Que sera le monde de l'après-crise du coronavirus? Laurent de Briey, coordinateur de la réflexion "Il fera beau demain" visant à transformer en profondeur le CDH en un mouvement politique participatif, pense qu'il faut y songer dès à présent. "L'urgence est de panser les plaies, que celles-ci soient médicales, sociales ou économiques, reconnait-il. Dans ce contexte, penser pouvait dans un premier temps sembler vain. Indécent presque. Est-il besoin de rajouter du bruit aux cris et aux pleurs? Pourtant, tout nous porte à croire que la période actuelle va encore durer de longues semaines. Se contenter d'attendre n'a pas beaucoup de sens. Il faut se réinventer un nouveau quotidien et mettre à profit cette longue parenthèse." En espérant, comme beaucoup l'expriment, que ce "ne soit pas un simple retour au jour d'avant".

"Clairement, il y a une part d'opportunisme, analyse Laurent de Briey, par ailleurs professeur de philosophie politique à l'UNamur. Chacun voit dans la crise la 'preuve' qu'il avait raison. Pour l'un, la mondialisation est responsable des crises systémiques. Pour d'autres, l'austérité néolibérale a mis à mal nos services de santé et notre sécurité sociale. Pour d'autres encore, notre mode d'alimentation et l'élevage intensif sont à la source de la pandémie. Mais face à eux, ils sont certainement nombreux à estimer qu'un virus n'est qu'un virus et à aspirer à retrouver au plus vite leur mode de vie, voire à en profiter d'autant plus de tout ce dont ils auront été privés."

Alors? "Personnellement, je ne crois pas que cette crise prouve quoi que ce soit. Oui, elle est révélatrice de nos forces et de nos faiblesses, de nos failles et de nos ambiguïtés, de notre courage et de notre résilience aussi, mais elle est davantage une question qu'une démonstration. Elle n'a pas de sens en elle-même, c'est à nous de lui en donner un. C'est à nous d'inventer la vie d'après. Et c'est un choix à la fois individuel et collectif. "

Transformer le confinement en opportunité

Tôt ou tard, les débats idéologiques reprendront, vivement. "Cette division est le meilleur atout du statu quo, insiste-t-il. Un statu quo qui n'en sera pas vraiment un, puisque nos sociétés en ressortiront affaiblies. Ne pas transformer ce 'grand confinement' en opportunité, ne pas s'en saisir pour se donner un nouvel avenir, ce serait revivre quelque chose que l'on a déjà vécu, mais en moins bien. Les conséquences de la crise économique renforceront les inégalités. Les conditions fort différentes dans lesquelles les uns et les autres auront vécu le confinement attiseront les tensions sociales. La fragilité de notre bien-être renforcera le repli sur soi et la fermeture des frontières. Comme en 2008, l'urgence climatique passera au second plan. Avant de se rappeler brutalement à notre souvenir tôt ou tard."

Il est temps d'être créatif et d'oser sortir des sentiers battus et rebattus. "C'est d'imagination justement dont nous avons besoin aujourd'hui si nous voulons réinventer l'avenir, insiste-t-il. Ce qui était impensable hier le devient aujourd'hui. Les contraintes institutionnelles et budgétaires les plus rigides volent en éclat. Ce grand confinement peut être un tournant et non une simple parenthèse. A condition de parvenir à rassembler. Si chacun s'accroche à la défense de sa société idéale, rien ne changera. Si chacun se choisit ses adversaires, rien ne changera. Si chacun défend sa parcelle de pouvoir, rien ne changera. Plutôt que d'opposer les riches et les pauvres, les capitalistes et les écolos, les partisans du marché et les défenseurs de la sécurité sociale, cherchons à identifier les leviers disponibles et les moyens d'action possibles."

Des débats en ligne

Voilà pourquoi le mouvement positif Il fera beau demain organisera toutes les semaines un débat en ligne (Débat & vous) sur le "jour d'après". Des experts seront invités à présenter leur vision de la société post-coronavirus. Le premier échange a lieu ce mercredi 1er aril à 17h sur Facebook. Thème: l'économie. Autour de la table: Marie-Hélène Ska (Secrétaire générale de la CSC), Bruno Colmant (CEO de Degroof Petercam), Fabienne Bister (Consultante en gestion de PME et ex-CEO Moutarderie Bister) et Arnaud Zacharie (Secrétaire général du CNCD).

