Les Belges n'ont guère confiance en leur gouvernement. Enfin, leurs gouvernements, au pluriel, et en leurs autorités publiques au sens large. C'est ce qui ressort des dernières données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, qui réuni les pays industrialisés) pour l'année 2020. Un graphique relayé de façon très orientée par la N-VA.
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Les Belges n'ont guère confiance en leur gouvernement. Enfin, leurs gouvernements, au pluriel, et en leurs autorités publiques au sens large. C'est ce qui ressort des dernières données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, qui réuni les pays industrialisés) pour l'année 2020. Un graphique relayé de façon très orientée par la N-VA.Si l'on se réfère à ces données, les Belges sont très critiques à l'égard de leurs responsables politiques, et ce pour une année marquée par la gestion de l'épidémie de coronavirus. A peine 29,5% d'entre eux disent faire confiance en leurs autorités publiques. Seule la Pologne fait figure de plus mauvais élève de la classe avec 27,3%. En tête du hit parade, il y a la Suisse (84,6%) devant deux pays scandinaves, Norvège et Finlande, puis les Pays-Bas (78,1%). Entre la tête du classement et la Belgique, pas moins de 26 pays faisant mieux que nous!Sander Loones, le député N-VA qui relaie l'information, n'est pas n'importe qui: c'est lui qui est en charge de la stratégie menée au sein du parti pour vanter les mérites du confédéralisme. Le message à peine voilé est clair: notre pays ne fonctionne plus comme il le devrait. Un plaidoyer déguisé pour une réforme profonde de l'Etat.A priori, on serait tenté d'analyser cette donnée de deux manières. D'une part, notre pays a connu une année 2020 particulièrement difficile, avec une gestion chaotique de la pandémie et des chiffres de mortalité qui nous ont tristement placé dans la partie haute de ceux qui ont souffert de la Covid. D'autre part, les blocages politiques à répétition - avec une absence de gouvernement majoritaire, puis une Vivaldi sans les deux principaux partis flamands - reflètent un malaise structurel par rapport à une Belgique en crise permanente d'identité."C'est un tableau statique trompeur, analyse toutefois Pascal Delwit, politologue à l'ULB. La confiance en Belgique, c'est un yoyo. Et dans la période contemporaine, la chute brusque intervient en 2019 en raison, peut-on penser, de la crise générée par la N-VA et de la longue formation du gouvernement."Fin 2018, la N-VA avait quitté le gouvernement Michel après une crise au sujet de la signature du Pacte mondial sur la migration des Nations unies. Le gouvernemement Michel, puis Wilmès, avait continué avec un soutien minoritaire au parlement jusqu'aux élections de mai 2019. La situation complexe à la sortie des urnes a prolongé le blocage jusqu'à ce que l'électrochoc provoqué par la crise sanitaire ne force une sortie de crise à l'automne 2020.Le graphique en "yoyo" posté par Pascal Delwit illustre toutefois que la confiance des Belges en leurs autorités publiques ne dépasse pratiquement jamais les 50%: elle n'a dépassé ce seul qu'à deux reprises depuis 2006. "41,5% sur les dix dernières années, résume le politologue. Maximum: 55,4% en 2013; minimum: 28,9% en 2011 (ce qui laisse là aussi supposer l'impact de la longue formation du gouvernement)."Au-delà du message de la N-VA, impliquée elle aussi dans cette défiance collective, ces chiffres témoignent malgré tout d'un vrai problème démocratique dans ce pays.