L'économie belge tout entière a souffert du confinement imposé par l'épidémie de coronavirus. Elle a repris son souffle au troisième trimestre, en espérant ne pas replonger avec le rebond de ce mois d'octobre. L'immobilier est un baromètre généralement emblématique du dynamisme national. Les chiffres de la Fédération royale du notariat belge sont éloquents à cet égard.
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L'économie belge tout entière a souffert du confinement imposé par l'épidémie de coronavirus. Elle a repris son souffle au troisième trimestre, en espérant ne pas replonger avec le rebond de ce mois d'octobre. L'immobilier est un baromètre généralement emblématique du dynamisme national. Les chiffres de la Fédération royale du notariat belge sont éloquents à cet égard.Constat général: "L'activité immobilière durant le troisième trimestre 2020 a été très chargée. L'effet de rattrapage après le confinement lié au coronavirus se poursuit. Pourtant, si l'on regarde sur les 9 premiers mois de l'année, le nombre de transactions immobilières est en baisse de -3,5% en 2020 par rapport à 2019." Il faut dire que le deuxième trimestre fut celui au cours duquel le nombre de transactions a été le plus bas depuis cinq ans.Depuis le déconfinement, le secteur a toutefois connu une embellie significative: " comparé au même trimestre en 2019, l'activité au troisième trimestre a augmenté de +11,6% au niveau belge". Le mois de septembre a été le plus intense avec une augmentation de 19,9%.La crise du coronavirus et le confinement ont eu un autre effet, sur le marché de l'immobilier: une forme de désaffection des villes et un retour à la campagne, comme si le fait d'avoir été enfermé chez soi avait pousser des citadins à accélérer un autre projet de vie. "Les marchés wallon et flamand ont été très soutenus par des personnes qui acquièrent un bien pour y résider, analyse le notaire Renaud Grégoire. Après le confinement, il y a eu la volonté d'un retour à plus de ruralité. On observait dans nos études des clients qui cherchaient des biens avec jardin pour y vivre. Du côté bruxellois, on a vu une reprise moins forte. Il est important de rappeler que le marché bruxellois est celui qui avait eu l'activité la plus soutenue en début d'année. L'effet de rattrapage était donc moins important. Par ailleurs, le marché bruxellois est également davantage soutenu par des investisseurs. Ceux-ci attendent encore sans doute un peu pour faire leur retour sur le marché."L'autre tendance remarquable est une tendance à la hausse des prix. Durant les neuf premiers mois de l'année 2020, le prix moyen d'une maison en Belgique s'élevait à 274.409 euros. Il s'agit d'une augmentation de +4,7% par rapport à 2019. Si l'on tient compte de l'inflation (0,3%), cela signifie qu'une maison coûte aujourd'hui en moyenne 11.000 euros plus cher que l'an dernier. "Après le confinement, la demande a été très importante, explique Renaud Grégoire, porte-parole de notaire.be. Dans le même temps, on constate dans nos études une légère diminution du nombre de biens mis en vente sur le marché. Certaines personnes ont peut-être hésité à mettre leur bien en vente vu l'incertitude qui règne. Une forte demande et une offre en légère baisse : la pression a donc été forte sur les prix. On observe également un très grand empressement dans le chef des acquéreurs. Beaucoup de biens sont partis en un temps record."Bruxelles connait la hausse de prix la moins forte, constate le Fédération des notaires, avec une augmentation de +3,9% du prix moyen d'une maison. Le prix moyen s'y élève désormais à 497.463 euros. Pour la première fois, en Flandre, il dépasse les 300.000 euros. "Bien que le prix moyen continue d'augmenter en Wallonie, le prix moyen y reste largement inférieur comparé aux autres régions, souligne l'étude. Le prix moyen d'une maison en Wallonie est 25% inférieur au prix moyen d'une maison en Belgique. En moyenne, il faut débourser 68.000 euros de moins pour acheter une maison en Wallonie qu'en Belgique."Le besoin de verdure se confirme dans la déclinaison par province : c'est celle du Luxembourg qui connaît la plus forte hausse (+10,2% en septembre), devant le Brabant wallon.Quant au prix moyen d'un appartement, il dépasse la barre des 270.000 euros à Bruxelles. Avec un prix moyen de 189.255 euros, c'est en Wallonie que les appartements coûtent en moyenne le moins cher. C'est en Brabant wallon que les hausses sont les plus fortes.