"Il fera beau demain": c'est le nom de code de la réflexion initiée par le CDH afin de construire un nouveau mouvement politique. Lancé en janvier 2020, il comptabilise 21992 like sur Facebook et a fédéré de nombreux citoyens lors de débats organisés durant un an et demi - avec la crise sanitaire comme perturbateur. Un enthousiasme modéré était de mise, ainsi qu'un relatif scepticisme de la part de certains habitués des réflexions au sujet d'une "nouvelle politique".
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"Il fera beau demain": c'est le nom de code de la réflexion initiée par le CDH afin de construire un nouveau mouvement politique. Lancé en janvier 2020, il comptabilise 21992 like sur Facebook et a fédéré de nombreux citoyens lors de débats organisés durant un an et demi - avec la crise sanitaire comme perturbateur. Un enthousiasme modéré était de mise, ainsi qu'un relatif scepticisme de la part de certains habitués des réflexions au sujet d'une "nouvelle politique".Le CDH va muter, c'est confirmé, avec un nouveau nom à la clé. Maxime Prévot, son président, le confirme dans la première interview de rentrée de cet été, ce vendredi 13 août à L'Echo. "On a pu associer 20.000 personnes avec la plateforme Il fera beau demain", se réjouit-il. Il y a donc une attente pour un mouvement politique plus participatif et moins empêtré dans les vieilles pratiques. On va réunir les gens et aller à leur rencontre, avec la volonté, fin janvier début février, d'organiser la convention nationale pour qu'un nouveau mouvement politique prenne le relais du cdH avec une doctrine plus en phase avec notre temps." Un premier rendez-vous "réel" de rencontre avec les citoyens est annoncé le 12 septembre à La Louvière.Pour le CDH, il s'agit d'une question de survie alors que certains baromètres d'intentions de vote indiquaient un parti à la dérive, non loin du seuil minimum pour obtenir des élus, singulièrement en Région bruxelloise. C'était le cas en mars 2020. Depuis, le parti a repris un petit peu d'allant, mais l'enjeu de son existence reste posé. Et de son positionnement sur l'échiquier politique, au-delà d'un "centre mou" qui ne parlait plus à grand-monde.En faisant le choix de rester dans l'opposition à tous les niveaux de pouvoir, alors que PS, MR et Ecolo se sont associés au fédéral et en Wallonie (et que DeFI est au pouvoir à Bruxelles), le parti s'est donné les moyens de se regénérer. Et de trouver un ton susceptible de se positionner en tant...qu' alternative à Ecolo, à l'heure où les verts irritent singulièrement les libéraux, mais aussi certains socialistes, avec leurs positionnements tranchés en matière d'environnement et, parfois, leur modèle de société très ouvert.Dans l'entretien à L'Echo, Maxime Prévot se positionne ainsi sur l'enjeu climatique et énergétique. "Je ne m'explique pas la sortie précipitée du nucléaire, souligne-t-il. Je comprends que les écologistes aient voulu imposer la fermeture intégrale faute d'avoir pu la préparer sereinement depuis 2003. Mais l'enjeu du nucléaire ne doit pas être regardé avec les mêmes lunettes qu'en 2003. Aujourd'hui, il peut être un allié sérieux pour la diminution des émissions de CO2."Et d'ajouter: "Sortir, c'est très bien quand l'alternative a été préparée. (...) Pendant 5 ans au moins, on va devoir construire des turbines gaz-vapeur qui produisent plus d'émissions de CO2 que le nucléaire. Ce serait plus raisonnable de conserver un cocktail énergétique en maintenant deux centrales, le temps de travailler sur le durable sans fermer la porte aux innovations dans le nucléaire. On aurait dû conserver un cocktail énergétique dans lequel le nucléaire a une part. Une part décroissante, bien sûr." Exactement l'argument de nombreux libéraux.En matière de migration, le président du CDH adopte une attitude ouverte, mais susceptible de plaire davantage, tant au MR qu'au PS. Notamment lorsqu'il évoque l'enjeu de pénuries de main d'oeuvre. "On a une belle occasion de répondre à cet enjeu humain et économique avec la migration."Le CDH espère aussi redevenir un partenaire crédible sur le plan institutionnel. "Depuis plus d'un an, je demande qu'à l'initiative de la première force politique francophone, des réunions s'organisent, explique Maxime Prévot. Je déplore que ce ne soit toujours pas le cas. (...) Il faut une union sacrée des francophones."La consultation populaire annoncée par la Bivaldi à la fin de l'année? "En coulisse, personne n'y croit. Les visions des deux ministres qui s'en chargent (Annelies Verlinden pour le CD&V et David Clarinval pour le MR, NDLR) sont déjà très différentes. Qu'on arrête les petits jeux et qu'on mette autour de la table les présidents de partis francophones."Il reste visiblement à convaincre Paul Magnette, président du PS, qui n'est pas forcément le premier fan des humanistes. Une certitude: pour le CDH new look, 2024 sera un rendez-vous majeur pour tenter de revenir à l'avant-plan.