Ce premier débat confiné est retransmis sur https://www.facebook.com/IlferabeaudemainMouvementpositif/

Que sera le monde de l'après-crise du coronavirus? Laurent de Briey, coordinateur de la réflexion "Il fera beau demain" visant à transformer en profondeur le CDH en un mouvement politique participatif, pense qu'il faut y songer dès à présent. "L'urgence est de panser les plaies, que celles-ci soient médicales, sociales ou économiques, reconnait-il. Dans ce contexte, penser pouvait dans un premier temps sembler vain. Indécent presque. Est-il besoin de rajouter du bruit aux cris et aux pleurs? Pourtant, tout nous porte à croire que la période actuelle va encore durer de longues semaines. Se contenter d'attendre n'a pas beaucoup de sens. Il faut se réinventer un nouveau quotidien et mettre à profit cette longue parenthèse." En espérant, comme beaucoup l'expriment, que ce "ne soit pas un simple retour au jour d'avant"."Clairement, il y a une part d'opportunisme, analyse Laurent de Briey, par ailleurs professeur de philosophie politique à l'UNamur. Chacun voit dans la crise la 'preuve' qu'il avait raison. Pour l'un, la mondialisation est responsable des crises systémiques. Pour d'autres, l'austérité néolibérale a mis à mal nos services de santé et notre sécurité sociale. Pour d'autres encore, notre mode d'alimentation et l'élevage intensif sont à la source de la pandémie. Mais face à eux, ils sont certainement nombreux à estimer qu'un virus n'est qu'un virus et à aspirer à retrouver au plus vite leur mode de vie, voire à en profiter d'autant plus de tout ce dont ils auront été privés."Alors? "Personnellement, je ne crois pas que cette crise prouve quoi que ce soit. Oui, elle est révélatrice de nos forces et de nos faiblesses, de nos failles et de nos ambiguïtés, de notre courage et de notre résilience aussi, mais elle est davantage une question qu'une démonstration. Elle n'a pas de sens en elle-même, c'est à nous de lui en donner un. C'est à nous d'inventer la vie d'après. Et c'est un choix à la fois individuel et collectif. "Tôt ou tard, les débats idéologiques reprendront, vivement. "Cette division est le meilleur atout du statu quo, insiste-t-il. Un statu quo qui n'en sera pas vraiment un, puisque nos sociétés en ressortiront affaiblies. Ne pas transformer ce 'grand confinement' en opportunité, ne pas s'en saisir pour se donner un nouvel avenir, ce serait revivre quelque chose que l'on a déjà vécu, mais en moins bien. Les conséquences de la crise économique renforceront les inégalités. Les conditions fort différentes dans lesquelles les uns et les autres auront vécu le confinement attiseront les tensions sociales. La fragilité de notre bien-être renforcera le repli sur soi et la fermeture des frontières. Comme en 2008, l'urgence climatique passera au second plan. Avant de se rappeler brutalement à notre souvenir tôt ou tard."Il est temps d'être créatif et d'oser sortir des sentiers battus et rebattus. "C'est d'imagination justement dont nous avons besoin aujourd'hui si nous voulons réinventer l'avenir, insiste-t-il. Ce qui était impensable hier le devient aujourd'hui. Les contraintes institutionnelles et budgétaires les plus rigides volent en éclat. Ce grand confinement peut être un tournant et non une simple parenthèse. A condition de parvenir à rassembler. Si chacun s'accroche à la défense de sa société idéale, rien ne changera. Si chacun se choisit ses adversaires, rien ne changera. Si chacun défend sa parcelle de pouvoir, rien ne changera. Plutôt que d'opposer les riches et les pauvres, les capitalistes et les écolos, les partisans du marché et les défenseurs de la sécurité sociale, cherchons à identifier les leviers disponibles et les moyens d'action possibles."Voilà pourquoi le mouvement positif Il fera beau demain organisera toutes les semaines un débat en ligne (Débat & vous) sur le "jour d'après". Des experts seront invités à présenter leur vision de la société post-coronavirus. Le premier échange a lieu ce mercredi 1er aril à 17h sur Facebook. Thème: l'économie. Autour de la table: Marie-Hélène Ska (Secrétaire générale de la CSC), Bruno Colmant (CEO de Degroof Petercam), Fabienne Bister (Consultante en gestion de PME et ex-CEO Moutarderie Bister) et Arnaud Zacharie (Secrétaire général du CNCD).Ce premier débat confiné est retransmis sur https://www.facebook.com/IlferabeaudemainMouvementpositif/