Tout doux, il n'est pas encore parti. D'ici l'automne prochain, Charles Michel garde le MR bien en mains. Mais dans les têtes pensantes libérales, l'actuel président est déjà ailleurs, happé par cette autre présidence du Conseil européen qu'il vient de remporter. Laissant ainsi ses ouailles dans l'expectative et l'incertitude. A l'aube d'une délicate période de flottement.
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Tout doux, il n'est pas encore parti. D'ici l'automne prochain, Charles Michel garde le MR bien en mains. Mais dans les têtes pensantes libérales, l'actuel président est déjà ailleurs, happé par cette autre présidence du Conseil européen qu'il vient de remporter. Laissant ainsi ses ouailles dans l'expectative et l'incertitude. A l'aube d'une délicate période de flottement. Bye-bye Charles Michel, qui pour prendre la relève au MR, pas vraiment au pied levé mais de manière tout de même un peu précipitée ? Le moment d'un passage de flambeau n'est pas des plus propices en pleine saison de négociations en vue de former des gouvernements, au niveau régional comme à l'étage fédéral, qui plus est pour un parti qui n'est pas sorti au mieux de sa forme des urnes le 26 mai, déjà sur la touche en Région bruxelloise et à la peine pour s'inviter dans le parcours en Région wallonne.Didier Reynders, le retour ? Peu probableMerci Charles Michel ? Son départ pourrait ouvrir au MR le champ de certains possibles. Aucun parti francophone n'a officiellement salué sa promotion à l'Europe, c'est dire l'état des relations actuelles entre les libéraux francophones et le PS et Ecolo. Le choix d'un nouveau président pourrait donc être l'occasion d'un débat serein sur le positionnement du parti, voire l'amorce d'un virage plus progressiste et fréquentable comme l'a explicitement souhaité Christine Defraigne. A moins que les rivalités internes ne ressurgissent, que les dagues ne ressortent des fourreaux entre micheliens et reyndersiens. Le risque zéro n'existe pas, il pourrait faire très mal à un parti déjà fragilisé par les négociations politiques actuelles.Des noms de présidentiables circulent évidemment : Georges-Louis Bouchez, le trépidant délégué général du MR, peut-être justement trop trépidant pour faire l'affaire. Un Willy Borsus, ministre-président wallon, ou Sophie Wilmès, ministre fédérale du Budget, fidèles de Charles Michel pour assurer la continuité quitte à verrouiller fâcheusement toute mise à plat interne. Didier Reynders, le retour à la présidence ? Peu probable, l'homme a déjà donné avec les déboires que l'on sait.Et pourquoi pas Jean-Luc Crucke ? Reyndersien assumé mais capable de rassembler, le ministre wallon de l'Energie est sensible aux questions climatiques ce qui ne serait pas du luxe pour rentrer en grâce auprès d'éventuels partenaires de gouvernement, Ecolo en tête. Un homme de tempérament, dynamique, capable de mordre pour se faire respecter, doué du sens de la formule qui sied à un président de parti. "Le MR ne viendra pas manger les os en fin de repas", a-t-il prévenu en évoquant les négociations en cours entre socialistes et écologistes à la Région wallonne. And the winner is... Le MR n'en est pas encore là, mais le propre d'une perle rare est de ne pas se trouver facilement.