagné de plusieurs facteurs de risque en cette période de rentrée : le retour de vacances a directement été suivi d'une reprise à l'école, à l'université et au travail, sans oublier le retour dans les stades de football, notamment. La Belgique a certes maintenu un dispositif plus strict que la France, par exemple, avec nos fameuses "bulles sociales" de cinq personnes - dont nos voisins veulent désormais s'inspirer. Et les protocoles sanitaires sont de mise partout où des rassemblements ont lieu. Mais un rebond semblait toutefois inévitable. Les chiffres augmenteront de façon proportionnelle aux pays voisins, prévenait en outre Yves Coppieters (ULB), la semaine dernière.Politiquement, le dispositif de prévention reste de mise depuis le dernier Conseil national de sécurité, qui avait maintenu la vigilance haute, le 20 août dernier, après un premier rebond durant l'été. La bulle sociale de cinq contacts reste de mise, et ne devrait être replacée par un nouveau concept de "budget contact" qu'à la fin du mois, au mieux, si la situation sanitaire le permet. Le prochain Conseil national de sécurité n'a pas été avancé, il reste programmé le 23 septembre.Les politiques devront trouver les mots justes. Un faeux défi, alors que les enquêtes ont montré le rejet croissant de la population et que les expressions appelant à la responsabilité citoyenne atteignent leurs limites.