Après la démission du gouvernement Michel, le palais a trois options : garder cette démission à l'étude, la refuser ou l'accepter. Le point.
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Après la démission du gouvernement Michel, le palais a trois options : garder cette démission à l'étude, la refuser ou l'accepter. Le point. Pour le politologue Carl Devos de l'Université de Gand, on penche plutôt vers la dernière option. "Il me semble très improbable que le roi refuse cette démission. Je considère également qu'il est peu probable que la décision reste longtemps en suspens, puisque le Premier ministre Michel s'est retrouvé dans une impasse ces derniers jours", explique-t-il à Knack.A 19h30, à la reprise de la séance plénière de la Chambre, les socialistes, rejoints par les écologistes, s'apprêtaient à déposer une motion de méfiance qui laissait au gouvernement 48 heures pour préciser ses intentions. Ils n'en ont pas eu le temps. M. Michel a demandé à prendre la parole et a annoncé qu'il se rendait de ce pas chez le roi pour présenter sa démission. Un cas qui ne s'était plus présenté depuis 40 ans et la démission de Leo Tindemans après le Pacte d'Egmont.Après avoir reçu le Premier ministre Charles Michel venu lui présenter la démission du gouvernement au Château de Laeken, le roi tient depuis sa décision en suspens. Le roi consultera mercredi les présidents de parti. Il tâchera en principe d'éclaircir la situation politique d'ici jeudi, quand aura lieu une nouvelle séance plénière de la Chambre. Une question doit en effet être résolue: des élections fédérales anticipées seront-elles convoquées ou le gouvernement se maintiendra-t-il, en principe sous la forme des affaires courantes moyennant des initiatives parlementaires, d'ici le 26 mai, date prévue des élections fédérales, régionales et européennes? L'organisation d'élections anticipées paraît cependant peu probable. La majorité des partis politiques se montrent jusqu'à présent très frileux, à l'exception notable de la N-VA qui dit ne pas les craindre. Sont-elles pour autant exclues? Tout le monde est désormais passé en "mode électoral", confiait-on mardi soir dans un cabinet ministériel.Devos : "Je pense qu'il y a de très bonnes chances que le roi finisse par accepter la démission et que le gouvernement démissionnaire se lance dans les affaires courantes, et je soupçonne qu'il le restera jusqu'au 26 mai"."Le gouvernement peut également prendre l'initiative de dissoudre le Parlement. Si le Parlement donne son accord, des élections anticipées auront lieu. Celles-ci doivent avoir lieu dans un délai de 40 jours. C'est un scénario dont personne ne veut, sauf peut-être la N-VA', dit Devos. Ces élections auraient alors lieu au début du mois de février, et il est de toute façon probable qu'aucun nouveau gouvernement n'en ressortira avant le 26 mai. Mais c'est peu probable, car Michel a plaidé encore hier à la Chambre contre les élections anticipées. Il tiendra des consultations au cours des prochains jours et poursuivra son gouvernement en affaires courantes, je suppose."Rappelons qu'en affaires courantes, le gouvernement peut encore prendre des décisions, sous réserve de l'approbation d'une majorité au Parlement.Lire aussi: "Quels sont les pouvoirs d'un gouvernement en affaires courantes?"Le Premier ministre avait annoncé hier qu'il présenterait un budget avec des douzièmes provisoire. Si la Chambre l'approuve, le gouvernement peut encore dépenser et percevoir des impôts. Le budget mensuel ne peut dépasser un douzième du budget de l'année précédente.Pour le président John Crombez de SP.A, qui a aidé à déposer la motion de censure, les chances de tenir des élections anticipées ont effectivement diminué. "Le plus important, c'est qu'il n'y a pas eu de vote de confiance ou de méfiance", a-t-il dit à la VRT. Un avis partagé par Ecolo et le PS qui, de leur côté, ne veulent pas non plus d'élections anticipées. Le Parlement doit continuer à travailler jusqu'aux élections fédérales du mois de mai malgré la démission du Premier ministre Charles Michel, a déclaré mercredi le co-président d'Ecolo Jean-Marc Nollet sur Bel RTL. Il est possible de répondre aux préoccupations des citoyens sans passer par des élections anticipées, a-t-il souligné. Laurette Onkelinx a également partagé la volonté du PS d'attendre le scrutin programmé en mai.Selon M. Nollet, la meilleure option est désormais de laisser le Parlement travailler pour avancer sur les questions sociales et environnementales. Le gouvernement fédéral était "de fait" en affaires courantes depuis trois semaines, a-t-il expliqué. "En commission, le Parlement a adopté une résolution qui engage la Belgique dans une vision ambitieuse en matière climatique. C'est la preuve qu'en affaires courantes et sans gouvernement, on peut avancer s'il y a une bonne volonté." Au micro de La Première, le chef de groupe Ecolo Georges Gilkinet a confirmé que convoquer deux fois les électeurs en quelques mois n'a "aucun sens". Les Verts n'apporteront pas leur voix à une dissolution de la Chambre, a-t-il souligné. Sur Bel RTL, la députée fédérale socialiste Laurette Onkelinx a également rejeté le scénario des élections anticipées. "Mais pendant cette période d'affaires courantes, on peut véritablement prendre des décisions stratégiques, par exemple la baisse du prix de l'électricité." Le choix des décisions importantes passe du gouvernement au Parlement, a-t-elle résumé. Le chef de groupe PS Ahmed Laaouej a lui expliqué sur La Première que la motion de méfiance déposée mardi soir devait rappeler "qu'on ne gouverne pas avec de la confusion". D'après lui, le Premier ministre "cherchait à se jouer" du Parlement en prétendant consulter alors qu'il négociait toujours avec la N-VA. "Charles Michel n'était pas à la hauteur des enjeux et des urgences sociales", a-t-il souligné. Mardi soir, DéFi avait déjà partagé sa préférence pour un gouvernement en affaires courantes jusqu'en mai.